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OBSERVATOIRE

kouang-tien, puis le Young-ho-koung proprement dit et le palais Young you-tien ; vient ensuite le Fa- loung tien et trois pavillons très élevés, nommés Ouang-fouko, enfin plus au nord le Sotti tchen-tien. On peut visiter en détail, moyennant finances, ce superbe monument ; on y voit une statue de Fo qui mesure 23 mètres ; elle est en bois et torchis fort bien décoré. D'innombrables divinités remplissent tous ces beaux pavillons ; c'est la résidence du Houo-Fo ou Bouddha-vivant ; du moins c'est là que des étrangers, deux Français et un Russe, l'ont vu et entretenu pendant plus d'une heure, il y a environ 30 ans. 11 expliqua aux visiteurs qu'ils étaient trois Bouddhas vivants : l'un à Péking, l'autre à Lhassa, le troisième en route, se succédant tous les trois ans ; au-dessus d'eux est le Talc- Lama ou grand pontife, résidant toujours au Thibet. Le Fo vivant était alors un homme d'une quarantaine d'années, à physionomie très énergique et nullement chinoise, aux yeux noirs, au nez fortement accentué et à la moustache très fournie. Il ne s'engageait jamais à fond et répondait prudemment à toutes les questions : « Connaissez-vous les choses à venir? — Il y en a que je connais, d'autres que je ne connais pas. — Nos religions sont-elles bonnes? — Toutes sont bonnes. — Serons-nous sauves? — - Si vous êtes bons, vous serez sauvés ; si vous êtes mauvais, vous serez punis. » Le prétendu dieu a offert du thé excellent et quelques gâteaux dans une assiette européenne en verre bleu ; il portait des vêtements chinois très riches et était flanqué d'acolytes à gauche et à droite ; son trône était peu élevé, en bois sculpté et doré ; on lui montra l'effigie de l'empereur Napoléon sur une pièce d'un franc: sa figure s'épanouit quand on lui fit don de cette pièce avec quatre autres pareilles ; ces cinq pièces montées en boutons ont servi d'attaches aux vêtements de luxe du Bouddha! Depuis

bien des années on ne peut plus voir moulin a prières.

le personnage, et même la simple entrée du Young-ho-koung est devenue plus difficile qu'autrefois.

L'OBSERVATOIRE. — Ce célèbre monument renferme les instruments dont nous allons donner la description d'après le P. Lecomte : Horizon azimutal de six pieds de diamètre. — « Cet instrument, qui sert h prendre les azimuts, n'est composé que d'un large cercle posé de niveau dans toute sa surface. La double alidade qui en fait le diamètre, court tout le limbe, selon les degrés de l'horizon qu'on y veut marquer, et emporte avec soi un triangle filaire, dont le sommet passe dans la tête d'un arbre élevé perpendiculairement sur le centre

du même horizon. Quatre dragons repliés courbent leur tête sous le limbe inférieur de ce grand cercle pour l'affermir. »

Grand quart de cercle de six pieds de rayon. — « Cette portion de cercle est divisée de dix en dix secondes. Le plomb qui marque sa situation verticale pèse une livre et pend du centre par le moyen d'un fil de cuivre très délicat. L'alidade est mobile et coule aisément sur le limbe. Un dragon replié et entouré de nuages va de toutes parts saisir les bandes de l'instrument, de peur qu'elles ne sortent de leur plan commun. Tout le corps du quart de cercle est en l'air, traversé par le centre d'un arbre immobile autour duquel il tourne vers les parties du ciel qu'on veut observer. »

Sextant dont le rayon est d'environ huit pieds. ■ — « Cette figure représente la sixième partie d'un grand cercle porté sur un arbre, dont la base forme une espèce de large bassin vidé, qui est affermi par des dragons et traversé dans le milieu d'une colonne de bronze, sur l'extrémité de laquelle on a engagé une machine propre à faciliter, par ses roues, le mouvement de l'instrument. C'est sur cette machine que porte, par son milieu, une petite traverse de cuivre qui représente un des rayons du sextant et qui le tient immobile. Sa partie supérieure est terminée par un gros cylindre ; c'est le centre autour duquel tourne l'alidade ; l'inférieure s'étend environ d'une coudée au delà du limbe, pour donner prise à la moufle qui sert à l'élever ou à l'abaisser, selon l'usage qu'on veut en faire. »

Sphère équinoxiale de six pieds de diamètre. — Cette sphère est soutenue par un dragon qui la porte sur son dos courbé en arc, dont les quatre griffes, qui s'étendent en quatre endroits opposés, saisissent les extrémités du piédestal, formé, comme le précédent, par deux poutres croisées à angle droit et terminées par quatre petits lions, qui servent à le mettre de niveau. Le dessin en est grand et bien exécuté.

