CHAPITRE IX
I. k'ien-loung. le p. parennin. guerre des êleutes. le p. gaup.il. le p. benoist.
LE F. CASTIGL10NE. LE F. ATTIRET. II. PERSÉCUTION. GUERRE DES MIAO-TSE.
LE GÉNÉRAL TCHAO-HOEI. SUPPRESSION DES JÉSUITES. INCENDIE DU NAN-t'aNG.
III. LA CONGRÉGATION DE LA MISSION, DITE DES LAZARISTES. DÉCRETS. MSr DE GOUVÉA. MM. RAUX ET GHISLAIN. I.E V. PARIS. ABDICATION DE k'iEN-LOUNG.
onté sur le trône à 26 ans (1735), K'ien-loung eut la sagesse de se donner quatre régents pour l'aider dans le gouvernement de l'empire. Une amnistie générale rendit à la famille Sourniama la ceinture jaune, insigne de son alliance avec la famille impériale, et ses descendants la portent encore ; mais les chrétiens des provinces ne profitèrent point de la clémence de K'ien-loung. Cependant, il y avait encore à Péking trois églises desservies par les Jésuites. Le P. Koegler, Bavarois, et ses compagnons étaient au Nan-t'ang ; le P. Parennin et les Français, au Pé-fang; le P. Pinheiro et les Portugais, au Toung-t'ang. Il y avait également divers établissements où l'on transportait les enfants trouvés.
Les régents rendirent un décret portant «que les Européens, tolérés seulement à cause des services qu'ils pouvaient rendre, ne pourraient plus chercher à convertir ni les Chinois, ni les Tartares. » Des mandats d'arrestation
furent lancés contre les chrétiens de Péking même, que l'on incarcéra en très grand nombre Dans ce temps-là, un Frère jésuite italien ornait de peintures le palais impérial ; il se nommait Castiglionc, et était né en 1698 ; K'ien-loung l'avait pris en affection. Doué d'un remarquable talent, on l'obligeait à renoncer aux règles de son art pour suivre les goûts de la cour ; outre les portraits, il peignait des aquarelles qui sont encore fort estimées, et c'est à prix d'or que l'on vend les éventails ou les pendentifs signés Lang-cke-ning (nom chinois de Castiglione). Les Jésuites, vou
ant
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profiter de la faveur relative dont jouissait ce Frère, le chargèrent de présenter un Mémoire à l'empereur, qui le reçut et en prit lecture. Cette démarche, quoique sans succès, ne fut pas inutile ; on vit que les missionnaires avaient encore un certain crédit à la cour, puisque l'on recevait leurs pétitions ; mais peu de temps après, une accusation lancée contre un chrétien qui baptisait des enfants païens fit redoubler la persécution, et un édit terrible parut contre le christianisme. Le lendemain, 14 décembre 1737, le Frère Castiglione, en pleurant, supplia à genoux l'empereur d'en suspendre l'exécution. K'ienloung fut touché, et donna l'ordre impérial suivant :« Le tribunal des crimes a pris et puni Léou-eul (le chrétien accusé) pouravoir transgressé les lois de la Chine. . . cela n'a nul rapport avec la religion chrétienne, ni avec les Européens...» Cette pièce atténua un peu l'effet de l'édit proscrivant le christianisme, et quelques missionnaires en profitèrent pour rentrer furtivement en Chine, sous des déguisements ; plus de quarante s'échappèrent ainsi de Macao. Quelques paroles bien simples du Frère Castiglione avaient plus fait que tous les Mémoires et que toutes les pétitions.
Le 1 7 octobre 1741, mourut à Péking le P. Parennin.
Il était âgé de JJ ans et avait quitté la France en 1698.
