MES PETITS AMIS
A Mme G. I. Pacaud
Blonds enfants aux voix argentines, Frais comme un bouquet d’églantines.
Joyeux comme des chérubins,
Si beaux sous vos robes oranges,
Que l’on dirait un groupe d’anges Nés sous le pinceau de Rubens !
J’aime à vous voir, sur la pelouse, Aux yeux d’une mère jalouse, Jouer comme des papillons Dansant sur leurs ailes de soie,
Peu soucieux, dans votre joie,
Du monde et de ses tourbillons !
Oh ! quand on voit vos fronts sans rides, V os teints rosés, vos yeux limpides,
Que n’ont jamais ternis les pleurs,
On pense à ses jeunes années,
A tant de pauvres fleurs fanées Plélas ! sous le vent des douleurs.
Courez, sautez, troupe joyeuse !
Sur l’herbette souple et soyeuse, Sans fin reprenez vos ébats ;
Mais quand votre joie étincelle, N’oubliez pas qu’on vous appelle Les petits anges d’ici-bas !
Oh ! gardez votre foi si vive,
Et votre innocence naïve,
Coupe d’ambroisie et de miel !
Fuyez toute ombre dangereuse ; Et si votre mère est heureuse, Vous aurez votre place au ciel !