‹ Péking, histoire et descriptionChapitre 78 sur 239 · RESPECTE CECI · texte numérisé non relu

RESPECTE CECI

» En conséquence, Tang Jo-houang a obtenu que son jeune petit-fils, Tct7ig Chckoung, adopté par lui, soit reçu avec des lettres d'approbation à l'école impériale. Ce fait n'est-il pas tout ce qu'il y a de plus extraordinaire ? Donc que tous portent leurs mains à leur front, louent la sainte dynastie qui, dans l'élévation des sages aux dignités, ne fait pas de distinction de nationalité ; et que tous félicitent Tang Jo ouang de l'immense bienfait dont il a été comblé. »

I. AVÈNEMENT DE k'aNG-SI. LES RÉGENTS. MORT DU P. ADAM SCHALL. CIMETIÈRES ET SÉPULTURES. — II. GRÉGOIRE LOITZ. LE r. VERP.IEST. OBSERVATOIRE. LKS VICAIRES

APOSTOLIQUES. III. LA MISSION FRANÇAISE. DÉCRET DE K'ANG-SI ; LE 1er PE-TANG.

IV. LA QUESTION DES RITES. LE CARDINAL DE TOURNON. Msr MEZZABARBA. MM. AP-

PIANI, PEDRINI ET RIPA. CONVERSION DESSOURMIA. TRAVAUX DES MISSIONNAIRl S. I.A MISSION RUSSE. MORT DE K'ANG-SI. — V. VOUNG-TCHENG. LES SOURMIA. LE P. MORAO.

'ANG-SI (inaltérable paix), monté sur le trône en 1622, gouverna la Chine pendant 61 ans, et mourut en 1723. Son règne glorieux a été comparé à celui de Louis XIV. Il était le second fils de Choiui-tche et n'avait que 8 ans. Trop jeune encore pour gouverner, il confia la régence à quatre grands mandarins, dont le plus élevé se nommait Sorti. Leur premier soin fut de mettre en accusation le chef des eunuques, qui fut condamné à mort et exécuté. Une loi expresse que l'on fit graver sur une plaque de fer du poids de 1000 livres, interdit pour l'avenir aux princes mantchouxla faculté d'élever les eunuques à aucune sorte décharges ni dignités. Cette loi, qui existe encore, est une des principales sauvegardes de la dynastie.

Pour réduire un fameux pirate nommé Koiio-tclicn, les régents n'hésitèrent pas à tout brûler sur le littoral du Fou-kit a, qui tenait encore pour les Ming.

En 1654, la mission de Péking fit une grande perte : le P. Langobardi, supérieur des Jésuites, usé par cinquante années de travaux apostoliques, termina sa longue vie en Chine, au mois de décembre 1654. L'empereur fit les frais de ses funérailles, et un détachement de la garde impériale accompagna le corps jusqu'au lieu de sa sépulture, dans le cimetière du P. Ricci, où il fut enseveli.

PEKING

L'amitié personnelle de Ckoun-tche pour Adam Schall avait arrêté toute persécution ; mais à la mort de l'empereur, les régents, qui détestaient les missionnaires, n'attendaient qu'une occasion pour les persécuter, et Adam Schall luimême, malgré ses services, ne devait pas trouver grâce. Il s'était servi des mathématiques pour acquérir l'estime de l'empereur. Non seulement Choun-tclic avait ôté aux mahométans la direction de l'observatoire, dont ils étaient en possession depuis 300 ans, pour la donner au P. Adam Schall, mais il avait permis à ce Père de s'adresser directement à lui, sans passer par les tribunaux, peu favorables aux étrangers. Ce privilège lui avait suscité beaucoup d'envieux.

En 1664, Yang-kouang-sien, l'astronome mahométan dépossédé, présenta un mémoire contre le P. Schall, l'accusant de fausses doctrines et de conspiration contre l'État. Les régents proscrivirent la religion dans tout l'empire et firent mettre en prison le P. Schall avec ses trois compagnons ; on brûla leurs livres et tous les objets religieux, sans cependant détruire leur chapelle. Traînés de tribunaux en tribunaux, ils furent enfin incarcérés au Siiigpou (tribunal des crimes) et chargés de neuf chaînes. L'état dans lequel se trouvait le P. Schall était navrant : affaibli par l'âge, les infirmités et la paralysie.il souffrait, de plus, d'une espèce de catarrhe qui lui ôtait même la faculté de parler.

Le P. Verbiest, qui partageait ses fers, présenta une courageuse défense de son confrère. On le condamna néanmoins à être étranglé; puis les juges, révoquant leur premier arrêt, en portèrent un autre, par lequel Adam Schall devait être exposé sur la place publique et coupé, tout vivant, en dix mille morceaux. Un horrible tremblement de terre et un incendie qui consuma une grande partie du palais, firent surseoir à l'exécution ; on relâcha le P. Schall, et on lui permit d'aller dans sa maison, jusqu'à ce que l'empereur en disposât autrement.

DYNASTIE DES TS'ING

Il mourut le 15 août 1666, à l'âge de 75 ans, sans que la sentence de mort fût rapportée. Quelques années après on réhabilita sa mémoire, et il fut enterré aux frais de l'empereur.

Nous lisons dans les lettres écrites par les Jésuites : « Le tombeau du P. Mathieu Ricci est le premier au bout du jardin ; tous les autres sont rangés sur deux lignesau-dessous de lui. Le P. Adam Schall est d'un autre côté, dans une sépulture vraiment royale, que l'empereur qui règne aujourd'hui lui fit faire quelques années après sa mort. L'empereur destina des sommes considérables à lui élever un magnifique mausolée, que l'on voit encore à présent au lieu de sa sépulture, orné de statues et de plusieurs autres figures de marbre, selon la coutume du pays. »

Comme on peut le constater par le plan du cimetière du P. Ricci, imprimé en 1616 (V. p. 133). le terrain donné par l'empereur n'avait pas même la moitié de la largeur du terrain actuel. Le tombeau du célèbre Jésuite se trouvait à égale distance du mur de l'est et de l'ouest, une allée en pierre conduisait de la résidence à ce tombeau, et les PP. Jésuites enterraient leurs confrères défunts à droite et à gauche de cette allée. Les deux plus voisins du P. Ricci, sont le P. Jean Térenz (1630) et le P. Jacques Rho (163S) ; puis viennent le P. Longobardi (1654) et le P. Coronatus, Dominicain (1666).

La sépulture donnée pour le P. Adam Schall se trouvait en dehors du mur ouest du premier cimetière. Il y fut enseveli à la manière chinoise ; mais, après sa mort, les missionnaires continuèrent à enterrer leurs confrères à droite et à gauche de l'allée dont nous avons parlé : le P. de Sequeira, Chinois (1673), le P. Gabriel de Magalhaes (1677), le P. Louis Buglio (1682), le P. Charles Dolzé (1701), le P. Pernou (1702). Le P. Verbiest (16SS) avait son tombeau à part, mais toujours dans le même cimetière. C'est en 170S que le P. Thomas Pereira fut enterré dans la partie ouest du mur ; ce qui tendrait à prouver qu'à cette époque seulement, les deux cimetières furent réunis

en un seul, tel qu'on le voit aujourd'hui. Alors la grande allée fut transportée au milieu, et on enterra de chaque côté : le P. Thomas (1709), le P. Kastner (1 709), le P. Liebestein (171 1), le P. Grimaldi (1712), etc.

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