‹ Péking, histoire et descriptionChapitre 60 sur 239 · IMPERATRICE MA · texte numérisé non relu

IMPERATRICE MA

DYNASTIE DES MING

en 1394, carte qui devait servir de base à celle que firent les Jésuites un siècle et demi plus tard.

Houng-ou mourut à

Nanking

l'an 1399, laissant le trône à son fils Kien-ouen-ti, qui ne régna que quatre ans. Il fut détrôné par un de ses oncles nommé Yen-ouang, prince de Yen, qui commandait à Péking. Yen-ouang marcha contre son neveu, et après une bataillesanglante dans laquelle 300,000 hommes périrent, il s'empara de Nan-king et fit mourir dans les supplices plus de 800 personnages de haut rang demeurés fidèlesau prince légitime. Maitre des deux capitales-, Yen-ouang se fit proclamer empereur sous le nom de Young-lo (1403).

La 7e année de son règne, il quitta Nan-king et transporta sa cour à Péking, laissant son fils, le prince héritier, dans la capitale du sud, avec des tribunaux et une cour semblable à celle du nord, où il allait luimême fixer sa résidence. Cet empereur, d'abord absolu et cruel, devint ensuite un bon souverain, aimé et estimé de ses sujets. Sa principale gloire est d'avoir reconstruit Péking presque en entier ; l'enceinte, les pagodes, le palais impérial, tous les principaux monuments datent de Young-lo. Il mourut en 1424.

Unde sessuccesseurs, Yingtsoung, fit rebâtir en 1436 les neuf portes de la ville. Sous son règne, les Tartares se révoltèrent et l'empereur envoya contre eux une armée de 500,000 hommes, dont il donna le commandement à un chef incapable qui fut complètement battu : presque tous les soldats périrent de misère. L*empereur, voulant venger cette défaite, se mit lui-même à la tête d'une

PEKING

nouvelle armée : il perdit la bataille, fut fait prisonnier et emmené en Tartarie. Son frère King-ti tint sa place de 1450 à 1456. Plusieurs empereurs se succédèrent encore, tous dominés par les eunuques, dont la néfaste influence devait perdre cette dynastie, comme elle en avait déjà perdu tant d'autres. Pendant le règne de Chetsoung (1522-1566), les Tartares orientaux ravagèrent toutes les provinces septentrionales de l'em-

pire ; moins heureux furent les Japonais qui se virent, à la même époque, repoussés par trois fois descôtes du Tchékiang.

Vers la fin de cette dynastie, les empereurs, toujours sous le coup d'une invasion des Tartares orientauxou Tartares-mantchoux, entretenaient une armée d'un million d'hommes pour garder la Grande Muraille et ses passes. Le règne de Ouan-li (1573 1620) fut encore assez heureux ; il commit cependant une imprudence qui devait lui coûter cher, en refusant sa fille au prince des Tartares qui la lui avait demandée en mariage. Il fut aussi mal inspiré en vexant les marchands de Tartarie qui faisaient le commerce avec les Chinois. En outre, contre toute justice, il avait fait mourir le père du roi des Tartares tombé entre ses mains. Son fils jura de le venger et d'immoler à ses mânes 200,000 Chinois. A la tête de 50,000 cavaliers, il fondit sur la ville de Léao-yang et s'en empara. C'est là qu'il se fit déclarer empereur sous le nom de Tien-ming, l'an 161 5. Les Tartares-mantchoux avaient déjà la ferme volonté de s'emparer de l'empire et s'y préparaient. Nous verrons bientôt comment, aidés par les circonstances, ils parvinrent enfin à leur but.

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