‹ Péking, histoire et descriptionChapitre 57 sur 239 · TOMBES CHRÉTIENNES (MONGOLIE · texte numérisé non relu

TOMBES CHRÉTIENNES (MONGOLIE

pratiques chrétiennes. Sans aucun monument et par simple déduction ou comparaison, on peut donc déjà avoir la certitude morale que les chrétiens des Franciscains n'avaient point disparu complètement. Mais nous avons de plus un précieux témoignage qui nous donne une certitude presque absolue. Nous lisons, en effet, dans le P. Trigault (liv. i, ch. ii) : « Un Juif, venu de K ' aè-fotmg-fou à Péking pour les «•xamcns du doctorat, raconta au P. Ricci ( 1 603) que dans cette ville, ainsi qu'à Ling-tsing tcheou dans la province du Chang-toung çX même dans celle du Chan-si, il y avait quelques estrangers, desquels les prédécesseurs estoient venus des royaumes voisins, et qu'ils estoient Adorateurs de la croix, et avoient accoustumé d'en signer leur boire et manger avec le doigt voire m es me qu'on signoit les petits enfans du mesme charactère de ce signe salutaire au front avec de l'encre, en divers lieux, pour les préserver des malheurs qui arrivent ordinairement aux enfans... Assurant ensuite qu'une persécution ne s'estoit élevée contre eux, que parce que lesSarrazins (païens), ennemis jurés des Chrétiens, avoient causé ce désordre par le soupçon et la crainte qu'ils avoient inspirés aux Chinois; de sorte qu'il n'y avoit pas plus de 60 ans qu'elle avoit commencé. » (O 'cet Israélite parlait de cela l'an 1603 ; la persécu-

DYNASTIE DES YUEN

tion datait donc seulement de 1543, et jusqu'à cette date les chrétiens n'avaient pas été gravement inquiétés.) « Un de nos frères étant allé dans ces lieux pour descouvrir les anciennes restes du Christianisme, n'en put jamais descouvrir pas une, quoiqu'il eût apporté les noms des personnes et des familles chrestiennes, que le Juif lui avoit donnés par escrit, un chacun faisant son possible de dissuader qu'il fut sorti de tels parens, n'y qu'il eût esté d'une telle Religion : parce que peut-estre ils prenoient le frère pour un chinois, ou bien parce qu'ils le croyoient un espion des magistrats, lequel venoit pour les surprendre. » (kircher.) — Ce Frère (Sébastien Fernandez) était en effet chinois, et les chrétiens n'osèrent évidemment point se découvrir à lui.

Ce témoignage nous semble prouver suffisamment que des chrétiens convertis par les Franciscains existaient encore lors de l'arrivée du célèbre P. Ricci. Ce zélé missionnaire et ses illustres successeurs allaient reprendre l'œuvre des fils de saint François et rendre à l'Église de Péking, sous une nouvelle dynastie, sa première splendeur.

Choun-ti ne pensait qu'à ses plaisirs, et ses ministres préparaientpar leur mauvaise administration la ruine de l'empire que les Chinois éclairés et patriotes espéraient toujours délivrer du joug des Mongols. Dès l'année 1337 les révoltes éclatèrent, et en 1352 presque toute la Chine méridionale L S0CLE d'une croix enlevée par les lamas. — 2, 3, 4, 5. tomf.es

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