WILLIAMSON, YULE
(L. Gaillard.)
Kao-tsoung. Nous lisons dans l'histoire, que ce nouvel empereur installa le premier établissement de bonzesses (Ni-ko7i) dont il soit parlé dans les Annales de la Chine.
L'impératrice Ou-tse-t'ien ne tarda pas à dominer le nouvel empereur ; elle-même était sous l'influence d'un nommé Ko <u- s in- te lien, sectateur du Tao, dont les funestes conseils eurent les plus déplorables résultats ; la vraie religion fut persécutée, de nombreuses églises furent brûlées, et on vit partout s'élever des temples de Fo. Sous le règne de l'empereur Tchoung tsoung, son fils, l'impératrice Ou-tse-t'ien, universellement haie des ministres, des mandarins et du peuple, reçut enfin la punition de ses crimes. L'empereur l'enferma dans un palais où elle mourut à 1 âge de quatre-vingtdeux ans.
Les Annales nous apprennent qu'en l'année 631, le second empereur de la dynastie des T'ang envoya au Japon un ambassadeur qui fut fort mal reçu. A partir de ce jour, le Japon ne fut plus regardé comme Etat tributaire et perdit les privilèges que
DYNASTIE DES T'ANG
l'empereur de la Chine, son suzerain, lui avait accordés. Ce royaume s'appelait alors Ouokouo, et c'est seulement en 671 qu'il fut nommé Je-pen. Dans la suite, le roi du Japon fit parvenir à l'impératrice Ou-tse-t'ien de riches présents par un ambassadeurlettré qui allait, disait-il, étudier en Chine les livres sacrés. De ce jour, la bonne harmonie fut rétablie entre les deux royaumes.
HAN-IU. — Ce célèbre savant était originaire de la province du Ho-nan. Doué d'une facilité prodigieuse, il obtint de très bonne heure tous ses grades, et fut reçu docteur.
L'empereur Tcu-tsoung l'appela près de lui comme censeur ; mais, pour avoir rempli sa charge en conscience et attaqué certains abus, il fut éloigné de la cour. On lui confia le gouvernement d'une petite ville, où il composa un ouvrage « sur le bon gouvernement des empires», ce qui lui valut de rentrer en faveur ; il fut nommé conseiller d'État, puis précepteur du prince héritier. Les bonzes, par leurs intrigues, trompèrent le souverain qui, en S 19, rendit les plus grands honneurs à un prétendu doigt de Fo apporté par eux.
Personne n'osait avertir l'empereur de cette supercherie ; Han-iu rédigea un courageux mémoire pour montrer que Fo n'était qu'un homme et qu'une divinité aussi méprisable que néfaste ; il terminait par ces mots : « Si Fo a quelque pouvoir, que sa colère m'écrase. » L'empereur, irrité, lui enleva toutes ses charges et le renvoya dans la petite ville de TcJîao-tchcou, où il donna tout son temps à l'étude ; ayant composé un traité en faveur de la doctrine des anciens contre celle de Bouddha, il osa le faire présenter à l'empereur, ce qui, contrairement à toutes prévisions, le fit rappeler à la cour. Employé à la pacification d'une sérieuse révolte, il se montra aussi prudent qu'habile, et, grâce à son zèle, l'armée mutinée rentra sous l'obéissance impériale sans effusion de sang. — Plein de gloire et d'honneur, il termina ses jours l'an S24 de Jésus-Christ ; il avait 57 ans. Son portrait fut placé dans le temple deConfucius, et en 1530 il reçut le nom de Sien-jou-han-tse ; c'est le plus haut titre honorifique auquel un savant puisse prétendre.