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elle s'y plaça, ayant à sa droite et à sa gauche les princes du sang, devant elle une grande table jaune, au bas de l'estrade les principaux ministres chinois, et autour de
la salle sa garde noble.
Tseng-kouo-fatt.
S. E. l'ambassadeur japonais entra le premier, et son audience spéciale dura cinq minutes à peine, le temps de remettre ses lettres de créance ; puis les ministres européens s'avancèrent en faisant trois grands saluts comme il avait été convenu.
M. Vlangaly, doyen du corps diplomatique, lut d'abord eu français une adresse commune à l'empereur, adresse que l'interprète traduisit de suite en chinois ; alors le prince Koung, ~/~~ montant les gradins du trône, se mit à genoux et en fit une traduction tartare à l'empereur, puis chacun remit ses lettres dans leur sachet ou enveloppe de velours brodé d'or.
L'empereur, toujours par l'entremise du prince Koung, dit alors « qu'il recevait avec plaisir ces lettres de créance ; qu'il espérait que la paix entre la Chine et les différents royaumes d'Europe ne serait pas troublée ; qu'il priait les ministres de présenter ses remerciements à leurs souverains ou présidents. » Tout fut terminé en un quart d'heure environ, puis chacun se retira après les trois saluts fixés dans le cérémonial.
Une audience spéciale était bien due au réprésentant de la France : Tch'oung-heou avait présenté, il est vrai, au Président de la République les excuses du gouvernement chinois ; mais, dans un moment si pénible, que la France occupée à panser ses
blessures, ne pouvait songer à exiger davantage. A l'occasion de cette première et solennelle audience. M. de Geoffroy lut à l'empereur une adresse sur les tristes événements de Tien-tsin pour bien faire comprendre à la Chine que le Pays qu'il représentait n'avait rien oublié.
Les audiences générales et particulières étaient donc accordées ; les ministres furent encore reçus dans la suite au Tse-kouang-ko, et même dans un autre local, mais l'entrée du palais resta interdite. 11 fallut attendre plus de dix ans, profiter de circonstances exceptionnelles, et montrer une énergie peu commune pour obtenir enfin l'accès du vrai palais impérial.
Propasser Ûavidi&nus (voir p. 280).
Pl. x\
LES CONCESSIONS EUROPEENNES A T1EN-TSIN | p. 3c
I M P . DES LAZA PISTES
L'ÉGLISE SAINT-LOUIS A TIEN-TSIN, iS;i (p. 29G ).
I. L'empereur kouang-su. les filles de la charité, église saint-joseph ( toung-
t'aNG ). MORT DE MGR DELAPLACE. CONGRÉGATION DE SAINT-JOSEPH. TRAPPISTES. — II. GUERRE DU TONKIN. MGR TAGLIABUE. LE TRANSFERT DU PÉ-t'aNG. CONVENTION. DÉCRET IMPÉRIAL. INAUGURATION.
D fut l'émoi à la mort de T'oimg-tche qui ne laissait pas d'héritier direct. La compétition des princes permit à l'impératrice-mère de choisir elle-même le nouveau souverain ; son choix se porta sur l'enfant de sa sœur qui avait épousé le 7e prince, frère cadet du prince Koinig. On accepta le nouvel empereur, et la régence fut établie jusqu'à sa majorité.
Dans les années qui suivirent, les établissements religieux furent reconstruits et augmentés dans de grandes proportions. Les sœurs de Charité ramenées à Tien-tsin, ouvrirent un grand hôpital pour les Européens et les Chinois. Cet hôpital a déjà rendu d'immenses services, car le port de Tien-tsin est très fréquenté, et jusque-là officiers ou matelots n'avaient eu personne pour les soigner. Une chapelle fort grande fut construite pour cet hôpital ; elle a ioo pieds de long et une façade élégante. Chaque année le dispensaire seul fait plus de 3o.ooo pansements et reçoit plusieurs centaines de malades. A Péking également, un hôpital du même genre fut ouvert, ainsi qu'un
PKKING.
troisième dispensaire chez les sœurs, près du Pë-t'ang.
