LEVIS
J’aime à te contempler, ô ma ville natale,
Quand les premiers rayons de l’aube matinale Baignent ton front resplendissant ;
Quand tes sapins touffus, quand tes pins gigantesques Font scintiller au loin leurs vertes arabesques, Comme en un cadre éblouissant ;
Quand tes milliers d’oiseaux en troupes se rassemblent, Et vont bâtir leurs nids sous les rameaux qui tremblent Aux flancs de tes âpres rochers ;
Quand sur ton front hardi, que le couchant colore,
Le crépuscule change en brillant météore La flèche de tes blancs clochers.
Hier l’herbe des champs ici croissait à l’aise ; Et depuis, au sommet de ta brune falaise, Tout un peuple est venu s’asseoir.
Maintenant, vers le ciel levant ta tête altière, Tu marches sans jamais regarder en arrière, Pleine d’avenir et d’espoir !
Hier, ce fût en vain que l’on t’aurait cherchée . . . Hier tu sommeillais, immobile et penchée Sur les abîmes de l’oubli ;
Puis, l’œil triomphateur, la tête couronnée,
Tu surgis ... et, sondant ta haute destinée, Québec ta rivale a pâli !
Va ! ne t’arrête pas au sentier de la gloire Souris à l’avenir ! ta place dans l’histoire Brille d’un éclat radieux ;
Fais resplendir au loin l’auréole guerrière Du noble chevalier dont tu dois être fière De porter le nom glorieux !
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