‹ Péking, histoire et descriptionChapitre 42 sur 239 · GUILLAUME RUYSBROECK. (RUBRUQUIS · texte numérisé non relu

GUILLAUME RUYSBROECK. (RUBRUQUIS

PEKING

être sorti, Batou fit dire à Rubruquis : « Le roi votre maître demande que vous puissiez rester en ce pays, mais ceci ne peut se faire sans l'assentiment de Mangou-

or*

kan ; ainsi il faut aller le trouver avec votre interprète. »

Après avoir pendant six semaines suivi la cour de Batou le long du Volga, les deux religieux reçurent la visite d'un officier tartare, qui leur dit: « C'est moi qui suis chargé de vous conduire auprès de Mangoukan; il y a quatre mois de route et il fait un froid à fendre les pierres et les arbres. Voyez si vous pourrez supporter ce voyage. — Je lui répondis : J'espère avec l'aide de Dieu affronter ce que d'autres hommes peuvent affronter. — Nous chevauchâmes sans désemparer vers l'Orient, jusqu'à la fête de tous les Saints. La faim, la soif, le froid et la fatigue furent horribles. Quel- / 7A^V-3^ '\\\ W( quefois mon compagnon avait tel-

^*V,/lV jL J) \n~^\ lement faim qu'il me disait : « Il

me semble que je n'ai jamais mangé. )) On ne mangeait en effet que le soir; le matin ils donnaient quelque chose à boire ou du millet cuit à l'eau. Le soir ils nous apportaient de la viande et une certaine quantité de bouillon. Quand nous avions suffisamment de ce bouillon de viande, nous nous trouvions très bien restaurés, et il me paraissait que c'était un potage très agréable et très nourrissant. Le vendredi, je restais à jeun jusqu'à la nuit, et alors il me fallait avec tristesse et douleur manger de la viande. »

Ayant traversé de vastes plaines, le Turkestan, le pays des Ouïgours et la terre des Naïmans, les religieux arrivèrent à la cour de Mangoukan,\&]o\ir de saint Jean l'Evangéliste, 27 décembre 1253. « On donna à notre conducteur une grande habitation et à nous trois une petite masure, où il y avait à peine place pour déposer nos bagages, faire nos lits et allumer un peu de feu. Nous fûmes appelés par les officiers de l'empereur et interrogés sur l'objet de notre voyage, et si le roi de France voulait faire la paix ou la guerre avec eux. — Je leur dis : « Le roi a

Page 1