VASE K'IEN-LOUNG 1U.ANC ET OR (PALAIS D'ÉTÉ
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de frapper l'esprit des mandarins et surtout la cour. Piller et brûler Péking n'était rien en comparaison. Qu'importait en effet à celui qui est tellement au-dessus de tous, que nul ne peut lever les yeux sur lui ? Tandis qu'au Yuen-ming-yuen, c'était directement l'empereur que nous frappions. Nous ne faisions du mal qu'à un homme, et nous laissions derrière nous un souvenir éternel de notre vengeance et un sentiment de terreur chez les grands, qui pourra assurer notre tranquillité dans l'avenir. Si dans quelques jours (le 25 probablement) nous allons conclure la paix, nous la devrons en grande partie à cet acte d'énergie, d'au- j^~ tant plus frappant que les petits ont été protégés par les plus sévères punitions. » (lucy.)
Le 9 octobre, les alliés abandonnèrent le Yuen-ming-yuen et vinrent camper sous les murs de Péking, en dehors de la porte Ngan-ting. Le colonel de Bentzmann reçut l'ordre d'établir une batterie à 75 mètres de la place ; le chef d'escadron d'artillerie Schenegaens mesura la distance à erandes enjambéeset alla reconnaître les murailles, sur lesquelles on avait préparé des amas de chaux pour jeter aux yeux des assaillants. Evidemment Péking ne pouvait ni ne voulait se défendre.
L'empereur Sienfoung, retiré, comme nous l'avons dit, à Je-hol avait laissé le soin de traiter avec
k'ien-loung
fond blanc
grenades
polychromes
en relief (PALAIS d:été).
PEKING
les Barbares à son frère le prince Koiuig, nommé aussi sixième prince, parce qu'il
était le 6e fils de Tao-kouang.
Agé de 25 ans seulement, il était plein d'in tell igenceet d'amabilité, mais saisi d'une crainte bien naturelle en pensant à la lourde charge qui lui incombait. Les alliés brûleraient-ils Péking et le palais impérial, comme ils avaient fait du Yuen-ming-yuen ? N'imposeraient-ils pas des conditions inacceptables ? Et lui, quoique prince du sang, ne se verrait-il pas plus tard désapprouvé, condamné et exécuté peut-être pour avoir livré la capitale ? Aussi, lorsque, le 13 octobre, il reçut l'ultimatum qui exigeait l'ouverture des portes à midi sous peine de bombardement, hésita-t-il encore jusqu'à la dernière minute. Il fallait cependant se décider, car le massacre des Européens et la vue des plaies des survivants avaient exaspéré les alliés. Enfin, le 15 octobre à il h. 1 '2, la porte Ngan-ting fut ouverte, selon qu'il avait été convenu ; 200 Français et 200 Anglais devaient en même temps occuper la droite et la gauche des murailles, et y déployer à la mêmeminutele drapeau national.
Les Anglais étant montés sans attendre leurs alliés, le colonel Schmitz avec le 101e de ligne s'avança à plus d'un kilomètre dans la ville et, après cette manifestation, monta aussi sur les remparts. Une altercation très vive s'éleva entre lui et le général Napier, qui s'excusa de son mieux ; tout rentra dans l'ordre.
Malgré les dangers qu'il pouvait y avoir pour un Européen à traverser les districts occupés par l'armée chinoise et tartare, Mgr Mouly, vicaire apostolique de ; commencement des hostilités ; le
VASE K'IEN-LOUNG FOND ROSE, ARABESnUKS ET FLEURS POLYCHROMES (PALAIS D'ÉTÉ).
Péking, s'était
approché de la capitale dès 1
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prince Koutig, régent de l'empire, qui n'ignorait pas sa présence, lit chercher l'évêque, pour servir d'intermédiaire entre lui et les alliés, par un nommé Tchang, mandarin de irc classe à bouton rouge ; l'évêque partit aussitôt pour Péktng, accompagné de son coadjuteur Mgr Arnouilh. Ils arrivèrent au camp des alliés le 23 octobre, après la suspension d'armes et
l'ouverture des portes de la ville.
M. Campenon, alors chef d'escadron d'étatmajor, en compagnie de l'abbéTrégaro, aumônier en chef, avait déjà visité l'anciennecathédrale catholique fermée depuis plus de 30 ans. Plus de fenêtres, plus d'autel, plus de tableaux ; une ouverture considérable dans la voûte au-dessus du chœur, la croix disparue, tel était le triste état de l'église. Mais enfin c'était encore une église et on résolut d'en faire la réouverture par une cérémonie funèbre en faveur des victimes, suivie d'un Te Deum solennel en l'honneur de l'armée française et de l'empereur Napoléon ; la cérémonie fut fixée au 2Soctobre,afin de laisser le temps de faire les réparations les plus urgentes.
