NOTA
Au sud se trouvait un jardin ; à l'ouest la verrerie impériale ; à l'est la rue dite Ts'an-che-keou.
DYN. DES Ts'lNG. LE PREMIER PÉ-TANG ( 1693 ).
« Il convient de laisser subsister comme autrefois toutes les églises des chrétiens, de laisser libres comme d'ordinaire toutes les personnes qui vont y porter des parfums ou d'autres offrandes ; il ne faut pas les en empêcher. Quand le décret aura paru, il sera bon d'en envoyer copie à tous les gouverneurs de provinces.
«Note commune adressée à l'Empereur le 19 mars 1692. » — Le 3 mars le décret fut approuvé par ces mots: «Qu'on suive l'avis adopté dans la délibération. »
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Les PP. de Fontaney et de Visdelou se trouvaient à Péking lorsque l'empereur tomba malade : ils avaient apporté une livre de quinquina, que le P. Dolu leur avait envoyée de Pondichéry, et ce remède encore inconnu contribua, avec des pâtes médicinales qu'administrèrent les PP. Gerbillon et Bouvet, à guérir le monarque. On avait d'abord fait plusieurs expériences en donnant cette médecine à de simples mandarins malades, puis l'efficacité du remède ayant été constatée, l'empereur lui-même consentit à en essayer, et fut guéri.
Sauvé de cette maladie, K'ang-si voulut récompenser les Jésuites. « Le 4 juillet de l'année 1693, dit le P. de Fontaney, il nous fit venir au palais, et nous fit dire par un des gentilshommes de sa chambre, ces paroles : « L'empereur vous fait don d'une « maison à vous quatre dans le Hoang-tch'eng, c'est-à-dire dans la première enceinte « de son palais. »
« Nous prîmes possession de notre maison le 1 1 juillet : mais, comme elle n'était pas encore accommodée à nos usages, l'empereur ordonna au tribunal des édifices d'y faire toutes les réparations que nous souhaiterions.. . Tout étant prêt le 19 décembre, nous dédiâmes notre chapelle à l'honneur de Jésus-Christ mourant sur la croix pour le salut des hommes, et nous en fîmes le lendemain l'ouverture avec cérémonie. »
Ledit favorable et le don de la résidence encouragèrent les Jésuites à faire une nouvelle demande. Les PP. Gerbillon, de Fontaney et de Visdelou, sollicitèrent une audience et prièrent l'empereur de leur donner un nouveau terrain pour y bâtir une église. K'ang-si accorda la moitié du terrain demandé, et fournit même une partie des matériaux pour la construction qui dura quatre ans. Les lettres écrites par les mis-
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missionnaires de ce temps-là, et un saint vieillard, M. K'o, lazariste chinois, qui a encore vu cette église, nous ont fourni les détails suivants : Une avant-cour, entourée de vérandas décorées d'images peintes, précédait l'édifice : d'un côté on avait construit un bâtiment de 5o pieds pour les catéchumènes ; de l'autre, un semblable pour les assemblées : ce dernier servait de salle de réception; on y voyait les portraits de Louis XIV, de sa famille, des rois d'Espagne et d'Angleterre.
L'église, au fond de cette cour, avait y5 pieds de long sur 33 de large et 3o de haut. Dans l'intérieur, une seule nef; contre les murs 16 demi-colonnes peintes en vert, puis une frise et encore 16 demi-colonnes superposées ; chaque colonne n'avait donc qu'environ 12 pieds de haut. Elles appartenaient à deux ordres différents d'architecture : ionique et corinthien. Les murs étaient recouverts de peintures religieuses et de sentences chinoises ; il y avait de chaque côté six fenêtres en plein-cintre. Le mur du fond, peint en perspective et simulant la continuation de l'église, faisait illusion aux Chinois, peu versés dans cet art. La voûte était peinte également, mais sur un plan uni : on y avait représenté des colonnes, des dômes, des tableaux, comme ceux qui existent encore à l'église de l'Immaculée-Conception ( Nan-fatlg).
DYN. DES Ts'lNG. LA DÉDICACE DU PREMIER PÉ-TANG (iJOj). I Ç> I
Aux yeux des Chinois, ce qu'il y avait de plus honorable pour cette église, ce qui devait la protéger mieux que tout le reste, c'était l'inscription suivante donnée par l'empereur et gravée sur une plaque de marbre au fronton de l'édifice : Temple
DU SEIGNKUR DU CIEL, BATI PAR ORDRE DE l' EMPEREUR. « Tclie-kit'll T'ieil-tc/lOU-t'ailg ».
