LA TENDANCE
chez les meilleurs chrétiens de toutes les dénominations est aujourd'hui dans cette direction. De plus en plus les préjugés se dissipent, les murs de séparation s'écroulent, les barrières tombent et disparaissent.
Et c'est de ce mouvement religieux si plein d'espoir que nous nous étudions dans " L'Avenir," à discerner et à signaler les progrès, conduisant, croyons-nous, à une organisation définitive sur le terrain et d'après les principes de l'église épiscopale appelée ainsi à devenir véritablement et définitivement l'Eglise Catholique!
L'union dans la vérité ! voilà donc l'objet que je poursuis dans mon humble sphère, et c'est aussi l'objet vers lequel tend incessamment l'église a laquele j'ai cru pouvoir et devoir m'unir pour cette raison même.
Mais quel est l'obstacle positif, tangible à cette union bénie, obstacle que tous les fidèles disciples
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et ministres du Christ doivent s'appliquer à faire disparaître ? Cet obstacle, c'est le dogmatisme, père du sectarianisme, principe de toutes les divisions, qui a pour conséquences directes le fanatisme, l'intolérance, la persécution religieuse, l'inquisition avec toutes ses horreurs et ses innombrables victimes, enfin un état de guerre perpétuel entre ceux qui se prétendent les fidèles disciples du prince de la paix !
Il y eut dans l'histoire ecclésiastique une époque fatale, celle où l'église jusque-là messagère fidèle du Christ, appliquée à répandre partout sa doctrine et son esprit, aspira et parvint à le remplacer. S' arrogeant deux attributs divins, une autorité absolue et l'infaillibilité, elle eut la prétention de créer des dogmes et de les imposer à la foi aveugle des fidèles. Dès lors, la théologie prit la place de la religion ; la vertu par excellence du chrétien fut non plus la charité, mais l'aveugle obéissance. Ce que l'on doit croire, c'est ce que l'Eglise enseigne; ce que l'on doit faire, c'est ce qu'elle prescrit. Malheur à qui oserait s'y refuser! et durant des siècles il en fut ainsi. Le Christ fut voilé, relégué dans un mystérieux sanctuaire par l'Eglise prétendant parler en objet nom, agir à sa place; ayant pour premier objet son propre pouvoir, sa propre influence!
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Vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libre. Cette parole du Maître reçoit aujourd'hui sa vérification. Le disciple de Jesus-Christ a enfin compris que son premier devoir en matière religieuse était de penser par lui-même, d'examiner et d'agir résolument en conséquence. Il proteste contre cette humiliante servitude de l'âme qui lui a été imposée. Il brise les liens par lesquels on a voulu le tenir séparé de son divin Maître et est déterminé à revenir à lui. Voilà le sens de la glorieuse évolution qui s'accomplit actuellement parmi les chrétiens. Les confessions de foi, les formules de croyance ne sont plus de saison ; ce qu'il faut maintenant, ce n'est plus une église enseignante, mais une église édifiante, une église qui ne connaisse et n'enseigne d'autre doctrine que la doctrine même de Jésus-Christ et qui justifie le titre d'église une, sainte, catholique et apostolique.
Il est grand temps pour les chrétiens de revenir à Jésus, en qui seul se trouve le vrai christianisme. Etre chrétien c'est avoir son esprit, qui n'a point cet esprit n'est point de lui.
Mais quel est cet esprit en ce qui concerne la religion ? Un dédain profond de tout ce qui n'est pas la religion du cœur, de toutes ces vaines pratiques et ordonnances inventées par les prêtres pour leur influence et leur bénéfice
propre. On ne saurait lire l'Evangile sans être frappé de ce fait, Jésus toujours si plein d'indulgence et de mansuétude, Jésus qui dit : " Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur, Jésus qui ne rebutait aucune infirmité, aucune faiblesse humaine ; qui avec une divine tendresse, appelait, recherchait les pécheurs, pauvres âmes malades pour les guérir, les toucher par l'onction de la parole ; Jésus, dis-je, s'indigne en toute occasion contre les scribes et les pharisiens, et sans jamais tenter de les attirer à lui, n'a pour eux que des menaces, qu'un langage de dégoût: 'Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites, malheur ! ' "
Une de ses paraboles les plus touchantes et les plus instructives, c'est celle du voyageur blessé sur la chemin de Jéricho. Un prêtre vient, voit ce malheureux et passe outre sans s'arrêter; un lévite suit et fait de même ; vient ensuite un Samaritain, et celui-ci voyant cet infortuné est touché de compassion, panse ses plaies, le met sur sa monture, l'emmène dans une hôtellerie et ne le quitte qu'après l'avoir recommandé à l'hôte. De tout cela Jésus conclut que la fraternité s'établit parmi les hommes non par la croyance religieuse mais par la charité. " Femme, crois-moi," dit-il à une Samaritaine, " le temps vient où vous n'adorerez plus. le père sur cette montagne ni à Jérusalem, mais où les vrais adora-
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teurs l'adoreront en esprit et en vérité. Ce sont de tels adorateurs qu'il cherche."
Le jour où Jésus prononça ces paroles, il fonda la véritable et éternelle religion. Il n'est pas un promulgateur de dogmes. On chercherait vainement dans son Evangile une proposition théologique et une définition dogmatique. Il est le fondateur de la religion du cœur, consistant uniquement dans des sentiments purs et dans une vertueuse vie.