Pendant plus de vingt ans, il avait suivi l'empereur PTaug"si dans tous ses voyages et dans ses chasses, ne pouvant guère, que sur la route et en passant, s'occuper des chrétientés. Ce Père était peu
versé dans les sciences exactes, mais il avait fort bien appris le chinois et le tartare qu'il parlait avec la plus grande facilité. Comme les rapports avec les Russes se faisaient en latin, un collège de ieunes Tartares avait été établi à Péking pour y enseigner cette langue, et c'est le P. Parennin qui en fut le directeur. L'empereur voulut faire les frais de ses funérailles, et il s'en acquitta d'une manière digne d'un grand monarque. Le frère de ICien-loung et dix autres princes y concoururent aussi : ils envoyèrent chacun plusieurs de leurs officiers, pour accompagner le convoi jusqu'à la sépulture des Jésuites français donnée par l'empereur, et qui est située à une lieue de Péking, vers l'ouest.
l'empereur k'ien-loung.
PEKING
En 1753, les princes descendus de ce Kaldan qui, plusieurs fois du temps de K'ang-si, avait troublé la tranquillité de l'empire, après s'être fait les uns aux autres une guerre continuelle, commencèrent à se rendre redoutables à leurs voisins. Beaucoup d'Eleutes vinrent implorer le secours de l'empereur. Ce prince prit parti dans la querelle qu'un des chefs éleutes, nommé Amour -sanan, avait avec Daivadji, autre chef de la même famille. Les troupes impériales mirent Amour-sanan sur le trône ; mais l'empereur fit grâce de la vie à Dawadji, son prisonnier ; peut-être moins par clémence que par politique, et pour pouvoir, au besoin, l'opposer à son rival. Ce
dernier.devinant les motifs de la conduite de K'ien-loung, et mécontent du peu d'autorité que les lieutenants de l'empereur lui laissaient en Tartarie, excita ces peuples contre l'autorité chinoise et leva, en 1 755, l'étendard de la révolte.
Tous les grands étaient d'avis d'abandonner les Tartares à leurs dissensions, et de ne point entreprendre une guerre lointaine et hasardeuse :
K'ien-loung pensa différemment. Ses généraux eurent ordre de pénétrer jusqu'au fond des pays habités par les Éleutes ou leurs partisans; mais, trompés et trahis parles Tartares, qui formaient une partie de leurs troupes, ils ne purent s'emparer d'Amour-sanan, et furent plusieurs fois vaincus.
K ien - loung, voyant ses armées presque détruites, hésita àcontinuer la guerre; mais Tchao-hocitX Fou-ie, deux excellents officiers généraux, l'un Chinois et l'autre Mantchou, firent changer la face des affaires. Les Eleutes plièrent devant eux , tout leur pays fut occupé. Amour-sanan, fugitif, se retira d'abord chez les Kasaks, ensuite dans la Sibérie, 011 il mourut bientôt après de la petite vérole.
Les armées chinoises parcoururent alors la Tartarie, en rassemblant tout ce qui restait des tribus éleutes ; les hommes du commun furent transportés dans des contrées lointaines, et les chefs envoyés pour la plupart à Péking, où l'empereur les jugea lui-même et les condamna au supplice des rebelles. Le pays fut administré sous sa protection par des gouverneurs qu'il institua, et dont il rendit la charge héréditaire, à la condition qu'ils tiendraient de lui leur autorité. .
LE I'. I'ARKNNIN.
DYNASTIE DESTS'INC.
Les vastes contrées habitées parles Éleutes ne furent pas les seules qui se soumirent à K'ien-loung, Toutes les villes des Turcs de Kachgar, d'Aksou, de Yerkiyang, et jusqu'aux Kasaks, précédemment vassaux des Eleutes, passèrent sous la domination chinoise. Le sultan de Badackchau, chez qui s'étaient réfugiés les princes de Kachgar et de Yerkiyang, fut contraint de les livrer. Ainsi la puissance chinoise s'exerça encore une fois sur toute la Tartarie, jusqu'aux confins de la Perse. K'ienloung, se voyant seul maître des régions centrales de l'Asie, voulut se conformer aux rites que les anciens empereurs pratiquaient à la fin d'une guerre glorieusement terminée. Il se rendit à dix lieues de Péking, sur la route par laquelle devait revenir Tcliao-hoci, descendit de cheval, salua le vainqueur, lui présenta une tasse de thé, fit avec lui des sacrifices et toutes les cérémonies prescrites, puis revint à Péking précédé du général, couvert de son armure et suivi de trente prisonniers turcs enchaînés. Ce triomphe eut lieu au mois d'avril i 760.
