IV. — LA CAPITALE DES KIN
Les annales de cette dynastie/A7//-r/^nous apprennent que les Kin ne détruisirent pas la capitale des Léao, mais l'agrandirent, c'est à-dire, comme les documents historiques vont nous le montrer, bâtirent sur le côté est une autre ville qui, avec l'ancienne, forma la nouvelle capitale des Kin et fut appelée Tchoung-tou. Les Kin construisirent à l'intérieur de la ville une nouvelle résidence impériale. En dehors des murs et au nord, ils bâtirent des palais d'été et de vastes jardins, parmi lesquels est signalé le K'ioung-lioa-tao. C'est aujourd'hui le Pc-t'a-chan qu'on voit dans la ville impériale. Il est dit d'ailleurs que la ville des Kin était au sud de la ville tartare. L'ouvraoe Pé-p' ing-£ ûu-king-tchechou affirme de son côté que la capitale mongole fut construite à trois li au nord de la ville des Kin. Or. ces diverses désignations manqueraient d'exactitude, si l'emplacement de la capitale des Kin avait été le même que celui de la capitale des Léao. Marco-Polo dit que Kambalick était contigu àl'ancienne ville des Kin, et qu'une rivière seulement les séparait. Les deux cités avaient donc au moins à peu près la même longueur sur un de leurs côtés. Les temples indiqués dans la capitale des Kin : Fa-yuen sse, ICouang-ngen-sse, Pè-yun kouan, Tien-ning-sse, T'ou-ti iniao, se trouvent, il est vrai, dans l'ancienne capitaie des Léao, mais on comprend que la ville nouvelle des Kin ne pouvait alors avoir de monuments. heTa-kinkouo-tche dit que la ville avait douze portes et soixante-quinze //de périmètre. D'après le même auteur, elle était composée de quatre villes, et les Mongols pour s'en emparer durent faire le siège de chacune. Ces quatre villes étaient évidemment la ville des Léa , celle des Kin et leurs deux palais fortifiés. On peut conclure de ce texte, que le mur est des Léao n'avait pas été détruit et séparait encore les deux capitales, autrement l'auteur n'aurait pu parler que de trois villes : une grande enceinte unique, et celles des deux résidences impériales. Le Taè-tsou-che-lou dit que Houng-ou, premier empereur des Ming, fit mesurer la ville du sud (Nan-tcJieng), et lui trouva environ trente li. C'était l'ancienne capitale des Kin prise toute seule, à laquelle, par rapport à la ville mongole appelée ville du nord, la désignation de ville du sud convenait parfaitement
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bien. Ainsi, la capitale des Léao comptant trente-six //, celle des Kin trente //, on aurait, d'après ces données, un périmètre de soixante-six li pour l'ensemble de Tckouncr-tou. Elle s'étendait un peu moins à l'est, mais plus à l'ouest et plus au sud que la ville chinoise actuelle (V. le plan). C'est seulement lorsqu'on bâtit cette dernière vers le milieu du seizième siècle, que les murs de la capitale des Kin furent détruits. En i 2 i 5, Gengiskan renversa la dynastie des Kin, et pendant un demi-siècle leur cité fut le chef-lieu d'une province mongole. Koubilaïkan, petit-fils du conquérant, quitta Karakoroum et eut d'abord l'intention de restaurer la capitale des Kin, mais il aima mieux bâtir, en 1264, une nouvelle ville au nord de l'ancienne.