LABORES PIE DEGESSIT DIE XXIV MAII
AN. MDCCCLXHIV.
GRANDE ÉGLISE ST-JOSEPH A PEKING (toung T'ANG)
DYN. DES Ts'lNG. LES TRAPPISTES. GUERRE DU TONKIN (l 885). 3O)
Porte du monastère des Trappistes.
des Lamas et des Bonzes. »
Ces religieux travaillent ; on les voit partir la pioche sur l'épaule, leur abbé en tête, pour les champs et la montagne : ils ont exécuté déjà des travaux considérables, détourné un torrent, tracé des routes et construit un vaste monastère entouré de murs. Une fois seulement, des rumeurs se répandirent contre eux ; elles avaient pour cause quelques coups de mine qu'ils avaient dû faire éclater ; le mandarin de Suen-hoa-fou se rendit sur les lieux, examina tout par luimême. Il fut reçu avec affabilité, mangea et coucha chez les religieux; depuis ce temps, jamais le moindre trouble n'a interrompu la paix de ce monastère.
PEU après la mort de Mgr Delaplace, la guerre de l'Annam éclata. Les droits de protectorat sur l'Annam et le Tonkin ne pouvaient être contestés à la France, mais la Chine voyait avec peine un voisin européen venir s'implanter au sud de son empire, quand un autre voisin, le Russe, touchait déjà au nord ses frontières. Après bien des pourparlers qui n'aboutirent pas, on dut recourir à la force, et la Légation de Péking fut abandonnée ; le pavillon amené, l'écusson enlevé, les diplomates prirent le chemin du sud.
Peu de jours après, les nouvelles de Fou-tcheon arrivèrent ; en quelques minutes, l'amiral Courbet avait anéanti la flotte chinoise. Péking eut peur ! Dans une seule journée, plusieurs télégrammes et courriers venus des bords de la mer depuis Takou jusqu'à Chang-haè-kouan, répétaient : « l'amiral Courbet arrive ! » La panique dura peu, et la flotte française ne remontant pas au nord, on reprit courage. En effet, la Chine est grande, et les coups portés dans le sud ne font pas beaucoup d'impression sur la cour que le voisinage seul du danger est capable d'émouvoir. L'empereur ne regarda point la guerre comme sérieuse, et Péking fut plus tranquille que jamais. Le 7e prince, père de l'empereur, qui prêtait son concours à l'impératrice-mère dans la régence, avait, au début des hostilités, lancé un décret portant que « les mission-
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PKKING.
naires ne s'occupant pas de politique, il fallait les laisser en paix, ainsi que leurs chrétiens. » La nouvelle du prétendu désastre des Français à Langson arriva; les Chinois voulurent faire accroire qu'ils étaient vainqueurs, mais personne, pas même eux, ne se fit illusion.
Enfin, le traité fut signé à Tien-tsin le 9 juin i885, par S. E. M. Patenôtre. La France gardait le Tonkin
Èataille navale.
Ù après un dessin chinois.
et s'établissait aux confins du Vun-nan. Ce qui peina le plus la Chine, ce fut le bris du sceau impérial donné au roi d'Annam par l'empereur, et la prohibition faite aux Annamites d'aller chercher le calendrier à Péking; c'est-à-dire, la suzeraineté nominale de la Chine perdue pour jamais.
En i885, Mgr Delaplace eut pour successeur MgrTagliabue qui travaillait en Chine depuis 33 ans. Il continua avec zèle les œuvres commencées. Vers cette époque, la fameuse question des tours de l'église du Pé-t'ang se présenta de nouveau, cette fois considérablement grossie ; en voici la cause : L'empereur allait atteindre sa majorité, se marier et prendre en mains les rênes de l'Etat. L'impératrice-mère, la célèbre Sit'aè-heou devait alors, selon la coutume, sortir du palais et céder la place à la nouvelle impératrice. Les princes et les hauts mandarins étaient fort embarrassés ; on ne pouvait éloigner une impératrice de cette valeur, qui était certainement appelée à rendre encore d'immenses services. Après bien des pourparlers, l'impératrice-mère, comprenant la situation mieux que personne, déclara qu'elle sortirait du palais pour se loger au Xan-haé qui y est attenant. Les trois lacs, le pont et le Tse-kouang-ko, passeraient à son usage personnel ; de plus, le Pé-t'ang devait être réuni aux jardins impériaux. On enclorait en outre dans les murs de l'enceinte réservée, toutes les maisons avoisinant le Pé-t'ang, et où logeaient plus de 2.000 familles chinoises. C'était un ultimatum, il fallut en passer par là, sous peine de voir les plus graves difficultés