LES POMPIERS. LES BANQUES
Pompiers et leurs pompes.
dans le sommeil, mais les gens du mont-de-piété veillaient ; lorsque le trou fut pratiqué dans la muraille, un jeune voleur y passa les pieds en avant, comme c'est la coutume, et fut tout étonné de se trouver arrêté ; de l'intérieur on lui avait écarté les deux jambes, il ne pouvait plus sortir. Ses compagnons vociférèrent de terribles menaces, sans faire céder les gens du mont-de-piété ; alors, de crainte d'être trahis par leur complice, ils lui coupèrent la tète et l'emportèrent. Le lendemain, le directeur accusé d'avoir tué un homme, fut incarcéré, frappé, et l'établissement complètement ruiné. Les maisons de Péking étant en bois et en papier, les incendies y sont fréquents ; on se demande même comment ils n'y sont pas journaliers. Pour les combattre, chaque poste de police a une pompe rudimentaire qui, quand elle marche, peut lancer l'eau à 1 5 ou 20 mètres. L'éveil étant donné, les agents de police et veilleurs qui font l'office de pompiers, partent sans se presser ; on prend l'eau où l'on peut, et on commence à éteindre le feu ; on tâche surtout de protéger les boutiques voisines, après s'être entendu avec les marchands sur le prix à solder. S'ils refusent, leur maison sera démolie, sous prétexte de couper le feu ! L'incendie est une bonne affaire pour les pompiers et pour les voleurs, qui ont vite déménagé la boutique. En général, les incendiés, comme secours, reçoivent la bastonnade et sont envoyés en exil, à moins qu'ils ne puissent payer une forte somme aux tribunaux ; telle est la coutume, elle oblige chacun à une grande vigilance, et sans cette sévérité, Péking flamberait tous les hivers.
LES BANQUES. — Il y a dans Péking des banques chinoises de premier ordre, qui ont des succursales dans les dix-huit provinces et sont d'une rare honnêteté ;
mais outre ces grands établissements, qui se soutiennent mutuellement et offrent une garantie parfaite, presque dans chaque rue on trouve une petite banque ou boutique à sapèques ; le change de l'argent se fait là. Comme il n'y a aucune monnaie, le numéraire est en lingots d'argent qui varie de poids et de qualité. A-t-on besoin de faire un petit paiement en argent, il faut couper ces lingots, où très souvent on trouve une notable quantité de plomb habilement coulé. De plus, les balances varient, on en compte au moins cinq ; la qualité de l'argent varie également, il peut y avoir un écart de 7 à 8 %, ce qui rend la fraude habituelle ; aussi le Chinois est heureux de changer ce numéraire contre des billets de banque plus portatifs et plus faciles à employer. Chaque petite banque en fabrique à son nom, sans contrôle ; à l'acheteur de voir si les billets sont bons, si la banque est assez solide. Les banqueroutes sont fréquentes, et chaque année, surtout dans le dernier mois, une vingtaine au moins de ces établissements se ferment, et leur papier devient sans valeur. On vend quelquefois dans les rues des billets de 2 à 5o francs, que l'on offre pour quelques centimes ; pourquoi ? par- Biiîet de banque de 5 ligatures de Péking. ce que si la banque dont ils portent le nom venait à se rouvrir, ces billets recouvreraient leur valeur intrinsèque ; c'est un mince