Un des Jésuites les plus remarquables de Péking sous le règne de K'ien loung, fut le P. . \ ut 01 ne Gaubil, né le 4 juillet 1689 à Gaillac, ville du Haut- Languedoc, et admis dans la Compagnie de Jésus à Toulouse, vers l'âge de quinze ans. Parti de France en 1721, il arrivait à Péking en 1723. Le P. Gaubil se mit dès lors à étudier les langues chinoise et mantehoue, dans lesquelles il lit de tels progrès, qu'il fut bientôt nommé interprète des Européens résidant à la cour. Il remplaça, de plus, le P. Parennin, en qualité de premier professeur du collège impérial, et fut comme lui interprète pour le latin et le tartare, charge que les relations établies entre la Russie et la Chine rendaient très importante. Un visage toujours serein, des mœurs extrêmement douces, une conversation agréable, des manières aisées : tout cela prévenait en faveur du P. Gaubil, et l'amitié ne tardait pas à se joindre à l'estime. Il mourut en 1759 et fut enterré au cimetière français.
Un autre Jésuite, le P. Michel Benoist, ne se recommanda pas moins par son caractère et par ses talents. Il naquit à Autun le S octobre 171 5. fit son cours de théologie à Paris, au séminaire de Saint-Sulpice, puis entra au noviciat de Nancy, le 1 8 mars 1 737. Enfin il partit pour la Chine, et arriva heureusement à Macao en 1744. L'empereur l'appela dans la capitale comme mathématicien. En moins d'un an, il fut en état d'entendre les livres usuels et de faire toutes les fonctions de missionnaire.
K'ien-loung, ayant vu en 1747 la peinture d'un jet d'eau, demanda s'il y avait à la cour quelque Européen en état d'en faire exécuter une semblable. Le P. Benoist fut désigné. Il se dévoua à cet ouvrage, et fut présenté à sa Majesté pour faire exécuter des choui-fa ou jets d'eau. L'empereur, satisfait, lui parla avec bonté, et donna des ordres pour qu'on lui obéît en tout. Le P. Benoist, astronome, fut donc transformé en fontainier. Les jardins du palais d'été lui furent ouverts à toute heure, et il fut
AMOUR-SANAN
libre d'y aller quand il voudrait. « Les jours de fête étaient les seuls où il pût respirer ; quelque temps qu'il fit, il venait la veille à Péking, éloigné de deux grandes lieues, et après avoir passé la soirée et la matinée à confesser et à prêcher, il s'en retournait le soir, à moins qu'on ne l'eût invité pour le lundi à quelques assemblées de néophytes ; car il mettait les fonctions de missionnaire au-dessus de tout, et ne voulait jamais s'en décharger sur d'autres.
» La machine hydraulique et le premier jet d'eau furent terminés en automne ; l'empereur fut ravi, et, ce premier choui-fa fini, il fallut en commencer d'autres,
d'abord dans les environs de la maison européenne, puis dans les jardins intérieurs de la ville et du Yuen-ming-yuen, qui est, pour ainsidire, le Versailles de la Chine... »
Une carte générale de l'empirechinois et des pays limitrophes venait d'être dressée ; K'ien-loung voulut qu'elle fût gravée sur des planches de cuivre sous la direction du P. Benoist. On grava donc cent quatre planches, et on imprima cent exemplaires pour lesquels il fallut dix
mille quatre cents feuilles.
