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PREMIER AMOUR

Hélas ! j’aurai passé près d’elle inaperçu.

FELIX ARVEES.

Un soir, elle était là, rêveuse à mes côtés ;

Le torrent qui grondait nous lançait son écume ;

Son grand œil noir jetait ses premières clartés Ainsi qu’un astre qui s’allume.

Sa main touchait ma main ; près de mon front brûlant Ses longs cheveux flottaient ; je respirais à peine ;

Et, sur mes yeux émus, je sentais en tremblant Passer le vent de son haleine.

Mon Dieu, qu’elle était belle ! et comme je l’aimais ! Oui, comme je l’aimais, ma première infidèle !

Infidèle, que dis-je ? elle ne sut jamais Que j’aurais tout quitté pour elle !

BONFANTI

O prêtresse de Terpsichore,

Fraîche comme un rayon d’aurore, Légère comme un papillon,

Si sémillante dans tes poses,

Que l’on dirait l’Esprit des roses S’envolant dans un tourbillon !

Es-tu la sylphide gentille,

Le charmant lutin qui sautille De fleur en fleur, quand il fait brun ? Es-tu la péri vaporeuse Dont l’aile vive ou langoureuse Est faite d’air et de parfum ?

Bonfanti, belle Italienne,

Toi dont la danse éolienne Fait rêver à je ne sais quoi,

Quand, aux cent bravos du parterre, Tu semblés t’élever de terre,

Bien des cœurs volent avec toi !

New-York 1866

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