‹ Péking, histoire et descriptionChapitre 1 sur 239 · AU LECTEUR · texte numérisé non relu

AU LECTEUR

Y intérêt toujours 1res vif s'attache à l'étude des grandes cites, dans lesquelles s'affirme le caractère d'une nation. Comme la chronique écrite, leurs annales île pierre racontent la vie d'aujourd'hui,la vie d'autrefois, le génie propre de la race, ses passions, ses préjugés, ses qualités et ses défauts, enfin sa personnalité reconnaissable encore sous la poussière et les débris des siècles. Il semble même qu'eu leur suprême décadence, les vieilles villes aient conservé intact ce pouvoir évocateur, que l'image des générations évanouies nous apparaisse plus distincte dans le silence des ruines.

Thèbes, Ninive, Baby/one, Rome et Athènes sont fouillées sans relâche. Le chercheur s'efforce de leur arracher quelques lambeaux de leur histoire, quelque traie ile leur vie physique et morale. lit cependant , les États dont elles furent les capitales n'eurent qu'une éphémère durée, si nous les comparons à F Empire Chinois. Vivantes ou mortes, les villes illustres ont toujours leur beauté, leur attrait ; ou veut savoir comment elles sont nées, quel fut leur berceau, par quelles mutations elles ont

PEKING

passe, pourquoi elles s élevèrent au rang de capitales. Péking, à la fois ruine vénérable et cité bruyante, avec sa population bien diminuée, niais que l'on peut néanmoins évaluer à 500,000 âmes, ses poules bariolées et sordides, ses caravanes, ses cortèges de fête on de deuil évoluant dans des avenues spacieuses mais trouées de cloaques, avec son mélange d architectures polychromes et de décombres poudreux, de falbalas et de haillons, est un sujet d'étude également séduisant pour ^archéologue, l'historien, F artiste et le voyageur.

En résumant, dans ce volume, eu même temps que nos impressions personnelles résultant d'un séjour de trente-cinq années, les remarquables travaux de nos devanciers, notre intention a été de décrire Fékiug, non point seulement tel qu'il fut, mais tel qu'il se montre èi nous, majestueux encore dans sa décrépitude. Toutefois, avant de conduire le lecteur à travers cette ville si différente des nôtres, si lointaine, si imparfaitement connue, nous avons cru nécessaire de remonter aux origines mêmes dit peuple qui l'a fondée, et de repasser rapidement sou histoire. Après avoir raconté les événements qui s'y déroulent depuis plus de vingt siècles, nous étudions plus utilement ses progrès et sa décadence, ses arts et ses industries, ses /meurs et ses monuments.

Nous exposons donc à grands traits la période des Temps Fabuleux et des premières Dynasties, les croyances diverses où se complaît, avec un parfait éclectisme, le moins mystique et le plus indifférent des peuples : le Taoïsme, le Bouddhisme sous ses différentes formes ; la doctrine asses vide de Coufucius et de ses disciples, laquelle pourtant, eu exaltant le principe d'autorité dans la famille et dans l'Etat, fait encore tenir debout la vieille Chine.

Nous examinons f Europe entrant eu rapport avec ces populations étranges, gardiennes obstinées des coutumes et des institutions léguées par les aïeux, immobilisées dans la contemplation béate du passé, gouvernées par les morts ; les Franciscains venant eu qualité d'ambassadeurs et de missionnaires èi la cour des Gengiskanides ; Jean de Montcorvin et ses successeurs édifiant èi Péking des églises et convertissant à la vraie

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