KILOMÉTRIQUES. AUBERGES
oyager dans le nord de la Chine n'est point chose facile ; il faut avant tout une bonne provision de patience ; on va toujours lentement et on ne sait jamais quand on arrivera, quelquefois même si on arrivera.
BARQUES. -- Laplainede Péking est sillonnée de rivières et de canaux, dont plusieurs sont navigables ; on peut aller en barque de Ta-kou à Péking et dans le sud de la province. Cette barque de voyageurs est couverte, mais peu confortable. A l'avant, un premier plan de 8 pieds sur 6, où l'on se tient debout ; puis un second semblable où l'on se couche sur des planches élevées de 50 centimètres, sous lesquelles se place le bagage. A l'arrière se trouve un petit réduit pour la cuisine des mariniers ; quant au voyageur, il s'arrange comme il peut. Trois ou quatre hommes manœuvrent à la gaffe, à la rame, à la godille, ou bien tirent à la cordelle. Souvent il y a échouage, bien que la barque cale à peine 60 centimètres ; alors tout le monde se met à l'eau, la soulève, la traîne sur la vase, et l'on repart. Vente t-il trop fort, on jette l'ancre ; pleutil, on se colle à la rive et on dort. Enfin, si tout va bien, on ne met que trois jours pour faire les quatre étapes, de 45 kilomètres chacune, qui séparent Tien-tsin de Toung-tcheou par la rivière ; là, on peut encore prendre une barque qui conduit en six heures, à travers cinq écluses, jusqu'aux portes de Péking. On voit sur le fleuve Pè-lw de belles barques du sud, aménagées avec un certain luxe ; elles sont réservées aux mandarins, et les voyageurs ne peuvent en profiter.