FORT DU SUD. (D'APRÈS UN DESSIN CHINOIS
et à des prix très modérés tout ce dont l'armée avait besoin : dans ce pays, l'amour de l'argent laisse loin derrière lui l'amour de la patrie. Mais à partir de cette première bataille le peuple, effrayé par les menaces des mandarins, n'osa plus rien vendre à l'armée des alliés ; on fut obligé de piller la ville de Toung-icheou, qui était très bien approvisionnée.
San ko- lin sin s'était retranché, avec ses troupes et la cavalerie tartare qu'il avait pu réunir, derrière le petit canal qui va de T'oung-tckeou à Péking. A quatre kilomètres ouest de cette ville se trouve le pont de Pa-li-k'iao, qu'il avait mis en état de défense ; c'est là qu'il comptait arrêter les alliés dans leur marche sur Péking. Le 21 septembre, les troupes européennes attaquèrent à 7 heures dn matin l'armée chinoise retranchée dans les villages ; le colonel de Bentzmann battit le pont avec l'artillerie française, et le général Collineau l'emporta ; à midi, tout était fini. Plus
DYNASTIE DES TS'ING
de 50.000 cavaliers tartares cédaient la route de Péking à 1200 Français, et s'enfuyaient par toutes les issues de la Grande Muraille jusqu'en Mongolie. Les fusées, les pièces d'artifice lancées au milieu de ces chevaux mongols à demi sauvages, les avaient rendus furieux, et quatre à cinq mille Tartares périrent piétines par leurs montures. Quelques soldats français, blessés par les flèches mongoles, furent étonnés de ces blessures qu'ils ne connaissaient pas, mais aucun d'eux ne fut tué.
Le célèbre San-ko-lin-sin, criant victoire et annonçant la défaite complète des Barbares, s'enfuit sur la route dallée jusqu'à Péking, dont on luiouvrit les portes; entré en ville avec son état-major, il les fit bien vite refermer, abandonnant ses troupes aux hasards de la défaite.
Tel est ce fait d'armes, qui valut au général de Montauban le titre de comte de Palikiao. Après avoir attendu quelques jours les vivres et les munitions qui arrivaient par le Pè-ho, et fait plusieurs reconnaissances jusqu'aux portes de Péking, les alliés apprirent que les débris de l'armée tartare s'étaient reformés vers l'ouest.
Les généraux résolurent de se porter sur ce point, où se trouvait également le fameux palais d'été appelé } uen-ming-yuen. Les deux armées devaient partir ensemble le 6 octobre, à 4 heures du matin ; mais, d'après ce qui a été raconté, les Anglais levèrent le camp les premiers et se mirent en
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