DYN. DES MING. LI-KOUNG
échappé au carnage et toujours dévoué aux Ming vaincus ; il servait de mentor à un jeune homme dont les manières distinguées trahissaient l'illustre origine ; près de lui était une jeune fille, sa sœur bien-aimée.... ; elle n'avait plus qu'une main !
La fille et le fils aîné de Tch'oung-tchen, dernier empereur des Ming.
La cruauté de Li-koung s'exerça sur tous les personnages de haut rang faits prisonniers. Parmi eux se trouvait le père du général Ou-san-koui, qui commandait encore une armée dans le Léao-toung. Li-koung lui envoya un courrier pour lui signifier que s'il ne se rendait pas de suite avec ses troupes, son père serait égorgé, et il força ce vieillard à écrire la lettre suivante :
« La terre, le ciel et les destins ont fait le changement que nous voyons. Sachez, mon fils, que l'empereur Tch'oung-tchen est mort, et que ceux de la famille royale des Ming ne doivent plus rien prétendre à l'empire, puisque le ciel l'a donné à Li-konng.
IJO
C'est sagesse de céder au temps et d'obéir à la nécessité, pour éviter la rigueur de celui qui est maître de l'empire, et qui a entre ses mains notre bonne et notre mauvaise fortune. Il vous fera roi, si vous voulez le reconnaître empereur, et engager vos troupes à son service ; sinon, je suis mort. Voyez, mon fils, ce que vous devez faire pour sauver la vie à celui qui vous l'a donnée. » Ou-san-koui répondit à son père de cette
façon : « Celui dont vous me parlez, ne nous sera pas plus fidèle qu'il l'a été à son roi ; et vous, mon père, si vous avez oublié ce que vous devez à votre prince, ne trouvez pas mauvais que je vous désobéisse, puisque mon obéissance serait criminelle. J'aime mieux mourir que d'être esclave d'un voleur. »
Ayant fermé sa lettre, il envoya aussitôt un ambassadeur au roi des Tartares pour lui demander du secours contre Li-koung. Le tartare ne voulant pas laisser passer une si belle occasion d'entrer dans la Chine, se présenta dès le même jour à Ou-san-koui, avec 80.000 hommes tirés des places qu'il avait dans la province de Léao-ioung, et lui tint ce langage : « Pour rendre notre victoire plus assurée, je vous conseille de faire raser vos soldats et de les habiller comme nous, afin que Li-koung les prenne tous pour des Tartares, et qu'ainsi notre nombre paraisse plus grand. Si je n'avais eu peur de trop tarder, je vous aurais amené une armée plus puissante, mais la brièveté du temps ne m'a pas permis d'en ramasser une plus forte. » Ou-san-koui avait un si grand désir de se venger, qu'il accorda tout.