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LES TRIBUNAUX

Dans les tribunaux de Péking, comme dans ceux de toute la Chine, la vénalité de la justice a donné lieu au proverbe suivant : « Si votre cause est mauvaise et que vous soyez riche, entrez hardiment ; si elle est bonne et que vous soyez pauvre, n'entrez pas ! » Tout est estimé, discuté, acheté et payé; un homme est-il condamné à recevoir cent coups de bambou, l'exécuteur a supputé la valeur de son sujet ; celui-ci offre-t-il 20 francs, on continue à frapper fort ; arrive-t-il à promettre 50 francs, qui représentent sa valeur, on frappe encore, le patient crie, les coups résonnent, mais sans faire aucun mal, sans laisser aucune trace. Les satellites, ne recevant rien de leurs maîtres, trouvent ainsi moyen de se faire d'assez beaux bénéfices. Pour écrire une accusation, pour la faire présenter, accepter, patronner, il faut payer ; tout cela sert d'émoluments aux scribes, aux portiers, aux secrétaires des tribunaux ; le mandarin lui-même ne pourrait vivre avec la somme qui lui est allouée par l'empereur, il est obligé d'aviser, car il a de lourdes charges et ne doit pas se présenter les mains vides devant ses supérieurs; aussi, à un simple préfet qui est payé

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