LIT A TORTURE
Après les Traités, les ministres européens devant résider à Péking, il fallait désigner un tribunal pour discuter les affaires avec eux. A cet effet, au lieu de choisir un des six grands ministères dont nous avons parlé plus haut, par exemple, le ministère des Rites, le gouvernement chinois préféra créer un tribunal spécial décoré du titre de Tsoungli-ko-kouo Yamen, c'est-à-dire, Tribunal pour traiter les affaires de tous les royaumes ; il est situé dans l'est de la ville, à deux kilomètres des Légations ; les bâtiments sont peu imposants, mais assez propres. On reçoit dans un petit pavillon entouré de rocailles et dans une salle de 2>° pieds sur 20, où l'on sert ordinairement des rafraîchissements. Les princes Roung et Tsing en sont actuellement les présidents, et dix membres forment le conseil ; deux ou trois viennent chaque jour alternativement pour recevoir les ministres ou interprètes des Légations qui se présentent. Mais ce Yamen ne peut soutenir la comparaison comme monument, ni avec les vrais ministères de Péking, ni à plus forte raison avec les salles splendides où sont reçus les ambassadeurs en Europe.
Pendant que les missionnaires s'installaient à Péking en 1860, les diverses Légations prenaient également pied et organisaient leurs Hôtels respectifs.
LES LEGATIONS.
Pour la France le gouvernement chinois donna un palais vaste et commode dans la rue Kiang-mis-iang. La Légation française est surtout remarquable par son jardin, qui est le plus grand et le mieux entretenu de tous, par son superbe portique qui n'a pas de rival, et par ses salons somptueusement décorés ; l'entrée, imposante, est ornée de deux grands lions et de bornes en pierres reliées entre elles par une énorme chaîne de fer ; cet ouvrage a été exécuté sous la direction du génie, lors de l'expédition française.
La Légation de Russie est placée non loin de celle de la France, dans une confortable habitation donnée jadis par K'ang-si aux missionnaires russes. Cette Légation possédait déjà une fort belle chapelle, on augmenta peu à peu les bâtiments ; aujourd'hui c'est une des plus grandes de Péking, son salon mesure plus de 14 mètres de côté, et les installations — :
sont merveilleusement comprises.
Pour l'Angleterre, le gouvernement chinois accorda un ancien palais situé dans la ville tartare au sud-est, sur les bords d'un canal ou déversoir qui conduit les eaux du palais impérial en denOrs 1. Cour d'honneur. — 2. Grand portique. — 3. Cour du ministre. — 4. Appartements du de la ville ■ Cette min's're' — 5' Grand salon. — 6. Salle à manger. — 7., Serre. — 8. Grand salon des Fêtes. — 9. Premier interprète. — 10. Second interprète. — II. Élève interprète. — 12. Pavillon du preeSt mier secrétaire. — 13. Pavillon des étrangers. — 14. Chapelle. — 15. Chancellerie. — 16. Appartements du chancelier. — 17. Pavillon du docteur. — 18. Serre du jardin. — 19. Jeu de Paume. — 20. Grand parc. — D. Dépendances et écuries. — P. Grande porte d'entrée. — M. Pavillon
verte en partie de la musique.
de tuiles vernissées ; les Anglais l'ont depuis embellie et complétée.
La Légation d'Allemagne ne fut construite que plus tard, sur un terrain acheté par la Prusse ; elle est du reste assez bien aménagée et offre du confort, mais son jardin est très petit. Celle d'Espagne, située dans la même rue que les précédentes, a des bâtiments convenables et des pavillons indépendants pour les secrétaires et interprètes ; le ministre d'Espagne y réside en permanence, quoiqu'il soit en même temps accrédité près du roi de Siam.
La Légation du Japon est fort bien; un architecte japonais y a fait des améliorations intelligentes ; deux lions de marbre décorent l'entrée. Celle d'Amérique est située vis-à-vis de l'Hôtel de Russie, mais elle est loin de l'égaler comme étendue et comme construction.
Péîcing. 21