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LES EUNUQUES. SÉPULTURE IMPÉRIALE

Le choix des huit chevaux de l'empereur en Mongolie.

sont énormes ; mais que dire lorsqu'il se rend aux tombeaux de ses ancêtres ! la dépense alors devient fabuleuse. Comme les routes dites impériales n'existent pour ainsi dire plus, on en trace une en ligne droite à travers champs ; une indemnité est donnée aux propriétaires, mais avant d'arriver entre leurs mains elle est tellement égrenée qu'elle devient presque impalpable. Rien n'est omis pour augmenter la dépense ; jadis à tel endroit se trouvait un ruisseau, depuis des années il est comblé, mais le cortège doit passer sur un pont ; on creuse donc un fossé, on abat les arbres d'alentour, le pont est fait, la règle observée ; ainsi de tout le reste.

Les sépultures impériales se trouvent l'une à l'est, l'autre à l'ouest, à trois journées de Péking ; les montagnes qui les avoisinent renferment de beaux matériaux, mais dans la crainte de dépenses moindres, les marbres de l'est ne s'emploient qu'à la sépulture de l'ouest, et vice versa. Un missionnaire se rendant un jour dans une chrétienté, rencontra un cortège de plus de trois cents hommes occupés à transporter un bloc de marbre d'environ quatre mètres de long sur quatre-vingts centimètres en carré ; soixantequinze mulets y étaient attelés, et quinze autres portaient les cordes seules ; on s'embourbait, on s'ensablait, peu importe; le petit mandarin chargé de l'affaire faisait dresser sa tente, buvait son thé, fumait sa pipe, laissant ses gens se débrouiller. Huit à dix jours après, revenant par le même chemin, le missionnaire revit ce bloc de marbre qu'on avait réussi à faire avancer d'environ huit cents mètres ! L'empereur qui paie si cher, est cependant de droit le maître absolu de tout ce qui existe dans son empire ; on peut même dire qu'il est le seul propriétaire, car tous les biens territoriaux sont censés lui appartenir ; il a droit de vie et de mort sur tous ses sujets ; quant à sa personne elle est tellement sacrée que, si par impossible un attentat était commis contre l'empereur, la loi veut que la famille du coupable soit éteinte ; son grand-père,

son père, ses fils, ses petits-fils avec leurs femmes et leurs enfants jusqu'au dernierné, tout doit être massacré.

A la mort de l'empereur, tout l'empire doit porter le deuil et ne point se raser la tête pendant cent jours ; cette règle est sévère, et lorsque T'oimg-tche mourut, les ennemis du vice-roi Li-hoimg-tchang lui firent donner un blâme pour l'avoir, disaientils, négligée. Aussi quelques jours après, le vice-roi ayant rencontré un pauvre homme rasé de frais, lui fit sans plus de façons trancher la tête !

Quant à la succession au trône, elle ne revient pas de

Toung-ling ( Sépulture impériale des Ts'ing ). droit 3U fils aîné;

l'empereur a dû désigner, de son vivant, celui qui le remplacera. Ces successions n'ont pas toujours lieu sans réclamations et sans murmures, mais le respect de l'autorité est tellement ancré dans l'esprit du peuple et des mandarins, qu'on accepte toujours sans révolution les faits accomplis.

PÉKING renferme les six grands ministères desquels dépendent tous les fonctionnaires de l'empire. L'empereur Young-lo, la 18e année de son règne, construisit de vastes bâtiments pour chacun de ces tribunaux supérieurs. Ils ont tous la même organisation, c'est-à-dire : deux présidents appelés Chang-chou, l'un chinois, l'autre tartare ; quatre vice-présidents, deux chinois et deux tartares, que l'on distingue par vice-présidents de droite ( Yeou-che-lang ), et vice-présidents de gauche ( Tsono-chelaiig). Quant aux mandarins subalternes, ils sont très nombreux et chacun a sa fonction spéciale.

1° LI-POU, ministère de l'intérieur. — Ce tribunal est situé dans la rue Hou-pou-

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