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LES VOLEURS

ES RUES. — Les dépenses pour l'entretien des places et des voies publiques sont, paraît-il, très considérables, mais on ne s'en aperçoit guère. En hiver, les rues sont couvertes d'un pied de poussière que le vent soulève par tourbillons ; en été, les flaques d'eau, la boue, les cloaques à découvert, rendent toute sortie pénible. Jadis, il existait des égouts passables ; aujourd'hui ils sont à jour, plus élevés souvent que la voie, et jamais on n'a pensé à les réparer. Comme chacun jette tous les matins les détritus de son ménage sur la chaussée, avec le temps elle devient plus élevée que le pas des portes ; aussi, n'estil pas rare de voir plusieurs pieds d'eau dans les boutiques. Les rues sont fort larges dans la ville tartare ; les boutiquiers, revendeurs, marchands d'habits et autres obtiennent, en payant la police, Lanterne des rues. de s'installer sous des tentes à droite et à gauche ;

peu à peu ces tentes se changent en maisonnettes, et la rue en est presque obstruée. Lorsque l'empereur doit passer, tout est emporté, déblayé, nivelé, sauf à reparaître quelques jours après. Au milieu de ces rues se promènent des chiens errants, des porcs, des poules, des pigeons, des corbeaux, même des milans noirs d'une audace étonnante, qui arrachent parfois la viande sur l'étal des bouchers ou dans les mains des acheteurs. Ces milans, ces chiens, ces corbeaux sont les vrais agents voyers de Péking ; ils emportent tout, quand ils ne sont pas prévenus par des industriels peu dégoûtés, qui leur font concurrence ; rien d'écœurant comme de voir des misérables sans vêtements, disputer aux chiens un os ou un lambeau de viande avariée. Souvent ils profitent de leur voracité pour jeter un nœud coulant au cou de ces malheureuses bêtes, puis se sauvent en les traînant jusqu'à ce qu'elles soient étranglées. Ces voleurs de chiens vendent à bon prix la chair de leurs victimes.

Les voitures stationnent un peu partout et paient un centime comme droit de station-

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Voleurs par escalade.

nement. On les prend à la journée, à la demi-journée ou à la course ; le prix se débat longtemps et se fixe ordinairement entre 2 fr. 5oc et 5 francs par jour, selon la propreté variable du véhicule. De temps en temps on rencontre dans les rues deux individus qui se maudissent, se prennent par la tresse et se préparent au combat, mais des médiateurs ne tardent pas à séparer les combattants, il est rare que la police ait à s'en mêler. — Les rues de Péking pourraient être belles, et sont dans un état déplorable à cause de l'incurie des agents et du gaspillage des fonds publics ; elles sont en revanche assez sûres, même la nuit, quoique les voleurs ne manquent pas. Lorsqu'ils veulent faire un beau coup, ils s'entendent d'avance avec quelques veilleurs, pour ne pas être dérangés ; ils percent ordinairement le mur des boutiques et emportent tout, puis partagent honnêtement ! Une bande attaqua, il y a quelque temps, un mont-de-piété en dehors de la porte Ts'ien-men ; c'était vers minuit, on croyait tout le monde plongé

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