‹ PékingChapitre 49 sur 224 · DYN. DES YUEN. CONQUÊTE DE LA CHINE ( I · texte numérisé non relu

DYN. DES YUEN. CONQUÊTE DE LA CHINE ( I

n a pas aidé Nqyan, elle a eu grand raison, car, bonne chose comme elle est, elle ne devait pas agir autrement ; Nayan était un traître déloyal qui venait contre son

seigneur, et la croix de votre Dieu fit très bien en ne l'aidant pas contre le droit ( marco-polo, Ch. xi ).

Che-tsou, à l'anniversaire de sa naissance et aux premiers jours de l'année, donnait de grandes fêtes à ses généraux, qui lui apportaient des présents de toutes les provinces de l'empire. Il aimait aussi beaucoup les grandes chasses soit au lévrier, soit au faucon, et y consacrait plusieurs mois.

C'est Che-tsou qui le premier introduisit le papier-monnaie fait, dit Marco-Polo, d'écorces d'arbre ; chaque billet de banque portait le sceau impérial, et les marchands étaient obligés d'accepter en paiement ce papier, contre « or, argent, pierreries et fourrures. » Du reste, ils l'employaient de même pour leurs achats, car il avait un cours forcé. L'empereur établit dans tout l'empire le service des postes par des courriers rapides relayés souvent. Dans les années de disette, il ouvrait ses greniers et faisait des distributions gratuites aux pauvres gens. Dans la capitale, plus de 20.000 enfants étaient exposés chaque année ; il les faisait recueillir, élever avec soin, puis adopter par les familles privées de postérité. Le sud de la Chine était déjà renommé par ses splendides étoffes de soie brochées d'or, que l'on apportait en immense quantité à l'empereur

Dès îe commencement de son règne, Che-tsou établit au Thibet le

grand Lama OU Fo Temple de Lamas, près de Péking ( Ou-t'a-sse ). ""=^3 ~i^ -^te.l

vivant ; il voulait par là acquérir l'amitié et se faire des alliés précieux des Thibétains, qui venaient de le reconnaître comme suzerain. Il revêtit de ce titre un jeune thibétain

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nommé Pa-sse-pa, dont la famille exerçait depuis des générations la charge de grandprêtre auprès des rois du Thibet. Par ce pontife, fut continuée la succession des anciens patriarches bouddhistes, et commença celle des Grands-Lamas ; par lui aussi, le Lamisme ou Bouddhisme réformé, devint la religion commune des Mongols : la fondation du siège lamaïque de Poula-la n'a pas d'autre origine. Nous savons qu'à la cour des T'ang, avec Olopen se trouvaient de nombreux patriarches bouddhistes ; les nestoriens et les chrétiens de saint Thomas étaient répandus dans les contrées voisines du Thibet : les ornements et les cérémonies de la religion chrétienne, la magnificence de son culte frappèrent les réformateurs, qui en adoptèrent une grande partie ; et c'est ainsi

que l'on rencontre dans le culte lamaïque des contre-façons et des copies souvent saisissantes du culte chrétien.

Che-tsou aimait les savants et les

gens de lettres, et en avait fait venir plusieurs de l'Occident ; à leur tète, il plaça Teu-mo et Su-heng pour diriger le collège impérial, pendant que Yautchou était chaîné du ministère des Finances. Ces trois ministres jouissaient de l'estime des Chinois, et l'empereur mongol se servit d'eux pour régler la politique de l'empire. Su-heng rétablit les rites et les cérémonies, ainsi que le culte des ancêtres ; il apprit aux jeunes mongols la langue chinoise et les usages Su-heng. de la bonne société ; il fit de nombreuses traductions

des meilleurs livres chinois en langue mongole, rédigea le code et laissa des mémoires littéraires encore fort estimés. Il mourut en 1281, et son portrait fut placé dans le temple de Confucius, par l'empereur Jen-tsoung.

Teu-mo.

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