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DYN. DES YUEN. KOUBILAIKAN ( I260). MARCO-POLO ( 1270). IO

et d'être défrayés de tout pendant la route. Ils laissèrent en chemin Cogatal atteint d'une maladie très grave, et après trois ans d'un voyage fort pénible, ils abordèrent enfin à Acre, en avril 1269. Le Pape était mort, et les deux frères demeurèrent deux ans à Venise en attendant l'élection d'un nouveau pontife. Messire Nicolas y avait trouvé son jeune fils Marc âgé de i5 ans, né pendant son absence. Craignant de trop faire attendre le grand Kan, ils demandèrent au légat Thébaldo l'autorisation de repartir, et se mirent en route. Ce même légat ayant été élu pape sous le nom de Grégoire X, les rappela pour leur donner ses instructions, une lettre pour le grand Kan, et leur adjoindre deux dominicains: Nicole de Vi\en\e et Guillaume de Triple. Le Marco-Polo. jeune Marco était du voyage, qui fut si dangereux et si pénible,

que les deux frères-prêcheurs malades furent obligés de s'arrêter en route. Les trois vénitiens arrivèrent enfin après trois ans et demi à la cour de Koubilaï, qui se trouvait alors à Chang-tou, résidence d'été en dehors de la Grande Muraille. Ils lui présentèrent « les privilèges et chartes qu'ils avaient de part l'Apostolle, desquels il eut grande joie. Ensuite ils lui donnèrent la sainte huile du sépulcre ; il en fut très content et en fit grand cas. Quand il vit Marc, qui était jeune homme, il demanda qui il était ? « Seigneur, dit son père Messire Nicolas Polo, il est mon fils et votre « homme. — Qu'il soit le bienvenu, dit le seigneur. » ( marco-polo, Ch. vi. )

L'intelligent Marco devint bientôt le favori de l'empereur, au service duquel il resta dix-sept ans, chargé de missions diverses et de postes importants dans les provinces du sud de l'empire. A cette époque, Argoun, roi de Perse, ayant perdu sa femme Bolgara, envoya une ambassade au grand Kan pour lui demander une nouvelle épouse du même lignage ; on lui choisit la jeune princesse Cogata, et, sur la demande des ambassadeurs, les trois vénitiens la conduisirent avec eux par la route de mer. Koubilaï leur avait donné de nouvelles b. Grégoire x.

lettres pour l'Apostolle et les rois chrétiens. Après dix-huit mois de navigation, ils arrivèrent en Perse et remirent la princesse entre les mains de Gazan, fils et successeur d'Argoun qui était mort. En 1295, ils revirent leur patrie, et trois ans plus tard Marco-Polo, prisonnier des Génois, dicta sa relation à Rusticien de Pise. Nommé membre du grand Conseil de Venise, il mourut dans cette ville en 1324.

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Che-tsou, comme le raconte l'histoire persane de Raschid Eddin, « considérant que Karakoroum était trop éloigné, que la contrée du Katai était très peuplée et la plus estimée de tous les pays et royaumes, y fixa sa résidence et établit son séjour d'hiver dans la ville de Kambalick, nommée en langue du Katai, Tchoung-iou ou

Ta-tou ( grande capitale ). »

L'ancienne ville desKin existait encore, mais fort délabrée, ayant comme nous l'avons dit supporté un siège mémorable; Che-tsou ne pouvait s'en contenter, et après avoir consulté les astrologues, il résolut de construire une nouvelle cité au nord de la précédente, de l'autre côté du fleuve. Ce fleuve dont parle Marco-Polo (Chap. xvi ) sépara les deux villes ; c'était le grand canal creusé par les Kin, et que la géographie impériale nomme Ta-t'oung-ho (grande rivière de communication ). Voici la description de Kambalick, d'après Marco-Polo ( Chap.

xvi ) : « La ville de Kambalick est située sur le bord d'une rivière, dans la province du

Katai elle est très grande,

car elle a de tour vingt-quatre milles ; chaque face de son carré mesure six milles, car elle est toute carrée tant de part que d'autre. Elle est toute murée de murs en terre qui sont bien épais au moins de dix pas, mais ne sont pas si gros dessus que dessous, car ils vont toujours en s'étrécissant, si bien que dessus ils sont larges environ de trois pas et tout crénelés. Les créneaux sont blancs et les murs sont hauts de plus de dix pas. Elle a douze portes, et sur chaque porte il y a un grand palais très beau, si bien qu'en chaque face de son carré il y a trois portes et cinq palais, parce qu'à chaque coin il y a un

i. Avant-cour du Palais. — 2. Si-chan-t'aè. — 3. T'ien-t'aè. — 4. K'ioung-hoa-tao. — 5. Tching-cheng-koung. — 6. Loung-foitkoung. — 7. Toung-hoa-men.— 8. Si-hoa-men. — 9. Ling-sing-men. 10,11. Palais impérial. — 12. Palais des Princesses. — i3. Nan-haè. 14. Tchoung-haè.

DYN. DES YUEN. CONSTRUCTION DE KAMBALICK (pÉKING I IJO). IOO.

palais semblable aux autres. En ces palais il y a beaucoup de grandes salles, là où sont les armes de ceux qui gardent la cité, et les rues sont si droites qu'on voit d'un bout à l'autre ; car elles sont ainsi disposées qu'une porte se voit de l'autre à travers la ville par les rues. Il y a par la cité de grands et beaux palais, beaucoup de belles hôtelleries et de belles maisons en grande abondance. Il y a au milieu de la cité un grandissime palais, lequel a une grande cloche qui sonne la nuit pour que nul n'aille dans la ville quand elle aura sonné trois fois. » Cette tour est voisine d'une autre construite en 1272, et sur laquelle il y avait une clepsydre, du travail le plus délicat, composée de quatre bassins remplis d'eau qui coulait de l'un dans l'autre avec la même quantité, pour marquer les heures.

Odoric de Pordenone, qui demeura trois ans à Kambalick, nous donne quelques détails sur la ville: «M'en alay vers Orient jusques à une autre cité moult noble et moult ancienne en la province de Cathay et a nom Chambalech. Cette noble cité est moult ancienne et fut jadis conquise par les Tartres ; et à demi-lieue de ceste cité ont ilz fait une autre cité qui a nom Cayto. Ceste a xn portes. Entre chascune des portes a deux grandes milles d'espace, si que ces deux cités ont bien xn milles de tour. »

Che-tsou construisit ensuite un palais magnifique, dont tous les détails se trouvent

dans le Tchao-kien-lou ou

dans le K'iu-keng-lou, publiés vers la fin de la dynastie mongole. Bien d'autres ouvrages encore en parlent ; ils concordent tous pour dire que le palais des Mongols occupait le même emplacement que celui de la dynastie actuelle ; il était composé de trois clôtures concentriques ; celle du centre s'appelait Ta-née, ou grand

Grande Tour de la cloche à Kambalick ( Tchoung-lo ).

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