‹ PékingChapitre 207 sur 224 · DYNASTIE DES T'ANG · texte numérisé non relu

DYNASTIE DES T'ANG

(618-905 Ap. J.-C.)

Pi-siè-tetig ; lampe que l'on allumait pour chasser les démons : forme d'animal fabuleux, espèce de griffon.

Cet objet est assez rare et difficile à trouver.

joô

DYNASTIE DES TANG. (618-905 Ap. J.-C.)

Y-hoa-ki-tsou-teng ; ce nom signifie : Lampe à pattes de poule ; un de ses pieds en effet est en forme de pattes de poule. Cette lampe a été faite par un nommé Léon, dans la ville de K'aè-foung-fou dans le Ho-nan.

Yang-teng; mot-à-mot, Lampe du mouton ; elle a été inventée par un bonze nommé Ta Tse-sse, dans la ville de Tch'eng-tou-fou, de la province du Ssetch'ouan; comme la précédente, c'est une pièce difficile à se procurer.

BRONZES ANTIQUES

DYNASTIE DES T'ANG. (618— 905 Ap. J.-C.) Animal fabuleux en bronze à tète de serpent et à trois pattes ornées chacune de deux griffes, fabriqué en deux matières différentes et à @Dj\

deux teintes ; se plaçait dans les pagodes taoïstes. — Ce y^/ll

motif se rencontre encore assez fréquemment soit en /%tiË) $ )I §'

jade vert ipi-yu), soit en émail cloisonné. /0y A'vC

Yoii-ping-foung-koui-teng ; ce nom signifie : lampe à queue avec phénix et tortue ; le possesseur de ce bel objet était un nommé Suè-che, habitant la ville de King-tchao ; on se servait de cette lampe en voyage. Ce bronze est fort bien travaillé, le phénix Foung-hoang est sculpté avec soin et repose sur la carapace de la tortue. — Cette même lampe existe en jade vert appelé pi-yu, et en vieux cloisonné ; c'est un bronze artistique ayant une assez grande valeur et difficile à trouver. Le godet

supérieur se remplit d'huile dans laquelle on met tremper quelques filets de moelle de sureau, qui n'ont pas plus d'un millimètre de diamètre ; on en allume à volonté un ou plusieurs.

Ces quelques spécimens nous paraissent suffisants pour donner une idée de la forme et de la décoration des bronzes antiques. Les ouvrages chinois cités au commencement de ce chapitre, en contiennent la collection presque complète ; ils se composent de plus de 5o volumes qu'il est facile de se procurer à Péking.

La céramique : Dynasties des soung, yuen, ming et ts ing.

AIRE un traité sur la céramique chinoise, après les savantes études de M. Stanislas Julien, après surtout le récent ouvrage de M\ Ernest Grandidier, serait une présomption ; ce dernier auteur, non seulement par son livre a jeté un jour nouveau sur la matière, mais encore il a permis à chacun de se rendre compte par lui-même, de la valeur des produits céramiques de l'Extrême-Orient, car sa collection offerte au Musée du Louvre est probablement sans rivale. Sans entrer dans les détails de fabrication et de classification, il ne sera peut-être pas sans intérêt de placer ici quelques notes sur les plus belles porcelaines que Ton peut encore rencontrer à Péking. Sans doute, bien avant la dynastie des Soutig, les Chinois connaissaient déjà et la terre émaillée et la porcelaine proprement dite, mais personne ici ne parle jamais des objets céramiques ayant précédé cette dynastie. Aussi bien les marchands que les collectionneurs pékinois, tous s'accordent sur la nomenclature exprimée par ces quatre mots : Soung, Yuen, Ming, Ts'ing. Quand on pense que la dynastie des Soung régnait sur la Chine de 960 à 1260, c'està-dire il y a près de mille ans, on est déjà bien étonné de trouver encore des pièces de

Sl°

porcelaine de cette époque ; beaucoup, même parmi les Chinois, mettent en doute l'existence actuelle d'un vrai vase des Souttg, d'autant plus que la porcelaine de ce

temps n'étant pas décorée et presque toujours d'un blanc plus ou moins pur, il n'était pas difficile de l'imiter.