Le P. Benoist dut ensuite s'occuper d'un autre tirage d'une exécution plus difficile encore. Seize magnifiques dessins des batailles de K'icn-loitng avaient été envoyés en France, où ils furent gravés aux frais de LouisXV.sous la direction de Cochin. Ces planches, accompagnées deleursdessins originaux et de deux cents'exemplaires, revinrent d'Europe en deux lois. Les sept premières étant arrivées à Péking au mois de décembre 1772, l'empereur vou]ut que le P. Benoist en tirât de nouveaux exemplaires. Ce premier essai de l'impression en taille-douce en Chine fut le dernier des travaux du P. Michel Benoist, qu'un coup de sang, qui ne lui laissa que le temps de recevoir avec édification les sacrements, enleva à Péking le 23 octobre 1774. K'ien-loung donna cent onces d'argent pour ses funérailles.
Le Frère Castiglione appartenant à la mission portugaise, le Pét'ano- voulut avoir aussi un artiste, et le Frère Atliret fut demandé. Il était Français, fils de peintre, et né à Dôle le 31 juillet 1702. Admis dans la Compagnie de Jésus après deux années de noviciat, il fut envoyé à Péking, où il arriva en 1738. Quoique fort habile en son
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art, il dut y renoncer et ne peindre qu'à l'aquarelle, ce qui lui coûta beaucoup. L'empereur ne voulait pas d'autre peinture. « Elle est plus gracieuse, disait-il, et elle frappe agréablement la vue, par quelque côté qu'on la regarde ; ainsi, il faut que le nouveau venu peigne de la même manière que font les autres ; pour ce qui est des portraits, il pourra les faire à l'huile. Qu'on ait soin de l'instruire. » Le F. Attiret supporta même qu'on lui donnât des maîtres chinois pour lui apprendre à peindre ; il se soumit à tout pour la gloire de Dieu. On voulut le nommer mandarin, mais toujours il refusa, au grand étonnement de l'empereur.
Le travail qu'il faisait au palais était fort pénible. Une espèce de salle isolée au rez-de-chaussée, comme sont tous les appartements chinois, entre cour et jardin, exposée à toutes les incommodités des différentes saisons, était le lieu destiné pour lui servir d'atelier. Là, n'ayant d'autre feu en hiver que celui d'un petit réchaud sur lequel il mettait ses godets pour empêcher les couleurs de geler, il souffrait cruellement du froid toujours si vif à Péking. Par contre, en été, les rayons du soleil brûlant changeaient sa pauvre chambre en une véritable fournaise. Une des lettres du Frère Attiret nous montre bien le servage auquel étaient réduits tous les missionnaires, esclaves des moindres désirs de la cour.
« J'ai été reçu par l'empereur de la Chine, aussi bien qu'un étranger puisse l'être d'un prince qui se croit le seul souverain du monde, qui est élevé à n'être sensible à rien ; qui croit un homme, surtout un étranger, trop heureux d'ètreà son service et de travailler pour lui... Ce n'est pas assurément cet honneur qui m'a amené en Chine, ni qui m'y retient. Être à la chaîne d'un soleil à l'autre, avoir à peine les dimanches et les fêtes pour prier Dieu, ne peindre presque rien à son goût et à son génie, avoir mille autres embarras qu'il serait trop long de vous expliquer : tout cela me ferait bien vite reprendre le chemin de l'Europe, si je ne croyais mon pinceau utile pour le bien de la religion et pour rendre l'empereur favorable aux missionnaires qui la prêchent, et si je ne voyais le paradis au bout de mes peines et de mes travaux. C'est là l'unique attrait qui me retient ici, aussi bien que tous les autres Européens qui sont au service de l'empereur. »
COMI1AT D KI.KUTES.
ISS
PEKING
Le Frère Attiret mourut à Péking, le S décembre 1768, âgé de 66 ans, dans les sentiments d'une vive piété. Le Frère Castiglione, que K'ien-toung avait honoré des plus riches cadeaux pour célébrer sa 70^ année, mourut peu après. L'un et l'autre furent enterrés aux frais de l'empereur.
Depuis que les missionnaires étaient établis en Chine, aucun empereur n'avait autant profité de leurs services que K'ien-loung ; cependant, aucun ne les maltraita davantage, et ne porta de plus foudroyants arrêts contre le christianisme.