Quelle joie pour Mgr Mouly de retrouver encore cette vieille cathédrale, et de rentrer dans la capitale de la Chine au milieu de ses chrétiens ! Ces braves gens du reste n'étaient pas moins heureux, et prêtèrent leur aide à nos soldats afin de tout préparer pour la cérémonie. Pendant ce temps eut lieu la signature des traités par les plénipotentiaires.
Le 24, lord Elgin, ambassadeur d'Angleterre, signa le traité anglais avec le prince Koung ; le lendemain 25, à onze heures, le cortège se mettait en marche du quartier général français pour se rendre au Ya-men des Rites, situé très loin dans la
VASE KTEN-LOUNG FOND BLANC, DESSIN REPRÉSENTANT UNE VUE DU PALAIS D'ÉTÉ.
PEKING
nia
ville de Péking. — Après une heure et demie de marche dans l'intérieur de la ville tartare nous arrivons devant un vaste édifice d'assez triste apparence, c'est le J amen des Rites, lieu désigné pour l'entrevue des grands dignitaires français et chinois, où le prince Koung attendait les représentants de la France, entouré d'un grand nombre de mandarins civils et militaires. Le prince Koung s'est montre dune aménité fort gracieuse pour le baron Gros et le général de Montauban à qui, tour a tour il s'est empressé de tendre la main. Après l'échange des salutations d usage, le baron Gros, le général de Montauban, suivis du personnel de l'ambassade et des officiers généraux et supérieurs du corps expéditionnaire, entrèrent dans une vaste cour tendue de riches tapisseries, puis dans un grand vestibule dans lequel étaient «rroupés deux ou trois cents mandarins à globules de toutes les couleurs, enfin dans fa salle des cérémonies, où le prince Koung les conduisit au siège qu'ils devaient occuper. En face de l'entrée se trouvaient deux tables ; celle de droite était occupée par le prince Houng assisté de Kang-ki, gouverneur de Péking ; celle de gauche,
le côté d'honneur en ce pays, était occupée par le baron Gros, assisté du général de Montauban.
Devant la table de notre ambassadeur
^MMiUl^ffll]^»^ étaient assis le général
Jamin, le général Collineau.lecolonelSchmitz, et tous les officiers supérieurs chefs de service ; derrière se tenaient tous les officiers du corps expéditionnaire.
L'abbé Delamarre, mis à la disposition de notre ambassadeur, remplissait les fonctions d'interprète. L'échange des pouvoirs, leur vérification, la lecture et la signature du traité ont duré une heure environ ; au moment de la signature, une salve de vingt et un coups de canon annonçait au peuple chinois que la paix était conclue.
Après l'échange des traités (le nôtre sur très beau parchemin, celui des Chinois sur des plaques d'or), le baron Gros a offert au prince Koung plusieurs pièces d'or à l'effigie de l'empereur Napoléon et une collection de très belles photographies représentant S. M. Napoléon et la famille impériale. Ces petits présents ont paru très agréables au prince Koung, autour duquel sont venus immédiatement se grouper en curieux tous les mandarins présents à la cérémonie.
Après les saluts d'usage on se sépara, et nous reprimes la route de notre camp au milieu de la population compacte qui nous avait accueillis à notre arrivée. Seul, notre ambassadeur, M. le baron Gros, resta à Péking dans un Ya-men mis à sa disposition par le prince Koung, et scus la garde d'honneur d'un bataillon du 101e régiment de ligne.
Le 27 au matin, le général en chef alla visiter lui-même l'ancienne cathédrale; le génie sous la direction de ses officiers s'était surpassé ; toute l'église était décorée
Nl'.AN-TING-MEN (PORTE DE LA PAIX).
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de tentures noires et de drapeaux français en soie, l'autel reconstruit, le pavé recouvert de feutre ; un immense catafalque s'élevait au milieu de la nef; bref, rien ne manquait pour la cérémonie du lendemain. Le 28, le général, avec tout son état-major
eveques, accompagnée ^v. o..v [Jiv,m,3 mui^ua, mciu icu cuncc bi brèrent la Messe, pendant laquelle la musique joua des airs funèbres et religieux ; le vent soufflait et une petite pluie glacée tombait par la vaste ouverture du toit ; néanmoins chacun était heureux et content, car l'ancienne croix avait été retrouvée et replacée tant bien que mal au faîte de l'édifice par les soldats du génie. Les ambassades française, anglaise et russe assistaient à l'office, après lequel le cortège se forma ; c'est ce jour-là même, 28, que Mgr Mouly fut reçu par le prince