‹ PékingChapitre 91 sur 224 · S CAROLUS PARIS · texte numérisé non relu

S CAROLUS PARIS

§ GALLUS

<i) Fr COADJ. CONGR. MISSIONIS

i) PEKINI

HOROLOG. OPIFEX 3 IN PALAT. IMPERAT.

$ VIXIT IN CONGR. ANN. XXII ft IN MISSI. SINENSI ANNO XXI \ PIE OBIIT PEKINI DIE VI SEPT.

ANNO DOMINI MDCCCIV

$ £TATIS LXVI.

/V////y;/////////7/y//,,)n\V^\\VA\\v\\\\\\\y K'ien-loung occupait depuis longtemps le trône I — =^ - ,' impérial, et on avait remarqué qu'à mesure qu'il

stèle du frère Paris, lazariste. avançait en âge, il devenait plus exact à s'acquitter

des devoirs du souverain. Quand les infirmités qui commençaient à l'assiéger l'obligeaient à relâcher quelque chose de son exactitude, il s'en justifiait par des déclarations publiques. Il était aussi de plus en plus appliqué aux affaires de l'Etat ; et à l 'âge de quatre-vingts ans, il se levait au milieu de la nuit, dans la saison la plus rigoureuse,

DYN. DES Ts'lNG. ABDICATION DE KIEN-LOUNG (1796).

Missale romanum de Mgr de Gouvéa.

' Olisipone anno MDGCLXXXIV. ( pé-t'ang. i

pour donner ses audiences ou travailler avec ses ministres. Les missionnaires et les ambassadeurs étrangers qui ont eu quelquefois de ces audiences matinales, ne concevaient pas comment un prince âgé et infirme pouvait en soutenir la fatigue ; mais les exercices tartares et la chasse l'y avaient endurci. Son plus grand désir avait toujours été d'égaler, par la durée de son règne, son illustre aïeul K'ang-si, qui avait occupé le trône pendant soixante années. Ses vœux furent satisfaits ; et il se montra fidèle à un serment qu'il avait fait, d'abdiquer la couronne s'il parvenait à ce terme. C'est ce qu'il exécuta le premier jour de l'année 1796, en remettant, par une déclaration qui fut rendue publique, les sceaux de l'empire à son fils, lequel a donné à son règne le nom de Kia-k'ing ou suprême félicité.

K'ien-loung est certainement un des empereurs les plus illustres de l'histoire chinoise. Il était doué d'un caractère ferme, d'un esprit pénétrant, d'une rare activité, mais peut-être d'un génie moins élevé et de moins de grandeur d'âme que son aïeul. Il aimait et admirait les missionnaires à la façon de K'angsi, utilisant volontiers

PKKING.

leurs talents, sans se préoccuper de leur doctrine, sans même trop- s'inquiéter de leur propagande religieuse. Il les laissait faire et les couvrait avec bonté de sa protection, tant que les accusations n'étaient pas trop pressantes et que les tribunaux suprêmes de Péking ne poussaient pas les hauts cris. Ainsi, durant son long règne, il sut entretenir les missionnaires dans de perpétuelles illusions, dans des espérances qui ne se réalisèrent jamais. K'ien-hung n'aimait sérieusement des Européens que les talents littéraires et artistiques pour lesquels il avait lui-même des dispositions remarquables.

Quoique les missionnaires et les chrétiens de la Chine aient eu beaucoup à se plaindre de l'empereur K'ien-loung, sa mort dut cependant leur causer de grands regrets ; car son successeur, qui était ouvertement hostile au christianisme, allait le poursuivre sans relâche et déchaîner contre lui les plus violentes persécutions.

K'ien-loiiiig, quoiqu'il eut abandonné les rênes de l'Etat à l'empereur son fils, ne laissa pas de recevoir les ambassadeurs des Mongols et des autres Etats étrangers. On se préparait à célébrer les fêtes de la nouvelle année 1799. lorsqu'il mourut âgé de quatre-vingt-sept ans (hlc 1.

On fit à l'empereur les plus pompeuses funérailles et son cercueil fut transporté à la sépulture de l'est ( Toung-ling \.

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I. L'empereur kia-k'ing. persécution générale, destruction du si-t"ang. m-' pires.

DESTRUCTION DU TOUNG-T ANC. MARTYRE DE M. CLKT. RÉVOLTES. MORT DK KIA-KING. —

II. L'empereur tao-kouang. destruction dl pé-t'ang. Mar moit.v. mort de

M5r PIRES. CONFISCATION Dl NAN-TANG. J. -GABRIEL PKRBOYRE. GUERRE DK l.'oPH'M, TRAITÉ LAGRENÉE. MORT DE TAO-KOUANG.

persécuta plus violemment la religion chrétienne que l'empereur Kia-k'ing. Dès le commencement de son règne, en iSo5. il rendit un édit défendant, sous peine de mort, aux missionnaires de rester en Chine. Il y eut de nombreux martyrs ; un des plus célèbres tut l'évêque de Tabraca. vicaire apostolique du Sse-tch'ouan, Mgr Dufresse, qui eut la tète tranchée.

Quelques années plus tardi i S 1 1 |, sans annuler le premier édit. Kia-k'ing en fit paraître un second qui permettait à M .M. Ribeiro. Serra et Pires. lazaristes portugais, de rester à Péking comme président et membres du tribunal des mathématiques; quant aux autres. « ils ne devaient plus sortir de chez eux. sous peine d'expulsion ». Les quatre missionnaires de la Propagande, qui demeuraient au Si-t'ang, repartirent alors pour l'Europe, et leur église fut démolie par les mandarins. Pour comble de

rEKING.

malheur. M. Ghislain. miné par les soucis de sa lourde charge, par ses infirmités et son grand âge, mourut à Tcheng-fou-sse | cimetière français), en 1812, le 12 août à 10 heures du matin, assisté par M. Lamiot et entouré des élèves du séminaire; c'était un homme d'une grande science et d'une grande piété.

M. Pires, nommé évèque de Xan-king, sacré par Mgr de Gouvéa, ne put quitter la capitale. A la mort de l'évêque de Péking, il fut administrateur du diocèse, et la cathédrale du Xan-t'ang passa aux lazaristes portugais, qui avaient dû quitter le Toung-t'ang.

(les missionnaires, en effet, voyant la persécution devenir chaque jour plus sévère, voulurent mettre en sûreté leurs livres les plus précieux, et comme ils y travaillaient la nuit, ils mirent le feu à la bibliothèque. Au lieu de les aider à reconstruire leur résidence. 1 empereur les envoya au yian-t'ang, confisqua leur maison et démolit l'église restée intacte. En creusant les fondations de celle qui devait la remplacer, vers 1884, nous avons retrouvé des soubassements de colonnes, des frises, des corniches et les deux colonnes de marbre rouge qui décoraient la porte principale : aucune pierre ne portait trace d'incendie. Le travail en était remarquable, et cette église Saint-Joseph du Toung-t'ang passait, à bon droit, pour la plus belle de Péking. L'établissement fut complètement anéanti, et lorsqu'on 1860 on rendit le terrain aux missionnaires lazaristes, il ne restait plus qu'une simple porte. Deux églises avaient ainsi disparu ; deux restaient encore : le Nan-t'ang et le Fé-t'ang.

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DYN. DES Ts'lNG. KIA-KING. MM. CLET ET I.AMIOT ( l820;.

PERSECUTION. 2 j j

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