Bon an mal an, il passe par les mains des sœurs de Charité, plus de 100.000 maladesoublessés. Les orphelinats se multiplièrent aussi, et les enfants assistés, nourris, logés dans ces divers établissements dépassent le nombre de 2.000 !
Quant aux écoles gratuites fondées par la mission, plus de 7000 enfants les fréquentent, païens et chrétiens y sont reçus indistinctement.
Une église manquait encore dans la ville de Péking, et dès son arrivée, Mgr Delaplace n'eut rien tant à cœur que de la construire. Au Toung-t'ang, ancienne église Saint- Joseph, le terrain
L'impératrice-mère fSi-faè-heou). ^^ Seul avait été rendu,
terrain bien situé du reste, près de la porte Toung-hoa-men, sur une grande rue. Il fallait que cette église fut assez vaste pour contenir les 2.000 chrétiens qui tous les
DYN. DES Ts'lNG. LA RÉGENCE ( I 87 5 ). LE TOLNG-TANG.
dimanches et fêtes fréquentent assidûment la paroisse. Faute des fonds nécessaires, les travaux n'avancèrent que lentement; commencée en 1880, elle ne fut terminée qu'en 1884. Cette église mesure 70 mètres de long sur 20 mètres de large et autant de hauteur sous voûte. Seize colonnes d'ordre ionique fleuri supportent les poutres de la charpente ; les chapiteaux sont en vieil or. Ces colonnes n'ont pas moins de 5o centimètres de diamètre, sur une hauteur de 17 mètres; elles sont en pin rouge de l'Amour. La voûte est cintrée et divisée en caissons ornementés. Le maître-autel tout en marbre de Naples, est décoré de colonnettes et de divers motifs en émail cloisonné, dus à la générosité de M. de Sémallé, Chargé d'affaires de France. La façade rappelle de loin l'église de la « Trinité » à Paris, mais elle a trois coupoles, dont la plus élevée mesure 3o mètres. Les cintres, la rosace et les frises sont en marbre, ainsi que les chapiteaux des pilastres ioniques qui la décorent. Toute l'église est bâtie en briques impériales de 25 kilos chacune. Une cour ne mesurant pas moins de 35 mètres de côté, précède le monument, et une grande porte donne accès sur la grand'rue.
Mgr Delaplace eut la consolation de bénir solennellement cette église; quelques jours après, cet évêque tomba malade et ne se releva plus; le 24 mai 1884, il mourut au Pé-t'ang entouré de ses confrères. Mgr Delaplace n'était pas un homme ordinaire ; né à Auxerre (Yonne) le 21 janvier 1820, il avait été sacré évèque en i852. Pendant les 38 années qu'il passa en Chine, il se fit remarquer par de précieuses qualités d'administration, et rendit bien des services non seulement aux Missions et aux Européens, mais encore aux Chinois. Attaché comme aumônier au corps francochinois formé dans le sud contre les rebelles, il obtint pour ce fait plusieurs récompenses du gouvernement ; entre autres, deux décorations, l'une d'argent l'autre d'or, en forme de gourdes et ornées de dragons avec caractères chinois. Un jour au Tsoungli yamen, un mandarin demandait à Mgr Delaplace ce que c'était ? Le prince Koung irrité lui dit : « Vous devriez savoir que l'évêque a été récompensé pour ses mérites et qu'il est mandarin de l'empire. » Les funérailles de Mgr Delaplace furent magnifiques ; tous les ministres des puissances étrangères y assistèrent. Sa tombe est au cimetière français.
Durant son administration, deux œuvres nouvelles prirent naissance dans le
Maître-autel de l'église Saint-Josebh.
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ludovigu: Gabriel delaplage
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