FAÇADE PRINCIPALE DU PALAIS EUROPÉEN AU VUEN-.MIXG-YUEN
remplacé le couvre-nuque blanc par des turbans en soie rouge pour les grenadiers, jaune pour les voltigeurs, bleue, verte ou rose pour le centre. Puis, sur le sac, des ballots énormes.
» Le lendemain arrive en voiture le pauvre M. d'Escayrac, dans quel état, grand Dieu ! les mains paralysées, des plaies saignantes aux poignets, quelques haillons sur le dos. On avait jeté de l'eau sur les cordes qui le liaient, et mis des tourniquets ! D'autres prisonniers arrivèrent; un Français nommé Petit, grièvement blessé et demifou, était avec eux. M. Parkes et M. Lock, rendus à la liberté avec M. d'Escayrac, n'avaient pas souffert.
» Enfin, on rendit six Français sur treize ! Les autres étaient morts. Six cadavres furent aussi rendus. On reconnut aux bandes du pantalon le colonel Grandchamps, le malheureux M. Dubut, un chasseur à pied, le brave Ozouf, un trainglot et un soldat d'administration. — Qu'était devenu M. Duluc, des Missions-Etrangères ? Des chrétiens chinois affirmèrent que, le 21 septembre, le général Chen-pao avait fait couper la tête à deux Européens, près de Pa -li-k'ioo. Leurs corps ne purent être renvoyés ; ils avaient été dévorés par les chiens ! Les Anglais eurent également leurs morts, moins un nommé Trahison. La moitié des individus qu'on leur avait
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pris avaient été massacrés. Il y eut des détails atroces. On les garda quatre jours, les quatre membres amarrés ensemble, sans leur donner même à boire. Un attaché d'ambassade anglais, M. de Norman, a vécu 17 jours ; tous ses doigts sont tombés l'un après l'autre rongés par la gangrène. Les vers de ces blessures étaient entrés dans son corps et le dévoraient vif! Le pauvre M. Ader avait des vers dans le nez et les oreilles quand il est mort. Quant aux autres, Dieu seul sait ce qu'ils ont
souffert ! » (lucy.)
« De toutes les splendeurs, il ne restera bientôt plus que des ruines, car lord Elgin et le général Grant viennent de faire incendier ce fameux palais impérial, pour tirer vengeance des cruautés infligées aux prisonniers européens. A cet égard, je crois pouvoir dire que le général en chef du corps anglais, sous l'influence de lord Elgin, pressa de tout son pouvoir le géné- ^ rai de Montauban pour le décider à envoyer des soldats j français chargés d'aider les soldats anglais à incendier le palais. A cette communication par écrit, notre général en chef répondit qu'il ne retournerait pas au Yiien-mingynen,&i qu'il considérait le fait d'incendier le palais comme une représaille inutile.
» Lord Elgin persista dans son projet. L'ambassadeur d'Angleterre a donné à son gouvernement des explications pour justifier ce fait ; mais il importe de dire ici que les troupes françaises n'ont coopéré en rien à cet immense incendie, et que si la grande bibliothèque du Yitcn-ming-yueti, si riche en collections diverses, et dont on peut avoir une idée en consultant le catalogue déposé à la bibliothèque impériale de Paris, a été brûlée, l'armée française et son chef avaient protesté d'avance contre cet acte dont lord Elgin a assumé sur lui toute la responsabilité. » (de mutrecy.)
« Du reste, au dire des Chinois, deux ou trois palais seulement furent incendiés par l'armée anglaise, et les onze ou douze autres par des bandes de pillards qui profitèrent de la bonne occasion pour tout ravager.
)) Vous l'aurez appris par les journaux et, sans aucun doute, on aura fait suivre ce récit de commentaires plus ou moins flatteurs pour nous. Mais c'était le seul moyen