DU LÉAO-TOUNG. III. SOULÈVEMENT ET INCENDIES AU SSE-TCHOUAN . AFFAIRES
RELIGIEUSES. M. GÉRARD, MINISTRE DE FRANCE. LE VICE-ROI LI-HOUNG-TCHANG PART POUR LEUROPE.
ÉLÉ, plein d'ardeur et de vie, Mgr Tagliabue semblait devoir gouverner pendant de longues années encore l'Église de Péking, et cependant il ne survécut que peu de temps aux événements que nous venons de raconter. Il mourut entouré de son clergé, dans le nouveau Pé-t'ang, le i3 mars 1890, à 1 heure et demie du matin. Mgr Tagliabue était né à Coincy (Aisne) en 1822. Il partit pour la Chine en i853, et travailla tout d'abord dans la mission de Mongolie. Lorsque les Lazaristes cédèrent cette mission à la Congrégation belge, qui devait si dignement les remplacer, Mgr Tagliabue fut nommé coadjuteur du Kiang-si, puis vicaire apostolique du Tche-ly sud-ouest, et enfin transféré à Péking en 1884. Il semble que la Providence l'eût préparé pour cette grande et difficile affaire du Pé-t'ang; son intelligence, sa prudence consommée, comme aussi l'abnégation qui le caractérisait, conduisirent à bonne fin
toute la négociation. — Le décret impérial l'éleva au rang de mandarin supérieur avec bouton rouge, honneur qui n'avait jamais été accordé à aucun missionnaire depuis les premiers empereurs de la dynastie.
« La cérémonie de ses funérailles se fit le i5 mars, au milieu d'une très grande affluence de peuple; tout se passa dans l'ordre le plus partait , le vice-roi gouverneur de
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la police a notre disposition ; le ministre de France et les ministres étrangers y assistèrent en grand uniforme, et le gouvernement chinois y envoya deux représentants. Mgr Tagliabue qui, de son vivant, détestait l'éclat, fut après sa mort exalté et comblé d'honneurs. »
Quelque temps après, les troubles et les massacres de Mongolie vinrent attrister, effrayer même la ville de Péking. Des fanatiques, connus sous le nom de Tsaè-li-ti I rationalistes), faisant partie d'une secte impie opposée au christianisme, se livrèrent à des actes abominables dans la Mongolie orientale. Ils avaient écrit sur leur drapeau : T'i-t'ien-sîng-tao ; Nous marchons sur l'ordre du cikl. Plusieurs villages chrétiens furent pillés et brûlés, leurs habitants massacrés, un prêtre chinois, M. Lin, tué avec
Le prince Pouo-ouang, assesseur au trône