PRÉFACE
La Direction du Musée royal d'Histoire naturelle de Belgique m'a fait le très grand honneur de me confier la détermination et la description des Pélécypodes fossiles du Montien des environs de Mons, d'après les splendides matériaux déposés dans ses vitrines et recueillis il y a plus de trente ans déjà.
Seule, la Monographie des Gastropodes avait été entreprise et menée à bonne fin par Briart et Cornet, dans une série de Mémoires publiés par l'Académie des Sciences de Bruxelles de 1870 à 1880. Il importait évidemment de compléter l'histoire de cette faune et de combler la lacune existant encore dans la série des Mollusques, par l'examen des Pélécypodes.
La position du Montien dans l'échelle stratigraphique des terrains a donné lieu à des controverses : le travail de Briart et de Cornet, sur les Gastropodes, avait laissé l'impression que beaucoup d'espèces étaient communes avec celles du Bassin de Paris, notamment avec celles du Lutécien ; mais il nous a toujours semblé que les assimilations faites par ces deux savants étaient basées plutôt sur une comparaison imparfaite avec les gravures des ouvrages de Deshayes, que sur la juxtaposition des échantillons eux-mêmes. Aussi, dans les deux derniers volumes de mon Cafaloque illustré des coquilles fossiles de l'Eocène des environs de Paris (1SSS-1S89), ai-je insisté, à maintes reprises, sur la nécessité de rectifier un bon nombre de ces déterminations de Briart et de Cornet, soit en attribuant de nouvelles dénominations aux espèces montiennes, rapprochées à tort de celles du Lutécien, soit en les rapportant à des formes infraéocéniques, comme paraissait l'indiquer l'abondance des Pseudolives.
Quelques savants ont même été plus loin, en proposant de faire descendre le Montien presque jusque dans la Craie, au niveau du Danien par exemple. C'est, à mon avis, une exagération en sens inverse, que ne justifie aucunement l'examen attentif de la faune de Mons : le facies est bien plus éocénique que crétacique, il n'y a rien de commun avec les formes des sables de Vaals, par exemple, si riches en Gastropodes.
C'est donc à ce titre que l'étude des Pélécypodes montiens se présentait à nous avec