‹ Péking, histoire et descriptionChapitre 174 sur 239 · LES MAISONS DE JEU · texte numérisé non relu

LES MAISONS DE JEU

lui donne en échange des jetons avec lesquels il ponte. Une table carrée est disposée au milieu de la pièce ; elle est divisée par deux lignes se coupant en croix et lio-urant quatre cases avec des numéros ; de chaque côté de la table se tient un croupier ; on fait le jeu, puis un cinquième croupier, placé dans une chambre voisine, apporte la boîte fermée dans laquelle se trouvent les dés ; on ouvre la boîte, les gagnants sont payés, les croupiers empochent la mise du perdant, puis 0:1 recommence. La fraude est habituelle et les joueurs perdent presque toujours, de là disputes et batailles se terminant par l'expulsion pure et simple du joueur ; les croupiers ont toujours raison, et l'obligation de déposer 1 argent d'avance assure le paiement de la banque, qui gagne des sommes énormes, sommes qu'elle partage avec ses protecteurs.

Outre ces grosses maisons de jeu, il y a d'innombrables tripots plus ou moins

I. Pipe de femme. — 2. Pipe d'homme. — 3. Pipe courte. — 4. Pipe pour tabac huileux. — 5. Fourneau. — 6. Bec. - 7. S. Pipe à eau. — 9. Pipe à opium. — io, 13, 14, 15. Blagues en cuir. — 11. Briquet. — 12. Blague en satin brodé.

clandestins ; on joue dans les restaurants, dans les boutiques, dans les chantiers, dans les rues, sous une véranda, contre une borne ; on joue aux cartes, aux tarots, aux dés, aux bâtonnets. Tout sert d'enjeu : les pauvres en haillons jouent jusqu'à leur dernier vêtement, des fanatiques jouent leurs femmes et leurs enfants. Enfin, on joue, paraît-il, jusqu'aux phalanges de ses doigts! Un jeune homme, joueur effréné quoique chrétien, avait joué et perdu sa femme qui n'avait pas vingt ans ! Et pour combien? pour iS francs ; le missionnaire paya la dette et rendit la jeune femme à sa mère. Quelques mois après, elle avait rejoint son mari, et on ne pourrait affirmer qu'il ne l'ait pas jouée et perdue de nouveau !

OPIUM. — Les maisons d'opium sont ouvertes partout à Péking ; le riche fume chez lui, le pauvre fume n'importe où, les autres fumeurs remplissent ces officines d'empoisonnement ; on y est servi par des femmes qui préparent les pipes. C'est, comme le jeu, une passion dont on guérit difficilement. Le mandarin fume de l'opium de bonne qualité, se nourrit bien, répare ses forces et vit quand même ; mais

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