‹ Péking, histoire et descriptionChapitre 59 sur 239 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

I. DYNASTIE DES MING. IIOUNG-OU. LÉOU-PÈ-OUEN. MA-HOANG-HEOU. YOUNG-LO.

II. SAINT FRANÇOIS-XAVIER. GASPARD DE LA CROIX. — III. L'EMPEREUR OUAN-LI. LE P. MATHIEU RICCI. — ■ IV. ATTAQUE DES TARTARES. INSURRECTION. LE P. LONGOBARDI. LE P. TRIGAULD. LE P. ADAM SCHALL. LI-KOUNG. FIN DE LA DYNASTIE DES MING.

primée pari étranger depuis près d'un siècle, la Chine ne demandait qu'à secouer le joug. Les Mongols, efféminés par les délices de la paix, n'étaient plus redoutables. Tchou-yuen-chang, d'abord simple bonze puis chef de voleurs, forma le dessein de reconquérir son pays sur les envahisseurs. Il n'eut point de peine à se créer des partisans, et bientôt, levant l'étendard de la révolte, il s'empara de plusieurs villes dans les provinces du sud, défit les l%\/filèilj^^h^' */- Il l! troupes mongoles en bataille rangée, se fit procla-

i/W ïJC\fl$ÊÊkl -& il // mer emPereiir sous le nom de Houng-ou (grand

guerrier) et devint ainsi le fondateur de la nouvelle dvnastie des Ming. Il établit le siège de son empire à Nanking. Après avoir préparé une grande expédition et réuni une armée nombreuse, il marcha sur Péking, dont il s'empara. Ses descendants gouvernèrent la Chine de 1368 à 1644.

Les généraux de Houng-ou refoulèrent les Mongols au delà de la Grande Muraille, et de ce pays firent, à leur retour, un désert entre la Mongolie et la Chine. Au nord de la muraille, tout fut brûlé et détruit, et les Mongols durent se retirer dans les steppes d'où, cent ans auparavant ils avaient répandu la terreur par le monde entier. Néanmoins, ils ne laissèrent pas que d'inquiéter encore pendant bien des années la nouvelle dynastie, par de fréquents retours offensifs. Sous le second successeur de Houng-ou, la Mongolie devint une province chinoise, et tout ce qu'avaient construit les Yuen fut anéanti par les Ming. La ville de Chang-ton fut détruite ; ses ruines, que l'on voit encore aujourd'hui, et

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DYNASTIE DES MING

celles du palais des empereurs mongols, montrent quelle devait être la grandeur et

l'empereur houng-ou

léou-pèouen.

l'opulence de cette cité. La ville de Karakoroum fut rasée en 15 19 et, sur son

PEKING

emplacement, on construisit le temple lama d' Erdeni-tchao. Les Ming ne voulaient rien laisser qui pût rappeler le souvenir de cette odieuse dynastie mongole ; non seulement les villes, les palais, les monuments, mais encore les églises de Jean de

Montcorvin, tout disparut, et aujourd'hui il est fort rare de rencontrer une inscription, une stèle, un tombeau datant de l'époque des } uen.

Houng-ou se servit de tous les hommes de talent qu'il put trouver, pour l'aider dans le gouvernement de ses Etats. Un des principaux fut Léou-pè-ouen. Cet homme remarquableavait été reçu docteur vers la fin de la dynastie des Yuen, et pour ne point servir les nouveaux maîtres de la Chine, il s'était caché et voulait vivre dans l'obscurité. Houng-ou entendit parler de lui, le fit chercher et conduire à la cour, où il le combla de prévenances et se l'attacha.

Léou-pè-ouen fut fidèle à la nouvelle dynastie, qu'il servit pendant plusieurs règnes avec autant d'intelligence que de dévouement. Il s'acquitta deplusieurs ambassades importantes et composa des livres encore fort appréciés ; enfin c'est à lui que l'on doit la construction de la ville Chinoise (Nan-tcJîeng), comme nous l'avons dit dans l'Introduction.

Pendantque ses généraux achevaient la conquête de la Chine, Houng-ou, avec l'impératrice Mahoang-Aeou, préparait de sages règlements pour le gouvernement de l'empire. Il élabora un code de justice criminelle, fit adopter l'ancien cérémonial des Rites, et rétablit les usages primitifs. Il porta un édit qui obligeait tous ses sujets à s'habiller comme au temps des empereurs chinois ; il retrancha tous les ornememts inutiles, et donna ,lui-même l'exemple de la plus grande simplicité. Par ses soins, des écoles furent ouvertes et des bibliothèques fondées dans les principales villes de l'empire. Respectueux pour les anciennes dynasties, il fit réparer ou reconstruire leurs sépultures. Les droits et les devoirs des mandarins furent fixés. Une carte générale de la Chine fut dressée

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