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FATALITÉ

Noli me tangere.

J’ai vu sur mon chemin plus d’une fleür naissante ;

Et, quand pour les cueillir j’ai voulu me pencher,

J’ai toujours entendu quelque voix menaçante

Qui me défendait d’y toucher.

Quand, le soir, contemplant la nature endormie, Mon cœur des astres d’or voulait se rapprocher, J’ai trouvé la distance, implacable ennemie,

Qui me défendait d’y toucher.

Et quand, pour redorer ma jeunesse fanée,

Une femme à mon bras désira s’attacher,

J’ai vu, d’un doigt moqueur, la froide destinée Qui me défendait d’y toucher.

Aujourd’hui j’aperçois l’idéal qu’en son rêve Mon âme vainement s’épuisait à chercher ;

Mais la fatalité qui me poursuit sans trêve,

Me défend encor d’y toucher !

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