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apporte leur concours, comme le
que Li-houngtchang examine avec soin et présente un rapport pour demander des récompenses. Que le ministère des affaires étrangères soit averti et observe ceci ! »
Toutes les pièces concernant l'affaire, les actes de propriétés et les procès-verbaux de mesurage furent livrés par l'entremise du représentant de la France à Mgr Tagliabue, vicaire apostolique de Péking. Le terrain concédé mesure 350 mètres du nord au sud et 220 mètres de l'est à l'ouest non compris le terrain jadis occupé par la pagode et qui mesure 17 mètres de large sur 25 de long. Le 30 mai 1887, on bénit la première pierre ; l'assemblée était nombreuse et la cérémonie fut brillante. Avec M. Constans et tout le personnel de sa Légation, on y remarquait des ministres européens et les membres du Tsoung-li ya-iucn,(\u\ avaient gracieusement accepté l'invitation. L'église était placée solennellement sous le vocable du St-Sauveur, ancien titre de la première.
256 PEKING
Cependant, le gouvernement chinois était fort embarrassé ; pressé d'un côté par l'empereur qui voulait prendre en mains le pouvoir, et par l'impératrice-mère qui désirait au plus vite habiter ses nouveaux palais, il était retenu d'un autre côté par le délai de deux ans accordé aux missionnaires. On pria plusieurs fois d'activer les travaux, et M. Constans finit par promettre que l'ancien Pé-t' ang serait évacué en février 1888; il obtint par contre de grands avantages, ainsi qu'une indemnité pécuniaire bien justifiée du reste, car cette précipitation exigeait des dépenses nouvelles. La construction fut activée, et souvent même les travaux furent continués de nuit par plus de 1400 ouvriers. Le gouvernement de Péking facilita la construction en donnant des passes gratuites pour les douanes de la capitale, comme Li houngtckang l'avait fait pour celles de Tien-tsin.
La date fixée au mois de février 1888 ne satisfaisait pas complètement les Chinois; sollicité de nouveau par eux, et décidé à tout pour plaire au gouvernement impérial, M. Constans demanda aux missionnaires de presser encore les travaux, et plus de 600 chambres furent terminées en 240 journées ; au mois de décembre 1887, on put livrer aux membres du Tsoung-li ya-men les clefs de l'ancien Pé-t' ang. La nouvelle cathédrale ne fut terminée que dix mois plus tard, et on procéda à la cérémonie de la bénédiction solennelle. Voici quelques passages de la relation qui en fut faite par le Chinese Tunes, journal anglais de Tien-tsin, dans son numéro du 15 décembre 1888 :
« Dimanche, 9 décembre à 10 heures du matin, a eu lieu la consécration de la nouvelle cathédrale du Pé t'ang,\a. plus grande église de Chine ; presque tous les résidents étrangers, plusieurs grands personnages du Yamen et un nombre considérable de Chinois sympathiques étaient présents à cette cérémonie. Avant de raconter la consécration, donnons quelques détails sur ce nouvel édifice. A l'intérieur, la cathédrale mesure en longueur totale 84 mètres, la largeur du transept est de i2> mètres, celle de la nef de 20 mètres et la hauteur de 22 mètres sous clef de voûte. Le nouvel emplacement est d'un tiers plus grand que l'ancien et d'un seul tenant. La cathédrale est située à une centaine de mètres de la rue ; on y arrive par une avenue spacieuse, après avoir franchi trois grandes grilles et portes de fer construites à Paris et séparées l'une de l'autre par un large espace de terrain. Le portail repose sur une terrasse de granit gris haute d'environ im6o et décorée d'une balustrade massive en marbre blanc ; on y monte par un escalier de granit qui conduit à la porte principale de la basilique. Le premier objet qui fixe l'attention, est un très beau relief de marbre blanc sculpté avec un fini et un art remarquables ; c'est un morceau de 4"' de long sur im6o de large, qui représente le Bon Pasteur et ses brebis. Les murs de l'église et les piliers reposent sur de larges couches d'un béton fait de sable et de chaux ; on a obtenu ainsi une fondation très solide et essentiellement monolithique. Sur cette fondation, un lit de granit haut de 1'" règne sans discontinuer sur le pourtour de l'édifice ; plus haut vient un lit de solide maçonnerie faite de cette pierre calcaire dure et résistante que l'on trouve à Péking, et au-dessus s'élèvent d'épaisses murailles faites de briques. Les briques sortent de la tuilerie impériale ; chacune pèse 25 kilos et porte le cachet de l'empereur. Intérieurement, la cathédrale est de style gothique du X 1 Ve siècle. On compte dans l'église 36 piliers ; chacun d'eux repose sur un socle de marbre blanc, et a pour couronne un chapiteau de feuillage sculpté ; ces piliers ont 49 pieds de haut, soit 16 mètres 30, car, aux termes de la convention passée avec les commissaires de la cour impériale, on ne devait pas dépasser 50 pieds. Il faut dire ici en passant que pour cette stipulation comme pour les autres, on a jugé bon de se tenir au-dessous des limites assignées. Chaque pilier se compose
DYNASTIE DES TS'ING
d'une pièce de om6o carrés en thuya, bois plus connu sous le nom de cèdre d'Orégon; quatre baguettes demi rondes de o"1 15 formant colonnettes sont appliquées sur le pilier et supportent les arceaux ; les pièces de bois sont peintes en bleu-marine, les baguettes sont dorées. L'édifice a 12 fenêtres géminées dites (( à lancette » ; chacune a environ 10 mètres de haut ; les vitraux sortent des ateliers de Latteux- Bazin et O de Paris. L'abside et le transept sont éclairés par 12 autres fenêtres ogivales hautes de 5 mètres; ces 12 fenêtres ont des sujets fort bien composés ; on y remarque le Christ dans sa gloire, la Ste Vierge, les douze Apôtres, Sf Joseph, Ste Anne, S1 Joachim, patron de Léon XIII, etc.. Nous devons également donner une mention spéciale à la chapelle du Saint- Sacrement, qui a 1 7m de long et reçoit le jour par 1 1 fenêtres de 5™ de haut, remarquables aussi par des sujets bien dessinés et finement exécutés ; ils représentent Notre-Seigneur, S. Jean et N.-D. des Sept- Douleurs.
» Dans l'église, outre le grand autel situé sous le transept, d'une exécution soignée et fort beau dans ses lignes générales aussi bien que dans son ornementation, on compte neuf autels, tous richement et délicatement sculptés à Péking par des artistes chinois ; ils sont laqués et dorés. On remarque aussi les balustrades sculptées, une chaire à prêcher et un chœur fort riche garni de stalles. Les nouvelles orgues ont été fabriquées par Cavaillé-Coll de Paris ; c'est le plus considérable instrument de ce genre qui existe en Chine ; le buffet, œuvre remarquable, a été sculpté à Péking.
» Une nombreuse assistance prit part à la fête de la consécration. Les ministres de France, d'Allemagne, d'Espagne, du Japon, des Etats-Unis et de Belgique, accompagnés des membres de leurs Légations, la plupart en uniforme, étaient présents à la cérémonie; le ministre d'Angleterre, empêché, s'était fait représenter par son premier secrétaire. La cérémonie consistait en un office avec chant des litanies des Saints et de psaumes, messe basse, Te Deum et bénédiction épiscopale ; la fanfare du séminaire exécuta des morceaux decirconstance. Vers la fin du service, Son Excellence Soun, ministre du i 'amen, envoyé par l'empereur, et un autre personnage
Péking. „