LES MINISTERES
rues, des digues fluviales et de tous les jardins ou parcs impériaux ; il a son trésor particulier pour les cas exceptionnels ; ordinairement il va prendre les fonds au Houpoit. Une succursale de la fabrique des monnaies reste sous sa dépendance, elle se nomme Pao-yuen-kiu. Enfin, il possède des magasins immenses de matériaux pour les travaux à exécuter.
En dehors de ces six ministères, il y en a beaucoup d'autres dont les principaux sont :
i° TSOUNG-JEN-FOU. — ■ Ce ministère est présidé par des princes que nomme l'empereur. Ce grand tribunal, le premier de tous, ne s'occupe que.des affaires de la famille impériale et des personnes de sang royal ayant droit à la ceinture jaune « koang-taè-tse » ; il peut juger même les princes du sang.
2° NÉE-OU-FOU. — Il est consacré uniquement à l'empereur et à sa cour. Tout ce que l'empereur désire doit lui être fourni par le Née-ou-fou, qui a son trésor particulier Née-k'oîi, lequel est comme la cassette impériale. L'impératrice veut-elle de l'argent? elle avertit ce tribunal, qui, s'il n'en a pas, s'arrange pour en trouver soit au Hou-pou, soit ailleurs ; au besoin, les vice-rois sont requis de remplir les coffres.
3° TOU-TCH'A-YUEN, tribunal des censeurs. — Le premier des censeurs en est le président ; les censeurs sont nommés ou dégradés par le Li-pou, comme les autres mandarins. Ils sont fort nombreux ; chaque ministère, chaque quartier de la ville a son censeur ; chaque province a également le sien ; ils peuvent parler de tout et de tous, même de l'empereur, et faire des représentations sur tous les actes du gouvernement ; mais s'ils ne prennent garde de censurer à faux, de dépasser les bornes, d'observer les formes voulues, ils ne restent pas longtemps eu place. Il y a quelques années, l'un d'eux eut l'audace de s'attaquer à l'impératricemère ; il fut de suite dégradé, tant il est vrai que « Toute vérité n'est pas bonne à dire» ! Ces censeurs ont cependant une autorité incontestée, et font souvent trembler les plus hauts mandarins. Sous les Ming, les bureaux de ce tribunal étaient à l'ouest de la porte C/ioun-tchevien ; depuis ils ont été reconstruits au nord du Sing-pou.
4° NÉE-KO, grand secrétariat de l'empire. — C'est là que s'élaborent les décrets de 1 empereur, c'est au Née-ko que l'on appose les sceaux impériaux. Quand il en est besoin, l'empereur les fait porter à ce tribunal ; sous les Ming, les eunuques, en grande faveur, étaient chargés de ce soin ; maintenant cet honneur est réservé aux seuls mandarins de haut grade nommés à cet effet. Il n'est point nécessaire de demeurer en ville pour faire partie du Née-ko. Les quatre membres de ce tribunal ont tous le rang de Tclwung-t'ang ou vice-roi. Le premier est appelé Ouen-hoa-tien, le second Ou-iing-tieu, le troisième T'i-jeu-ko, le quatrième Toung-ko. On nomme
PRISONNIERS ENCHAINES.
PEKING
ces quatre personnages les Ta-siao-che, et le premier est sans conteste le plus haut mandarin de l'empire ; actuellement c'est Li-houng-tchang.
5° KIUN-KI-TCH'OU, grand conseil. — Il se tient chaque jour au palais même entre trois et six heures du matin, présidé par un prince ; il est spécialement composé de huit membres, mais l'empereur peut en appeler autant qu'il le juge convenable. Ce grand conseil délibère avec l'empereur sur les affaires de l'État ; chacun donne son avis et l'empereur décide. Tous ces ministères, tous ces tribunaux, tous ces conseillers sont tellement dépendants les uns des autres, qu'ils se surveillent mutuellement. Chacun est obligé d'agir avec prudence et sagesse sous peine d'être attaqué, accusé par le voisin. Rien n'est laissé à l'arbitraire ; l'empereur lui-même ne peut s'écarter des règles posées ; la machine gouvernementale est montée de telle sorte, qu'elle fonctionne ainsi sans aucun dérangement depuis des siècles.