N 1746, la persécution, qui n'avait jamais cessé, sembla redoubler de violence, surtout dans les missions du sud.
Le. P. Pierre Sanz, Dominicain, né en 1680, à Aseo.enCatologne, et arrivé en Chine en 171 5, avait été. nommé évêque de Mauricastre et vicaire apostolique du Fou-kien. Il fut arrêté et chargé de chaînes à l'âge de 66 ans, se livrant lui-même pour sauver son troupeau. Ses compagnons, les PP. Alcobcr, Royo, Diaz et Serrano, tous Dominicains, imitèrent son exemple.
Le ter novembre 1746, ils furent condamnés à mort, et le 21 avril 1747, l'empereur ratifia la sentence ; le prélat fut exécuté le 26 mai suivant ; avant de mourir, il s'écria: « Je vais devenir dans le Ciel le protecteur de cet empire. » Le 28 octobre 1748, après une longue attente, les autres missionnaires dominicains, avec un nombre considérable de leurs chrétiens, furent aussi exécutés. En 1893, ils ont été déclarés bienheureux.
Les PP. A ///émis et Henriijaez, Jésuites, furent arrêtés, emprisonnés, condamnes à d'affreux supplices et étranglés dans leur prison, le 12 septembre 1 748, avec plusieurs néophytes. Dans cette horrible persécution, le nombre des martyrs fut grand, mais bien grand aussi le nombre de ceux qui succombèrent aux tortures et apostasièrent.
En 1775, eut lieu un événement que les Chinois regardent comme très glorieux, et que K'ien-loung a célébré comme faisant honneur à son règne. Nous voulons parler de l'expédition contre les Miao-tse, petit peuple de race thibétaine, qui était
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resté enfermé dans les montagnes du Sse-tch'ouan et avait conservé son indépendance. Cette guerre fut plutôt une véritable extermination. Le général Akouï, après avoir fait entrer son artillerie dans les gorges où vivaient ces montagnards, les poursuivit de retraite en retraite sur les rochers les plus escarpés et au travers des précipices les plus dangereux. La capitale fut prise, malgré une belle défense ; le dernier fort tomba entre les mains du général Akoui, et les prisonniers furent conduits à Péking, où l'empereur souilla l'éclat de cette petite mais pénible victoire en faisant mourir, non seulement les chefs, mais beaucoup de Miao-tse d'un moindre rang, dont les têtes furent exposées dans des cages.
« En 17S0, dit Abel de Rémusat, l'empereur fit venir à Jehol, en Tartarie, le second des lamas du Thibet ; et ce voyage, dont les motifs ne furent jamais bien connus, donna d'autant plusàpenser que le lama, s'étantrendu à Péking, y mourut subitement petite véro
tendit. Quelques personr soupçonné la politique de K' un loiuigà 'avoir été la cause de cette mort d'un des principaux personnages d'entre les Bouddhistes.Ouoi qu'ilen soit, À 'ien-loung, qui se servait adroitement des lamas pour tenir en respect ses peuples de Tartarie, et qui, dans cette vue, avait rendu de grands honneurs au lama pendant sa vie, lui en renditde plusgrands encore après sa mort, ce qui toutefois ne diminua rien des soupçons qu'on avait conçus. »
La nouvelle de la suppression de la Compagnie de Jésus par le Bref de Clément XIV « Dominus ac Redemptorl> ( 1 754), fut connue en Chine l'année suivante. Plusieurs missionnaires jésuites en moururent de douleur ; les lettres de ceux qui eurent la courageuse résignation de leur malheur, surtout celles du P. Bourgeois, supérieur des Jésuites de Péking, exprimèrent d'une manière touchante leur soumission à la décision du Souverain- Pontife.
Fin 1775, une nouvelle épreuve s'ajouta à celle qui venait de frapper les Pères. L'église de l' Immaculée-Conception, dite du Nan-t'ang, fut détruite par l'incendie, Le 13 février, on célébrait avec solennité la fête de sainte Catherine de Ricci, grand'tante du général des Jésuites, quand il sortit de dessous l'autel une odeur si