‹ Péking, histoire et descriptionChapitre 99 sur 239 · TOUR DE TOUNG-TCHEOU · texte numérisé non relu

TOUR DE TOUNG-TCHEOU

marche à minuit. Quelques heures après, le général de Montauban, apprenant leur départ, fit venir deux Chinois et leur dit: « Voilà 100 piastres pour vous si vous nous conduisez directement au Yuen-ming-yuen, et voilà un revolver pour vous casser la tête si vous nous égarez. » Le revolver était inutile, un Chinois ne résiste pas à 100 piastres. A 7 heures du soir, la division française atteignit le palais, tandis que

PEKING

la division anglaise, égarée dans le pays, n'arriva que le lendemain. M. de Pina, officier d'ordonnance du général, escalada les murs avec M. Vivinon, enseigne de vaisseau. Ils soutinrent d'abord seuls l'attaque de quelques Tartares qui les blessèrent 0-rièvement, mais des soldats vinrent bientôt à leur secours, et les portes furent ouvertes. Cette nuit-là même du 6 au 7 octobre, l'empereur s'échappait sur la route qui conduit kje-/w/ en Mongolie. Un piquet de cavalerie contournant les murs du Yuen-ming-yuen aurait pris l'empereur sans difficulté; on n'y pensa pas. Le 7 au matin, les généraux et officiers français visitèrent le palais, mais le général de Montauban eut la délicatesse de faire placer des sentinelles afin qu'on ne touchât à rien jusqu'à l'arrivée du général Grant. Il arriva enfin et une commission mixte entra dans le palais pour choisir les objets les plus rares destinés à Napoléon III et à la reine d'Angleterre. Rien ne peut donner une idée des merveilles entassées depuis plus de 200 ans dans les quatorze palais dont était composé le Yuen-mingyuen; or, argent, bronzes niellés, émaux cloisonnés, jade vert, jade antique, jade blanc, cornaline, améthyste, pierres dures de tout genre, bois précieux, ivoire, incrustations de nacre, soieries brochées, porcelaines admirables, tapis précieux,

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