LA CAMPAGNE DE CHINE
PEKING
d'honneur en Algérie, il devint officier en 1S53 et fut nommé lieutenant-colonel en 1S57. En 1860, il partit pour la Chine avec le grade de colonel et se distingua par la plus grande bravoure. Fait prisonnier le 10 septembre dans le guet-apens de T oung-tcheou, ce brillant officier périt accablé par le nombre ; il venait d'être nommé commandeur de la Lésion d'honneur.
Victor- Laurent Dubut, né à Paris le 3 septembre 1S15, sortit de l'Ecole polytechnique en î 853 avec le grade de sous-lieutenant. Lieutenant en 1841, sa belle conduite en Algérie lui valut la décoration de la Légion d'honneur; pendant la guerre d'Orient, il reçut la croix d'officier. Il succomba le 19 septembre en résistant aux Tartares qui voulaient s'emparer de lui.
[eau Picrrc-Prospcr Ader, né à Neyrac (Lot-et-Garonne) le 16 janvier 1814, élève du Val-de- Grâce, fut nommé adjudant de i'e classe en 1841 et passa dix années
en Algérie. Il se distingua par sa belle conduite devant l'ennemi, fut nommé officier comptable de ire classe en 1853, et chevalier de la Légion d'honneur. Attaché à l'expédition de Chine, il succomba le 24 septembre aux infâmes traitements dont il fut l'objet lors de la trahison de T'onngtekeou.
Le clergé, composé de l'abbé Trégaro, l'abbé de Serres, l'abbé Delamarre, l'abbé Mahé et six prêtres chinois, suivait le catafalque ; les généraux, les ambassadeurs portant 1 echarpe de deuil, les officiers tant anglais que français, enfin les brigades Jamin et Collineau accompagnèrent le convoi jusqu'au cimetière, au son des tambours voilés alternant avec la musique du régiment, Arrivé à Cha-la enl< plusieurs voix éloquentes se firent entendre et, les honneurs militaires une fois rendus, les cercueils furent déposés dans une fosse préparée d'avance ; quelques mois après, on construisit un caveau au cimetière français de Tcheug-fou-sse, où les six cercueils furent transportés ; on éleva en leur honneur un monument sur lequel furent gravés les noms des victimes de la guerre en 1S60.
Une autre cérémonie devait avoir lieu le lendemain 29 octobre ; pas plus que la veille, personne ne voulut manquer au rendez-vous. Le service solennel célébré, MgrMouly fit un discours de circonstance pendant lequel des larmes de joie coulaient des yeux de ce vieil évêque ; il remercia Dieu, l'empereur, la France et l'armée, et enfin, au milieu de l'émotion générale, il entonna le Te Deuw, qui fut suivi des prières pour l'empereur. La croix dominait de nouveau l'édifice, le culte public était rétabli dans la ville de Péking, tous les établissements religieux avaient été restitués; une fois de plus, on pouvait dire à bon droit : Gesta Dei per Francos. Le traité franco-chinois contenait la disposition suivante :