CONSTELLATIONS
Ancien étendard chinois.
la dynastie. Ce lac, dont il vient d'être parlé, est le même que le T'aè-y-tch'e de nos jours, le même que les Kin avaient creusé, et la rivière qui l'alimente s'appelle encore Kin-choui ; la montagne verte ne peut être que le K'ioung-hoa-tao appelé aujourd'hui Pèt'a-chan. Des auteurs cependant, sur le témoignage de Marco-Polo, pensent que cette montagne verte au nord du palais était le Kinchan ou Mei-chan, mais rien dans les livres chinois n'appuie leur opinion.
Outre le palais d'hiver de Kambalick, Che-tsou en avait fait bâtir un autre à Chang-tou. Ce palais d été se trouvait en ligne droite à environ 800 // nord de Péking ; trois routes y conduisaient : celle de l'ouest par Nan-k'eou, celle de l'est par Kou-pé-k'eon et celle du centre par Pèt'a (Y. la carte). Ce beau palais de marbre blanc était entouré d'un parc immense, avec «fontaines, fleuves, rivières et belles prairies; bêtes sauvages de toutes sortes, que le seigneur y fait mettre ; parfois le Kan se promène céans, monté sur son cheval, et a derrière lui sur la croupe un léopard, et quand il voit quelque bête qui lui plaît, il laisse aller le léopard qui la prend ». (marco-polo, Chap. xv.)
L'empereur avait de plus, près de là, deux léang-t'ing (pavillons frais) : l'un à 5o //' à l'est de Chang-tou, l'autre à i5o li à l'ouest; ces pavillons étaient construits en lamelles de bambou tressées et dorées, faciles à démonter et transporter. . . « Ce palais de roseau que je vous ai dit, est si bien ordonné et disposé qu'il se fait et défait très promptement ; on le met tout par pièces, et on le porte sans peine là où le seigneur commande qu'il soit. Quand il est dressé, plus de deux cents cordes toutes de soie le soutiennent ...» Che-tsou passait en Mongolie les mois de juin, juillet et août pour se reposer et se nourrir de laitage. « Sachez, dit Marco-Polo, qu'il y fait tenir un très
orand haras de juments toutes blanches, sans nulle tache, au nombre de plus de dix mille, et il boit, ainsi que tous ceux de son lignage, le lait de ces juments, et personne autre n'en peut boire, sauf la tribu Outrât. » L'empereur rentrait le 28 août de chaque année au palais de Kambalick où il séjournait tout l'hiver.
On voit encore les ruines de Chang-ton que plusieurs voyageurs et missionnaires ont explorées.
CHL-TSOU, fixé à Kambalick. lança ses armées, commandées par le fameux général Pé-ien, à la conquête des provinces méridionales pour anéantir définitivement la dynastie des Soung ( 1280). Les trois vénitiens aidèrent à la prise des villes fortifiées, en construisant des mangonneaux et autres machines de guerre inconnues aux Tartares. L'empereur fit ensuite la conquête du Thibet et de la Cochin-
chine, qui reconnurent sa suprématie et envoyèrent un tribut d'éléphants. En 1281, Che-tsou voulut s'emparer du Japon ; il fut moins heureux, son immense flotte portant 80.000 hommes, chinois et tartares, fut presque anéantie dans un typhon ; l'armée put se réfugier en grande partie sur l'île de Sing-hou, où les Japonais firent prisonniers les soldats chinois, et massacrèrent impitoyablement tous les Tartares au nombre de trente mille. Cinq ans après, Che-tsou dut soutenir une grande guerre contre son oncle Nayan qui s'était révolté en Tartarie. Ce Nayan était chrétien et portait la croix sur ses étendards, Marco-Polo raconte cette expédition dans tous ses détails (Ch. ix, x, xi).
Nayan, surpris par la marche rapide de Che-tsou, fut fait prisonnier et son armée taillée en pièces. L'empereur le fit mettre à mort, traîné dans le désert par un cheval indompté, mais après l'avoir fait envelopper dans un épais tapis pour que le sang royal ne fût pas répandu à nérai Pé-ien terre. Les idolâtres vilipendèrent ensuite les chrétiens, disant : « Voyez comme la croix de votre Dieu a aidé Nayan, qui était chrétien et qui l'adorait. » L'empereur réprimanda ces idolâtres et dit aux chrétiens : « Si la croix