PAUVRES. — III. HABITATIONS : PALAIS, PAGODES, MAISONS, PAILLOTES
ABILLEMENTS. — Le vêtement des Chinois en général est d'une décence irréprochable ; pour les deux sexes il est long, très ample et fermé, souvent même croisé sur le devant ; aussi la vue des vêtements européens choque-t-elle toujours les Chinois. « Il n'y a donc pas d'étoffe en Europe ; elle est donc bien chère, ou vous êtes bien pauvre pour être obligé de faire des vêtements si collants ! Par contre, que d'étoffe perdue, de colifichets inutiles dans l'habillement si peu habillé des Européennes ! Quelle manie de changer toujours ! vous n'avez donc ni règle ni costume déterminé ?... » Tels sont les propos que l'on entend et qui ne sont pas toujours sans fondement. On comprend ces moqueries des Chinois, qui eux ne changent jamais ; à part quelques légères modifications de détail, leurs vêtements sont restés ce qu'ils étaient il y a plusieurs siècles.
Les mandarins et les personnes riches modifient la manière de se vêtir aux quatre saisons et deux fois à chacune ; de sorte qu'il faut huit habillements complets et autant de rechange. Ceci est le nécessaire ; mais les mandarins, qui tous aiment le luxe, ont chez eux de nombreuses caisses remplies d'habits plus riches les uns que les autres. Pour les robes et pardessus d'hiver, on emploie les plus magnifiques fourrures : zibeline de l'Amour, loutre du Kamtchatka, renard bleu de Sibérie, renard blanc, renard doré, castor, hermine, petit-gris ; cependant certaines règles doivent être observées ; ainsi, la zibeline ne peut être portée que par les mandarins du troisième degré et au-des-
sus. En y ajoutant les chapeaux, collets et accessoires assortis à chaque vêtement, les bottes de satin et le reste, cette collection représente une très grande valeur.
Le printemps est annoncé par un décret impérial qui ordonne le changement de chapeau ; on doit mettre alors en même temps la robe bleue marine doublée de soie plus claire et le pardessus couleur prune. L'été, les mandarins se revêtent d'une étoffe extrêmement légère appelée clia ; elle est également en soie, et nécessite en dessous un vêtement un peu moins clair. L'automne ramène les mêmes vêtements que ceux du printemps, mais doublés de coton piqué ; et l'hiver, encore annoncé
par décret impérial, oblige à porter les fourrures, graduées selon le froid. Toutes les soies employées par les mandarins sont ornées de rondelles à dragons, de même couleur que l'étoffe ; et lorsqu'ils vont voir l'empereur, la robe est agrémentée d'une pèlerine et décoréedans le bas d'un motif brodé représentant undragon sortant des flots. Dans leur intérieur et lorsqu'ils ne sont point en service, les mandarins laissent le pardessus pour revêtir un gilet sans manches fort commode, et une petite calotte élégante ornée d'un bouton en soie rouge et d'une perle sur le devant. Quant aux mandarins militaires, au lieu du grand pardessus de cérémonie, ils portent la robe fendue pardevant et un vêtement moins long, pour monter plus facilement à cheval : ce vêtement est appelé pour cette raison ma-koua-tse,ou habit de cheval. Les mandarins civils le portent lorsqu'ils ne sont pas obligés d'être en tenue, ainsi que les riches et les gens du peuple qui vont faire quelque visite. Lorsque