‹ Péking, histoire et descriptionChapitre 173 sur 239 · DÉS ET CARTES A JOUER · texte numérisé non relu

DÉS ET CARTES A JOUER

places coûte environ 15 francs. On se gêne peu pour causer, encore moins pour aller et venir ; l'acteur se démène pendant ce temps-là sur une estrade élevée, et crie son rôle à tue-tête ; s'il chante, c'est toujours avec une voix de fausset fort désagréable, imitant la voix de femme. Le spectacle est diurne en hiver comme en été, et les femmes ne devant point paraître sur la scène, leurs rôles sont tenus par de jeunes garçons. Les acteurs en vogue font courir toute la ville, et provoquent des explosions d'hilarité que l'on entend même de la rue ; il paraît qu'en réalité certaines comédies sont fort drôles ; le Chinois aime les bons mots, les double-sens, la gaudriole et pardessus tout les histoires fortement épicées. En somme, ces théâtres ont peu de rapport avec ceux d'Europe, mais aucune pièce, aucun ballet, aucun décor artistique savamment composé ne vaudra pour le Chinois les oripeaux, les barbes fausses, les paillettes et les grimaces de ses acteurs.

MAISONS DE JEU. — Le jeu est absolument interdit, et... on joue partout ! La plupart des maisons de jeu sont installées dans la domesticité des princes ou des hauts mandarins, pour éviter la police, qui ne peut fouiller ces palais. Un joueur arrive, il passe d'abord à la caisse et dépose là tout l'argent qu'il compte jouer ; on

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