Cette inscription que le P. K'o a vue, resta comme une sauvegarde jusqu'à la démolition de l'église, et fut emportée au trésor du palais, enveloppée de soie jaune en 1827.
Avec cette inscription, K'ang-si en avait encore donné trois autres, mais purement honorifiques. Sur celle du milieu appelée Pieu, on lisait : « Au vrai principe de toutes choses. » Celles de droite et de gauche appelées Toui-tse, parce qu'elles se correspondent, signifiaient: « Il est infiniment bon, infiniment juste, il éclaire, il soutient, il règle tout avec une suprême autorité et une souveraine justice. » — « Il n'a point eu de commencement, il n'aura point de fin ; il a produit toutes choses dès le commencement ; c'est lui qui gouverne tout et qui est le véritable Seigneur de tout. »
La dédicace de cette église, consacrée au Sauveur des hommes, à Jésus-Christ mourant sur la croix, fut faite avec la plus grande solennité le 9 décembre 1703.
Derrière le maître-autel, on avait construit une tour un peu plus élevée que le toit, elle servait de bibliothèque et d'observatoire astronomique ; sur les côtés, se voyaient plusieurs petites chapelles et la sacristie. Enfin, vers l'est était la résidence des missionnaires, bâtie à la mode chinoise. Près d'un jardin assez grand, situé au sud de l'établissement, on éleva un bâtiment pour les chrétiennes, qui ne pouvaient alors entrer dans l'église; ce jardin touchait au mur du palais impérial.
Statut de Confucius.
AYANT de parler de la question des Rites, voyons d'abord en quoi ils consistent : Le culte des ancètrks. — ■ On honore les ancêtres d'un culte spécial, en public et en particulier ; ils ont des temples et des chapelles, où sont placées des tablettes de bois peint, et de gros caractères dorés qui signifient: siège de l'esprit de... (le nom du défunt). Ces tablettes sont mises sur des autels, et à certains jours fixes, surtout au printemps et à l'automne, on y célèbre le rite. Le chef de la famille
se prépare plusieurs jours d'avance ; la veille, on éprouve les victimes : porcs, chèvres et autres, en leur versant du vin dans l'oreille, il faut qu'elles remuent la tète pour être déclarées bonnes. Le matin suivant, tout le inonde se réunit, on fait les prostrations à la tablette, on immole les victimes, on offre du vin avec le sang et le poil des animaux, on offre également des fruits, des étoffes, des lingots en papier d'or et d'argent que l'on brûle devant la porte.
Le culte de Confucius. — Dans chaque ville, Confitcius a son temple, son autel, sa statue ou sa tablette sur laquelle on lit : Siège de l'esprit du très excellent maître Confitcius. Aux équinoxes du printemps et de l'automne, se célèbre la cérémonie officielle, le mandarin préside l'office, aidé par les lettrés. La veille, tout est préparé comme pour le culte des ancêtres ; le jour suivant on allume les cierges, on brûle l'encens, on offre le sang et le poil des animaux immolés, on fait la procession à la tablette, puis les prostrations et on crie : L'esprit de Confucius descend ; alors le mandarin verse du vin sur l'image d'un homme en paille, retire la tablette de sa niche et la dépose sur l'autel ; ensuite on fait l'adoration et on brûle une étoffe de soie en oblation, avec le vin ; enfin on offre la chair des victimes en récitant une prière à Confucius ; tout ce qui reste est distribué aux assistants.
Le mot Chang-ti ( Roi suprême I et le mot T'ien ( Ciel I peuvent-ils être employés pour désigner le vrai Dieu ? Les honneurs rendus aux ancêtres, à Confucius et au Ciel sont-ils superstitieux ? Telle était la question.
Parmi les Jésuites, il s'était formé deux écoles : celle du P. Ricci, que les interprétations qu'il crut pouvoir donner aux usages chinois déterminèrent à la tolérance ; celle du P. Longobardi, qui, voyant un véritable culte dans les hommages rendus à K'oung-fou-tse (Confucius), une superstition dans les cérémonies en l'honneur des ancêtres morts, et l'idée, non du Seigneur du cieh
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