YE-LEOU
SOUBOUCTAI.
et réprima, par ses sages avis, la cruauté des conquérants mongols. En 1234, sur son conseil, un dénombrement général de la population fut fait par famille, et les impôts répartis équitablement. Par ses soins, des écoles furent ouvertes dans les provinces,
et le système d'examen rétabli. Ce
sage ministre, en temps de disette, nourrissait le peuple ; c'est lui qui faisait rentrer les impôts, empêchait les injustices et plaidait la cause des innocents. L'impératrice Tourakina, régente après la mort d'Okiai, le prit pour conseiller, mais elle donna bientôt le pouvoir suprême et remit les sceaux à un autre ministre, turc de nationalité.
Yé-leou, voyant le mauvais état des affaires, et attristé par l'ingratitude de l'impératrice, mourut à 55 ans ( 1 253 ). Son fils et son petit-fils héritèrent de ses anciennes charges et faveurs, sous les empereurs mongols qui se succédèrent jusqu'à Témour ( Outsoung ).
En i33o, l'empereur, par un décret solennel, donna au fidèle Yèleou le titre posthume de roi de Kouang-ning.
SOUBOUCTAI.— C'est en 1212 que Soabonctai entra au service de Gengiskan. Il était d'une intrépidité rare, et d'un talent remarquable pour imaginer des stratagèmes et des ruses de guerre. En 1221, il s'empara de la Géorgie, puis contournant la mer Caspienne, il soumit tous les peuples de ces contrées jusqu'au Volga ; dévasta les environs de la mer d'Azof, et pénétra en Crimée et en Bulgarie. Rappelé par Gengiskan, il fit la conquête du Tangut et de toutes les villes situées sur le fleuve jaune. En 1229, Oktai\v\ donna pour épouse une
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princesse du sang royal. Ce même empereur lui fit ensuite envahir l'empire des Kin. Pendant le siège de K'aè-foung-fou, le commandant des assiégés voulut, à coups de canon tp'ao), mettre le feu aux fascines qui comblaient les fossés. C'est au siège de cette ville qu'il est parlé pour la première fois de ces machines de guerre, dont les Mongols apprirent l'usage des Chinois, et qu'ils portèrent dans l'Occident, où l'on croit qu'elles ont donné l'idée de l'artillerie, (abel de rémusat. )
Soubouctai, après la mort d'Oktaikan, retourna dans l'ouest pour prêter son aide à Batou, et établit son camp sur le Danube ; il y mourut à l'âge de 73 ans. 11 reçut le titre posthume de roi du Ho-tian, et l'épithète honorifique de fidèle et invariable. Son fils lui succéda, et les Mongols lui doivent la conquête du royaume d'Ava et de tout le Tonkin.
Grand sceau impérial.
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CQ D O M
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I. Dynastie des yuen : koubilaikan (che-tsou). marco-polo. construction de
KAMBALICK (PÉKING).— II. CONQUÊTE DE LA CHINE. NOMINATION DU GRAND LAMA. MORT DE CHE-TSOU.— III. L'EMPEREUR OU-TSOUNG. JEAN DE MONTCORVIN, Ier ARCHE- VÊQUE DE PÉKING. ODORIC DE PORDENONE. — I V. L'EMPEREUR CHOUN-TI. NICOLAS DE BOTRAS, 2e ARCHEVÊQUE DE PÉKING. JEAN DE FLORENCE. GUILLAUME DE PRATO, 3e ARCHEVÊQUE DE PÉKING. FIN DE LA DYNASTIE DES YUEN.
PRÈS la mort de Mangoukan, rassemblée des princes, en 1260, élut Koubilaï son frère. Depuis longtemps déjà il administrait, comme vice-roi, toute la Chine septentrionale dont les Tartares avaient fait la conquête. Comme nous allons entrer maintenant d'une manière plus spéciale dans l'histoire de Péking, il semble nécessaire d'adopter pour les empereurs mongols les noms qui leur ont été donnés par les Chinois : Gengiskan s'appelait T'aè-fsou; Oktai, T'aè-tsoung ; Kouyouk, Ting-tsoung ; Mangou, Sien-tsoung ; enfin, Koubilaï prit le nom de 1 Che-tsou, par lequel nous le désignerons désormais ; il
est le véritable fondateur et le premier empereur de la dynastie des Yuen.
En l'année 1 255, Messire Nicolas Polo et son frère Matteo, marchands vénitiens, étaient à Constantinople où régnait l'empereur Baudouin ; ils y achetèrent des bijoux et autres marchandises, et résolurent d'aller faire le commerce chez les
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Tartares. Ils passèrent d'abord un an chez Barka qui commandait sur la mer Caspienne, puis se rendirent à Bokhara, où ils demeurèrent pendant trois ans. Ce
n'est que vers l'année 1261 qu'ils arrivèrent chez le grand Kan Koubilaï, qui les reçut fort bien et leur demanda beaucoup de détails sur les empereurs, les rois , les princes ; sur le pape, l'Eglise et Rome. Après avoir demeuré plusieurs années à la cour, « l'empereur pensa en soimême de les charger d'un message pour l'Apostolle (le pape), et ils repartirent avec un ambassadeur nommé Cogatal. Dans sa lettre le grand Kan mandait au Pape « qu'il voulût « bien lui envoyer jus- : « qu'à cent hommes sa- « ges de notre foi chrétienne, instruits dans « les sept arts, sachant « bien discuter et dé- « montrer clairement « aux idolâtres . . . que che-tsou (KoubiUïkan ). ^^ (( la fQj du Christ est la
« meilleure, que toutes les autres lois sont mauvaises et fausses. » Il les chargea aussi de lui apporter un peu d'huile de la lampe qui brûle sur le sépulcre de Notre- Seigneur à Jérusalem. » (marco-polo, Ch. m.) Ils reçurent une tablette d'or pour saufconduit, tablette qui leur donnait le droit d'être traités comme des grands seigneurs