FAÇADE DU NOUVEAU PÉ T'ANG AVEC LES DEUX PAVILLONS IMPÉRIAUX
I. Avènement de k'ang-si. les régents, mort du p. adam schall. cimetières et sépultures. — II. Grégoire lopez. le p. verbiest. observatoire, les vicaire^
APOSTOLIQUES. III. La MISSION FRANÇAISE. DÉCRET DE KANG-SI ; LE Ier PÉ-TANG.
I\ . L.\ QUESTION DES RITES. LE CARDINAL DE TOURNON. Mgr MEZZABARBA. MM. AP- PIANI, PEDRINI ET RIPA. CONVERSION DES SOURMIA. TRAVAUX DES MISSIONNAIRES. LA MISSION RUSSE. MORT DE k'aNG-SI. — V. YoUNG-TCHENG. LES SOURMIA. LE P. MORAO.
ANG-SI ( in altérable paix), monté sur le trône en 1662, gouverna la Chine pendant 61 ans, et mourut en 1723. Son règne glorieux a été comparé à celui de Louis XIV. Il était le second fils de Choun-tche, issu d'une des femmes du deuxième rang, et n'avait que 8 ans. Trop jeune pour gouverner, il confia la régence à quatre grands mandarins, dont le plus élevé se nommait Soui. Leur premier soin fut de mettre en accusation le chef des eunuques, qui fut condamné à mort et exécuté. Une loi expresse que l'on fit graver sur une plaque de fer du poids de 1000 livres, interdit pour l'avenir aux princes mantehoux la faculté
d'élever les eunuques à aucune sorte de charges ni dignités. Cette loi, qui existe
encore, est une des principales sauvegardes de la dynastie.
Pour réduire un fameux pirate nommé Kouo-ich'en, les régents n'hésitèrent pas à
L'empereur K'ang-si
tout brûler sur le littoral du Fou-kien, qui tenait encore pour les Ming.
En 1654, la mission de Péking fit une grande perte; le P. Longobardi, supérieur des Jésuites, usé par cinquante années de travaux apostoliques, termina sa longue vie en Chine, au mois de décembre 1654. L'empereur fit les frais de ses funérailles, et un détachement de la garde impériale accompagna le corps jusqu'au lieu de sa sépulture, dans le cimetière du P. Ricci, où il fut enseveli.
L'amitié personnelle de Choun-tche pour Adam Schall avait arrêté toute persécution ; mais à la mort de l'empereur, les régents, qui détestaient les missionnaires, n'attendaient qu'une occasion de les persécuter, et Adam Schall lui-même, malgré ses services, ne devait pas trouver grâce. Il s'était servi des mathématiques pour acquérir l'estime de l'empereur. Non seulement Choun-tche avait ôté aux mahométans la direction de l'observatoire, dont ils étaient en possession depuis 3oo ans, pour la donner au P. Adam Schall, mais il avait permis à ce Père de s'adresser directement à lui, sans passer par les tribunaux, peu favorables aux étrangers. Ce privilège lui avait suscité beaucoup d'envieux.
En 1664, Yang-kouang-sien, l'astronome mahométan dépossédé, présenta un Mémoire contre le P. Schall, l'accusant de fausses doctrines et de conspiration contre l'État. Les régents proscrivirent la religion dans tout l'empire, et firent
DYN. DES Ts'lNG. L EMPEREUR KANG-SI ( l66l ). LE RÉGENT SOUL ljl
mettre en prison le P. Schall avec ses trois compagnons ; on brûla leurs livres et tous
les objets religieux, sans cependant détruire leur chapelle. Traînés de tribunaux en
tribunaux, ils furent enfin incarcérés au Sing-
pou (tribunal des crimes) et chargés de
neuf chaînes. L'état dans lequel se trouvait
le P. Schall était navrant: affaibli par 1 âge,
les infirmités et la paralysie, il souffrait de
plus, d'une espèce de catarrhe qui lui ôtait
même la faculté de parler.
Le P. Verbiest, qui partageait ses fers, présenta une courageuse défense de son confrère. On le condamna néanmoins à être étranglé ; puis les juges révoquant leur premier arrêt, en portèrent un autre, par lequel Adam Schall devait être exposé sur la place publique et coupé, tout vivant, en dix mille morceaux. Un horrible tremblement de terre et un incendie qui consuma une grande partie du palais, firent surseoir à l'exécution ; on relâcha le P. Schall, et on lui permit d'aller dans sa maison, jusqu'à ce que l'empereur en disposât autrement. Il mourut le i5 août 1666, à l'âge de 75 ans, sans que la sentence de mort fût rapportée. Quelques années après, on réhabilita sa mémoire, et il fut enterré aux frais de l'empereur.
Nous lisons dans les lettres écrites par les Jésuites : « Le tombeau du P. Mathieu Ricci est le premier au bout du jardin ; tous les autres sont rangés sur deux lignes au-dessous de lui. Le P. Adam Schall est d'un autre côté, dans une sépulture vraiment royale, que l'empereur qui règne aujourd'hui lui fit faire Le régent Soui.
quelques années après sa mort. L'empereur destina des sommes considérables à lui élever un magnifique mausolée, que l'on voit encore à présent au lieu de sa sépulture, orné de statues et de plusieurs autres figures de marbre, selon la coutume du pays. »
Comme on peut le constater par le plan du cimetière du P. Ricci imprimé en 1616, (V. p. 142) le terrain donné par l'empereur n'avait pas même la moitié de la largeur