La dynastie suivante, celle des Yuen de 1260 à 1 368, a laissé quelques pièces authentiques dont nous indiquerons les principales: les blancs, tirant quelquefois sur l'ivoire et dont la pâte est souvent terreuse ; ces pièces sont toujours fort légères, sans sonorité et. -parfois décorées d'arabesques sous couverte, c'est-àdire sous la couche de vernis qui les rend brillantes ; les céladons, c'est-à-dire les monochromes à teinte extrêmement légère et vaporeuse, parmi lesquels on peut ranger la porcelaine de Loungts'iuen dont le dessous n'est pas émaillé en entier ; les aubergines ou porcelaines violacées avec plus ou moins d'intensité, mais il n'est pas certain que toutes les pièces encore existantes soient bien authentiques ; les clairs de lune, ainsi appelés en Europe, quoique cette dénomination soit presque inconnue en Chine ; ces pièces sont d'un bleu très pâle rappelant l'œuf de canard et tirant un peu sur la turquoise. Presque toutes ces pièces sont marquées d'une tache violette qui permet d'en distinguer infailliblement l'authenticité. On en a imité l'émail, la craquelure, la couleur, mais jamais on n'a pu arriver à l'imitation de la vraie tache violette qui dans les pièces

N° 1 . — Lampe au phénix des Soung.

CÉRAMIQUE CHINOISE

fausses est rougeâtre et sans brillant. Enfin les Kiun-yao, pièces variant du bleu cendré au violet aubergine en passant par différentes teintes rouges et qui sont tou-

tes marquées d'un numéro de i à 10, ce qui en constitue dix espèces différentes. Les plus belles ont presque toujours la forme d'une coupe aplatie, extérieurement divisée en plusieurs lobes et portée sur trois pieds ; leur hauteur totale ne dépasse pas six centimètres et leur plus grand diamètre mesure un pied. L'extérieur de ces belles coupes, aubergine Kiun-yao, est toujours d'un bleu cendré tirant sur le clair de lune et légèrement vermicelle. Malgré les prix extrêmement élevés de ces porcelaines, il est bien rare que l'on puisse affirmer avec une certitude absolue qu'elles datent des Yuen. A l'exception du clair de lune, les pièces de cette époque ont toutes été supé- N° 3.— clair de lune des Yuen. rieurement imitées et sous les Ming et sous K'ien-loung. La dynastie des Ming (i 368- 1620) commença les grands décors et employa les grands émaux à couleurs franches et vigoureuses ; bien que les dessins soient grossiers, sans perspective et sans proportions, les lignes sont toujours à grand effet. Si la pièce est monochrome, comme dans les grands plats Loung-ts'iuen, vernissés des deux

côtes, sous la couverte apparaissent de grandes arabesques, de grandes fleurs ou même des dragons largement dessinés. Si la pièce est polychrome, les bleus, les rouges, les verts et les jaunes sont intenses ; on rencontre même, quoique plus rarement, une belle teinte orange dont le ton franc est du meilleur effet.

Parmi les vases Ming, on en trouve qui mesurent plus d'un mètre de

N" 5.— Lampe des Ming.

N° 4. — Clair de lune des Yuen.

haut et ont la forme cornet peu évasé avec renflements vers le milieu ; ceux-ci sont marqués du nom de l'empereur Ouan-li et fabriqués en deux pièces ressoudées ensemble ; d'autres pièces de la même marque, plus fines, plus rares et plus petites, ont quatre faces, et leur forme gracieuse est plus agréable à l'œil. Elles sont à cinq couleurs et beaucoup mieux dessinées que les grandes pièces. Les porcelaines marquées Suen-teu ont souvent la forme de gourdes, et les fonds en sont décorés d'arabesques vertes ou bleu indigo. Les noms des empereurs Tch'eng-hoa, Kia-tsing servent aussi de marque à de très beaux vases et à d'énormes potiches à couvercle arrondi. Malgré la perfection que devait

Pl. xnwi

mmmj

ËlJk~

Ml»*- i

Page 1