Sphère armillaire zodiacale de six pieds de diamètre. — Cette sphère porte sur quatre têtes de dragons, dont les corps, après divers replis, s'arrêtent aux extrémités de deux poutres d'airain mises en croix pour soutenir tout le poids de la machine. Quatre lionceaux de même matière sont chargés des extrémités des poutres, dont les têtes se haussent ou se baissent par le moyen des vis qui y sont engagées. Les cercles sont divisés sur leur surface extérieure et intérieure en 360 degrés, chaque degré en 60 minutes par des lignes transversales, et les minutes de dix en dix secondes par le moyen des pinnules qu'on y applique. »

Sphère céleste de six pieds de diamètre. — « Le corps du globe est de fonte, très rond et parfaitement uni, les étoiles bien formées et placées selon leur disposition naturelle, et tous les cercles d'une largeur et d'une épaisseur proportionnées. Au reste, il est si bien suspendu, que la moindre impression le détermine au mouvement circulaire, et qu'un enfant peut le mettre à toute sorte d'élévation, quoiqu'il pèse plus de deux mille livres. Une large base d'airain, formée en cercle et vidée en canal dans tout son contour, porte sur quatre points également distants quatre dragons informes, dont la chevelure hérissée soutient en l'air un horizon magnifique par sa largeur, par la multitude de ses ornements et par la délicatesse de l'ouvrage. Le méridien qui soutient l'axe du globe est appuyé sur des nuages qui sortent du centre de la base, entre lesquels il coule par le moyen de quelques roues cachées, de sotte qu'il emporte avec lui le ciel, pour lui donner l'élévation qu'il demande. Outre cela, l'horizon, les dragons et les poutres de bronze qui se croisent dans le centre du bassin, se meuvent comme on veut, sans changer de situation à la base, qui demeure toujours immobile »

I. TEMPLE DE LA GRANDE CLOCIIK. OU-T A-SSE. PA-LI-TCHOUANG. TEMPLE DE LA TERRE. TEMPLE DELA LUNE. TEMPLE DU SOLEIL. POUO-YUN-KOUAN. T'IEN-NING-SSE. HOANG- SSE. PI-VUN-SSE. VTU-TS'lUEN-CHAN. OUO-FO-SSE. RIÈ-t'aÈ-SSE. PA-TA-TCH'oU. - — II.

VUEN-MING-YUEN. CANAL IMPÉRIAL. PONT DE LOUO-KOUO-k'(AO. SÉPULTURE DES MING.

les environs de Péking, on rencontre un grand nombre de pagodes.

i° TA-TCHOUNG-SSE, temple de la grande cloche. — Cette pagode a été construite la i te année de Yoimg-tcheng, mais la fameuse cloche date de la dynastie des Ming. Ce temple est situé à quelques li en dehors de la porte Si-tcke-men ; son vrai nom est Kiao-cheng-sse. L'empereur YoungJo avait fait fondre une dizaine de grosses cloches en bronze ; la seule qui existe encore est dans cette pagode, qui a été bâtie pour l'y placer. En sortant de Han-kivg-tchang, la fonderie de Péking, cette cloche fut d'abord transportée à la pagode Ouan cheou sse, et la 8e année de K'ien-louvg on la plaça définitivement à Ta-tchoung-sse. D'après les auteurs chinois, elle mesure i 7 pieds de haut, 12 de diamètre et 8 pouces d'épaisseur à la base ; ces mesures paraissent exactes ; elle est en beau bronze et pèse 87.000 livres de 16 onces, soit environ 50,000 kilogrammes. Au dehors et au dedans est gravée, en caractères très fins et très nets, la transcription du Hoaien king (livre de prières bouddhiques); pour cette raison la cloche se nomme Hoa-ien tchoung. Elle n'a point de battant, mais une poutre en bois est suspendue pour la frapper, ce qui ne doit se faire régulièrement que sur l'ordre impérial ; elle est supportée par un échafaudage de poutres énormes, et n'a, ce semble, jamais été soulevée au-dessus du sol ; on a creusé, par-dessous, une excavation, et son rebord inférieur est de niveau avec le

PEKING

pavé de la pagode. Ce rebord n'est point relevé comme dans les cloches d'Europe, il est presque sur la même ligne que le corps de la cloche ; les anses sont finement sculptées ; l'année de la fonte et le nom de l'empereur sont gravés sur une plaque spéciale adhérente. Les bonzes desservant cette pagode reçoivent bien les visiteurs,

même européens. A certains jours de l'année, les Chinois y vont en pèlerinage, comme dans presque tous les autres temples.

2° OU-T'A-SSE. — Un bonze venu de l'Inde ayant prié l'empereur Tckeng-koa, des Ming, de construire une pagode pour y placer les cinq statues de Bouddha qu'il avait apportées, ce souverain, la 9e année de son règne, édifia le Ou t'a-sse à 5 //delà porte Si lehe-uieu. Il fut plus tard réparé sous Kieuloung. La forme indienne y est très accentuée, et les sculptures du soubassement sont remarquables.

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