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MEDAILLE DE LA CAMPAGNE EN CHINE

DYNASTIE DES TS'ING. 227

Art. i 3. « La religion chrétienne ayant pour objet essentiel de porter les hommes à la vertu, les membres de toutes les communions chrétiennes jouiront d'une entière sécurité pour leurs personnes, leurs propriétés et le libre exercice de leurs pratiqui s religieuses, et une protection efficace sera donnée aux missionnaires qui se rendent pacifiquement dans l'intérieur du pays, munis des passe-ports réguliers dont il est parlé dans l'article 8. Aucune entrave ne sera apportée par les autorités de l'empire chinois au droit qui est reconnu à tout individu en Chine d'embrasser, s'il le veut, le christianisme, et d'en suivre les pratiques sans être passible d'aucune peine infligée pource fait. » Il avait été stipulé, en outre, que les anciennes églises, établissements ou cimetières seraient rendus aux missions ; Mgr M oui y en prit possession sans difficulté. Dans l'article concernant la religion, rien n'autorisait les missionnaires à acheter des propriétés en dehors des ports ouverts, et par conséquent à s'établir dans l'intérieur de la Chine ; l'abbé Delamarre, travaillant à la rédaction du texte chinois du traité, y introduisit une clause qui donnait ce droit aux missions. Malheureusement, elle ne se trouvait pas dans le texte français, qui seul devait faire foi. Aussi, peu d'années après, les Chinois protestèrent-ils : ce qui donna lieu à une convention spéciale qui permettait d'acheter dans l'intérieur, mais seulement au nom et pour l'usage de la communauté chrétienne.

Le 5 novembre, l'empereur Sien-foung approuvait définitivement les traités et mourait peu après, laissant l'empire à son fils T'oung-tche ; mais on cacha sa mort, qui ne fut annoncée que l'année suivante, si bien que l'année 1861 appartient encore au règne de cet empereur.

L'expédition anglo-française dut précipiter son embarquement, car les glaces ferment l'entrée du Pt'-ho de décembre en mars. On laissa cependant quelques troupes pour occuper les forts de Ta-kou ; les Français gardèrent ceux du sud et les Anglais ceux du nord, qui ne furent évacués définitivement qu'après l'entier paiement des indemnités de guerre ; celle de la France s'élevait à 50 millions, y compris les paiements à faire aux familles des victimes du guet-apens de T oung-tcheou. Aurait-on mieux fait de s'établir définitivement dans les forts ou du moins d'en prolonger l'occupation pendant plusieurs années ? c'est possible, mais on ne connaissait point alors les Chinois comme on les connaît aujourd'hui.

Chacun tira le meilleur profit possible de l'expédition :

La France eut la gloire des armes, vengea le meurtre d'un de ses enfants, M. Chapdelaine ; on vit quelques milliers de ses soldats pénétrer au cœur d'un empire de 400 millions d'âmes, en vaincre les armées, en prendre la capitale.

L'Angleterre obtint les plus sérieux avantages pour son commerce, et les négociants firent de rapides fortunes dans les ports ouverts.

La Russie rectifia ses frontières de Mantchourie, qui suivirent désormais le fleuve Amour jusqu'au confluent de l'Ousouri ; la ville d'Ourga et même celle de Kachgar furent ouvertes à ses produits ; enfin le service des postes entre la Russie et la Chine fut définitivement organisé.

La religion retrouva sa liberté et en profita pour relever les ruines de ses temples détruits pendant les persécutions. Mgr Mouly, laissant son coadjuteur et ses missionnaires réparer provisoirement les églises et les sépultures de Péking, partit pour l'Europe, où il arriva en juin 1861.

La guerre de 1860 fut une dure leçon pour la Chine ; malheureusement la Chine oublie vite les leçons !

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