‹ Péking, histoire et descriptionChapitre 169 sur 239 · LES BANQUES · texte numérisé non relu

LES BANQUES

LES BANQUES. — Il y a dans Péking des banques chinoises de premier ordre, quTont des succursales dans les dix-huit provinces et sont d'une rare honnêteté ; mais outre ces grands établissements, qui se soutiennent mutuellement et offrent une garantie parfaite, presque dans chaque rue on trouve une petite banque ou boutique à sapèques ;le change de l'argent se fait là. Comme il n'y a aucune monnaie, le numéraire est en lingots d'argent qui varient de poids et de qualité. A-t-on besoin de faire un petit paiement en argent, il faut couper ces lingots, où très souvent on trouve une notable quantité de plomb habilement coulé. De plus, les balances varient, on en compte au moins cinq ; la qualité de l'argent varie également, il peut y avoir un écart de 7 à 8 :(, ce qui rend la fraude habituelle ; aussi le Chinois est heureux de changer ce numéraire contre des billets de banque, plus portatifs et plus faciles à employer. Chaque petite banque en fabrique à son nom, sans contrôle ; à l'acheteur de voir si les billets sont bons, si la banque est assez solide. Les banqueroutes sont fréquentes, et chaque année, surtout dans le dernier mois, une vingtaine au moins de ces établissements se ferment, et leur papier devient sans valeur. On vend quelquefois dans les rues des billets de2 à 50 francs, que Ton offre pour quelques centimes ; pourquoi ? parce que si la banque dont il porte le nom venait à se rouvrir, ces billets recouvreraient leur valeur intrinsèque; c'est un mince espoir, mais c'en est un, on peut donc risquer quelques sous ! Qu'arrivet-il, en effet, souvent ! une banque émet des billets pour le décuple de son numéraire, une banque rivale les achète, se les fait rembourser, et lorsque la première banque a dépensé ce qu'elle a en argent, billet dic banque de 5 ligatures de péking. ne pouvant continuer à payer, elle ferme,

la voilà ruinée et son propriétaire en fuite. Ce n'est pas fini ; ces honnêtes gens, pendant un an ou deux, parcourent la ville, rachètent à dix ou vingt centimes leurs vieux billets, puis, lorsque presque tous sont rentrés, on rouvre boutique et la banque reprend comme si elle n'avait pas fait banqueroute ; c'est une fraude ingénieuse

PEKING

et les gens qui ont acheté le billet portant le nom de cette banque font eux-mêmes une bonne affaire.

La monnaie ordinaire est la sapèque, petite rondelle de cuivre percée d'un trou

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