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MIAO-TSE

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forte, que le célébrant eut bien de la peine à terminer l'office. On chercha de tous côtés, sans rien découvrir. Les fidèles etles missionnaires avaient quitté l'église depuis peu d'instants, lorsque les cris : Au feu ! Au feu ! retentirent de toutes parts, et aussitôt on vit de longs tourbillons de flammes et de fumée qui s'élançaient de toutes les fenêtres. L'incendie s'était propagé avec la rapidité de la foudre ; en moins d'une heure, le vaste bâtiment fut consumé.

Dès le lendemain de l'incendie, l'empereur K'ien-loung, sensible au malheur qui venait de frapper les missionnaires, donna ordre au tribunal des ministres de s'informer de ce que son aïeul, K'ang-si, avait fait lors de la construction de cette église. On trouva qu'il y avait contribué pour la somme de 10.000 taéls. En Chine, les anciens usages font loi ; K'ien-loung en donna autant pour la reconstruction de l'édifice, et promit d'écrire lui-même de nouvelles inscriptions pour remplacer celles de K'ano--si, qui avaient été brûlées. Cette nouvelle se répandit aussitôt partout ; on vint féliciter les Pères du Nan-t'ang pour ce témoignage extraordinaire de la faveur impériale. Les travaux avancèrent avec activité, et les Jésuites dépensèrent toutes les ressources dont ils pouvaient disposer.

K'ien-loung témoignait encore quelque bienveillance aux missionnaires employés à la cour, et, pour le bien de la religion, ils continuèrent leurs travaux scientifiques ; mais la mort venait éclaircir peu à peu leurs rangs, et ils n'étaient pas remplacés. Ceux qui survivaient étaient plongés dans un profond abattement ; ils ne voyaient que des ruines dans le présent, et pour l'avenir un désastre total. En i 780, l'un d'eux, le P. Dollières, écrivait en Europe: « Nous avons grand besoin que Dieuhous regarde en pitié, et nous envoie des successeurs. Il est impossible que la mission se soutienne longtemps dans l'état où nos désastres l'ont réduite... Il faut recourir à quelques communautés où il règne beaucoup de piété, un grand zèle pour le salut des âmes, quelque goût pour les sciences, mais surtout beaucoup de douceur, de modération, de patience, d'abnégation et de charité. )) - - Le P. Dollières expirait de chagrin deux mois après avoir écrit ces paroles.

Le roi de France, Louis XVI, se préoccupait de subvenir aux besoins de la mission de Péking. Après s'être adressé à divers Instituts, qui ne purent accepter, Sa Majesté la proposa h. la Société des Missions- Étrangères (1776). Ce projet, approuvé par le Souverain- Pontife, rencontra de la part de cette respectable Société un refus absolu et irrévocable. M. Jacquier, supérieur général de la Congrégation de la Mission, dite des Lazaristes, refusa de même jusqu'à trois fois ; c'est qu'en effet, s'il est fâcheux d'avoir à céder sa place, il est aussi fort désagréable de se mettre à celle des autres. Des instances multipliées, enfin un ordre du roi, arrachèrent un consentement que M. Jacquier qualifia toujours de consentement forcé.

Par le décret suivant daté du 7 décembre 1 783, la Congrégation de la Propagande mettait les Lazaristes en possession des missions, résidences, églises de Péking et des biens-fonds qui y avaient été annexés.

<( Le roi très chrétien de France, Louis XVI, ayant, selon sa piété et son zèle pour la foi catholique, fait exposer à notre Saint- Père le pape Pie VI qu'il désirait que les prêtres de li Mission soient subrogés pour les missions de l'empire de la Chine aux Pères français de la Société éteinte des Jésuites, qui les administraient précédemment, Sa Sainteté, après avoir pris l'avis de quelques éminents cardinaux

DYNASTIE DES TS'ING

de la Sacrée Congrégation de la Propagande, louant hautement la foi et la religion du même roi très chrétien, et voulant seconder ses pieux désirs, a subrogé et député les susdits prêtres de la Congrégation de la Mission, sous la désignation du supérieur général et l'approbation de la même Sacrée Congrégation, à la place des susdits Pères de la Société éteinte des Jésuites, dans les missions de la Chine qu'administraient ces mêmes Pères de la nation française, avec tous les pouvoirs, droits et privilèges qui doivent être donnés à chacun d'eux respectivement, lesquels la Sacrée Congrégation a coutume d'accorder aux missionnaires, sous la dépendance des évêques, ou des vicaires apostoliques là où il n'y a pas d'évêques, sauf pourtant les privilèges et exemptions accordés aux susdits prêtres et à la Congrégation de la Mission par le Siège apostolique, suivant les mode, forme et teneur qui seront prescrits à l'avenir par Sa Sainteté, de concert avec le roi très chrétien, soit pour la désignation des lieux où ces mêmes prêtres de la Congrégation de la Mission devront être envoyés, soit pour les biens et revenus à eux déjà assignés ou devant être assignés à l'avenir par la pieuse libéralité des fidèles chinois, soit pour les charges à acquitter par eux en conséquence des fondations pieuses, et enfin pour les règles à observer dans l'exercice de leurs mis-

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