‹ Péking, histoire et descriptionChapitre 195 sur 239 · HABITATIONS · texte numérisé non relu

HABITATIONS

sont asphyxiées par ce déplorable mode de chauffage qu'un ne songe même pas à changer.

Les autres meubles consistent en tables carrées d'un mètre de côté, et en tables très longues et très étroites qui se placent contre les murs pour recevoir les étagères; celles-ci sont fort belles, fouillées, sculptées d'élégants motifs, à compartiments variés, avec petits cabinets attenants. Il y en a en Iseu-t'an (bois dur noirâtre), en laque ancienne de Sou-tcheou ornée de dessins vieil or, en bois de couleur et même en laque rouge. Ces étagères sont garnies des mille et une curiosités si recherchées en Europe : bronzes, porcelaines, jades, pierres dures ; le riche ne se refuse rien et dépense des prix fabuleux pour un seul objet; il n'est pas rare de voir dans un salon pour plusieurs centaines de mille francs de jade vert, blanc ou antique. Les tentures anciennes contribuent également à l'ornementation des habitations riches; ordinairement de soie rouge ou prune, elles sont admirablement brodées en haut, en bas et sur les côtés ; le milieu contient presque toujours une dédicace en caractères chinois ; ces tentures sont, en effet, des présents d'amis, de parents, offerts à l'occasion de certaines fêtes. Outre ces grandes pièces, on voit encore des portières fort belles, dont les fines broderies représentent des fleurs, des paysages, des pagodes et quelquefois des centaines d'enfants gracieusement disposés. Les murailles qui ne sont point couvertes de broderies, sont ornées de panneaux peints sur soie représentant l'image des trois fécilités, du phénix ou d'autres gracieux sujets. Dans les appartements voisins, on place d'immenses armoires à double étage servant de vestiaire; les portes en sont sculptées en ronde bosse et représentent, pour la plupart, le grand dragon impérial sortant des nuages ou des flots.

Mais tous les habitants de Péking sont loin d'avoir de telles demeures et de pareilles richesses; leurs maisons, couvertes en tuiles grises communes, sont très ordinaires ; les murs, en briques entières ou brisées, reliées par un mortier peu solide, sont rapidement désagrégés par les pluies de l'été, et l'intérieur n'est que blanchi à la chaux, sans ornement ; pas de fenêtres sur la rue, pas d'ouvertures donnant chez le voisin. Cependant, chaque famille veut avoir son petit logis, sa petite cour, son arbre, sa porte.

Le peuple vit pauvrement dans ces cabanes, qui sont presque des palais si on les compare aux gourbis des cultivateurs ; ces huttes, pour la plupart, sont en pisé avec couvertures de paille et de terre ; c'est laid, triste, pauvre, sale, souvent peu digne d'une créature humaine, et les malheureux vivent dans ces tanières tous ensemble sur un même fourneau, avec leurs grains, leurs volailles, leur chien et parfois leur baudet. Il n'y a souvent ni siège ni table. Enfin, comme habitation, on voit pire encore ; les mendiants logent sous une simple tente de nattes, sous une véranda de pagode ou de palais, dans une salle commune infecte, ou même dans la rue ; si vous parcourez Péking la nuit, vous verrez peut-être un paquet de loques ou un vieux paillasson dans un coin ; approchez-vous, toute une famille y dort pêlemêle. Aussi, pendant l'hiver, les pauvres morts de froid sont-ils nombreux ; on les ramasse chaque matin, on les porte hors de la ville et tout est dit. Tout cela date de plusieurs siècles, tout cela continue, sans que naisse même l'idée d'une amélioration quelconque. Les Chinois sont, du reste, fort peu admirateurs des maisons européennes, et le rez-de-chaussée, seul en usage à Péking, ne sera pas de longtemps surmonté d'un étage. Cette manière de se loger explique qu'une immense ville comme la capitale de la Chine compte à peine 500.000 habitants.

I. VOYAGES. MOYENS DE TRANSPORT : BARQUES, VOITURES, CHAISES A PORTEURS, PALANQUINS A MULES. — II. CHEVAL. MULET. ANE. CHAMEAU. TRAINEAUX. BETES DE

SOMME. ATTELAGES, BROUETTES, ETC. CHEMIN DE FER. III. ROUTES. TOURELLES

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