HABITS DE COUR, VÊTEMENTS DES RICHES
ment un peu moins clair. L'automne ramène les mêmes vêtements que ceux du printemps mais doublés de coton piqué ; et l'hiver, encore annoncé par décret impérial,
oblige à porter les fourrures graduées selon le froid. Toutes les soies employées par les mandarins sont ornées de rondelles à dragons, de même couleur que l'étoffe ; et, lorsqu'ils vont voir l'empereur, la robe est agrémentée d'une pèlerine et décorée dans le bas d'un motif brodé représentant un dragon sortant des flots. Dans leur intérieur et lorsqu'ils ne sont point en
service, les mandarins laissent le pardessus pour revêtir un gilet sans manches fort commode, et une petite calotte élégante ornée d'un bouton en soie rouge et d'une perle sur le devant. Quant aux mandarins militaires, au lieu du grand pardessus de cérémonie, ils portent la robe fendue par devant et un vêtement moins long, pour monter plus facilement à cheval; ce vêtement est appelé pour cette raison ma-koua-tse, ou habit de cheval. Les mandarins civils le portent lorsqu'ils ne sont pas obligés d'être en tenue, ainsi que les riches et les gens du peuple qui vont faire
Mandarin militaire en grand costume.
quelque visite. Lorsque l'empereur veut récompenser un mandarin, il l'autorise porter un ma-koua-tse en soie jaune impériale ; bien peu obtiennent cet honneur qui est grandement apprécié.
Les élégants portent quelquefois des habits en soie ou en velours frappé, de couleur
originale, violacée, jaune purée de pois, bleue œuf de canard, vert très clair; ils
sont soumis à une certaine mode qui n'entraîne pas, du reste, le changement de coupe.
Le vêtement des hommes du peuple est uniformément de couleur bleue, grise ou noire ;
le rouge, le vert et le jaune clair sont réservés aux femmes. Tous ces habits sont en toile de coton fabriquée dans le pays, ou venue d'Europe. Les agriculteurs, les boutiquiers, les ouvriers et presque tout le peuple ne mettent pendant l'été aucun vêtement sur le haut du corps; cependant, s'il arrive un visiteur, on
i . Botte de mandarin. — 2. Botte ordinaire. — 3. Botte d'enfant. — 4. Botte s'empresse de remettre
de comédien.— 5. Botte en cuir. — 6. Soulier d'enfant.— 7, 0, 10. Souliers la chemisette En hiver d'hiver. — 8, 11. 12. Souliers de grande personne. — i3, 14. Souliers de femme
chinoise.— |5, it">. Souliers de femme tartare.— 17, 18. Souliers d'hiver. ils portent Une touloupe
en peau de mouton, qui ne se change pas et ne peut se laver ; aussi est-elle pleine de vermine, et on rencontre des malheureux se chauffant au soleil, qui se livrent sur euxmêmes à une chasse peu délicate, et se vengent par un coup de dent des morsures qu'ils ont endurées ! Quant au linge de corps, il n'en faut point parler, on en use peu ou point.
Qu'un habit soit long ou court, appartienne à un mandarin ou à un homme du peuple, il n'a toujours que cinq boutons, les plus ordinaires sont en cuivre sculpté et doré ; mais il y en a de fort chers, en argent, en émail, en cloisonné, en agate, représentant des fleurs, des papillons, des bateaux à vapeur, ou même la reine d'Angleterre, dont les petites pièces de monnaie montées sont fort en honneur. Avant tout, on veut avoir des bas bien tirés, des souliers bien propres et une belle calotte, c'est le luxe du pékinois.
Les enfants, jusqu'à dix ans et plus, courent partout, sans autre vêtement que celui qu'ils avaient le jour de leur naissance, et sont habituellement fort sales ; leur peau brunie par le soleil, les fait ressembler à de petites terres cuites ; quant aux personnes tant soit peu fortunées, elles tiennent à présenter leurs enfants vêtus de soie, peignés,