REFRAIN
Et dans les splendeurs éternelles Lorsque ce chant retentira,
Le chef des milices fidèles
D'un saint orgueil tressaillira.… Quis ut Deus! Quis ut Deus !1
es
* Espèce de coiffure flamande.
8, la 2 puis , une rême
Et maintenant, comme hélas ! rien ne change, Lucifer souffle encor partout son feu | A nous, Chrétiens! comme le grand Archange,
vique, Humbles guerriers ! défendons notre Dieu |
ju se8 Quis ut Deus ! Quis ut Deus !
spoir, Refrain.
france ; s Quand autrefois, notre France si chère >, Des
Comme aujourd’hui se voyait déchirer, Il inspirait une Vierge guerrière Au nom de Dieu.—Qui put lui résister ?...
Quis ut Deus ! Quis ut Deus!
Refrain.
ne aux
Sur son drapeau, d’après son ordre même, Se déployait l’image du Sauveur,
Pour affirmer sa royauté suprême
Et triompher au nom du Dieu vainqueur!
Quis ut Deus ! Quis ut Deus!
Refrain.
Regardez-le, Protecteur de la France, Ce pauvre peuple encor humilié.
Comme autrefois, reprenez sa défense, Comme autrefois, il fait grande pitié !* Quis ut Deus ! Quis ut Deus!
à Refrain.
(*) Paroles mêmes de saint Michel à Jeanne d'Are.
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L'Eglise aussi, comme sa fille ainée, Souffre aujourd’hui d’ineffables douleurs, Beaucoup hélas ! l’ont presque abandonnée, Vous, saint Michel ! aidez ses défenserrs :
Quis ut Deus! Quis ut Deus!
Refrain.
Quand de Jésus l’infaillible Vicaire À couronné votre front glorieux, C’est le moment d’exaucer sa prière, De le sauver ;... il est si malheureux!
Quis ut Deus! Quis ut Deus!
Refrain,
Puis, quand viendra cette heure si : le De nous armer pour les derniers cc s Oh ! soyez là ! tout près... chef invincible, Pour rendre fort le cœur de vos soldats !
Quis ut Deus ! Quis ut Deus!
Refrain.
Vous combattrez à cette heure dernière Avec eux tous pour leur gagner le ciel!
Que tous alors suivent votre bannière, Et que pas un ne manque à votre appel!
Quis ut Deus ! MN Deus!, Refrain.
Mais le pèlerin est arrivé à la porte du monastère. Une émotion profonde s'empare de lui, car il est sur le sommet du Mont Tombe, où saint Michel ordonna à saint Aubert, évêque d’'Avranches, de lui ériger un sanctuaire. Un relief sur le tympan du portail de la basilique retrace cette apparition aux yeux du visiteur. L'Archange est debout, dans l'attitude du commandement. Sa figure respire une sainte énergie. De la main droite il désigne le Mont, et du pouce gauche, presse le front de l’évêque renversé. Ceci se passait en 708. On sait comment le saint évêque hésita à entreprendre cette construction humainement impossible, et comment l'Archange insista jusqu'à ce que son irrésolution fût vaincue. On conserve encore à la cathédrale d’Avranches, le chef de saint Aubert, percé d’un trou à l'endroit où l’Archange lui posa le pouce. Autour de cette ouverture, on compte, parait-il, autant de lamelles ou couches d'os que le saint vécut d'années après l'apparition de saint Michel.
Puis l’on entre dans la basilique consacrée au Prince de la milice céleste. Elle ne mesure présentement que 180 pieds de longueur sur une largeur de 105 au croisillon. La nef est romane, sauf le portique. Trois zones distinctes caractérisent les murailles. Des arcades aux chapitaux historiés forment la première ; la seconde zone présente des cintres doubles, vitrés en losanges, et dont l’entre-colonnement offre un grucieux réseau de sculpture. Par la dernière zone pénètre une lumière douce, à travers des voies encadrées de moulures et enrichies de colonnettes. Une chapelle latérale du côté de l’Epiître, est dédiée à l’Archange ; à côté de l'autel
s'élève la statue imposante de saint Michel, revêtue de feuilles d'argent, et qui. fut couronnée au nom de Pie IX. La figure de l’Archange est pleine de force et de majesté. Il terrasse le dragon infernal, et brandit l'épée qui délivra le ciel du chef des révoltés. C’est dans ce sanctuaire, illustré par tant de prodiges de la puissance archangélique, que l’âme se sent fortifiée pour combattre le bon combet. C'est ici que nos ancêtres dans la foi venaient puiser la force de vaincre les ennemis de la religion et de la patrie ; c'est ici qu’il nous faut venir pour apprendre à vaincre les ennemis de notre salut, à : nous vaincre nous-mêmes.
Mais le guide nous presse, et d’ailleurs. nous reviendrons prier saint Michel et dire la sainte messe à son autel privilégié. Tout de même, je ne vous conduirai pas par tout le monastère. Il me faudrait un volume pour vous décrire ces vastes aumôneries où la misère ét l’indigence venaient recevoir le pain quotidien de la charité qui nourrit l’âme et le corps ; ce spacieux Scriptorium où les Guillaume de Saint-Pair et les Robert de Thorigny enluminaient des manuscrits qui font l'admiration des artistes et des savar: , … tranusmettaient aux sages du 18e et du 19e siècle les trésors de cette science et de ces bonnes lettres dont ils ne sauraient le premier mot, s'ils n’eussent eu pour devanciers ces moines tant décriés.
Je vous dirai seulement un mot de cette partie de l'abbaye qui est jüstement appelée la Merveille. . Sortis dans le mur de rond au nord, et placés au pied de la Merveille, que voyons-nous ? Je cite encore M. Jacques, qui avait de meïlleurs yeux q'ie moi : “ Une muraille
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d'une hardiesss étonnante, d’un essor prodigieux, appuyé par quinze contreforts dont l’art cache si bien les combinaisons de la science, qu'un enlacement de lignes calculées pour la solidité de l'édifice, se transforme en ornement véritable. L'œil s'emplit de vertige à regarder ces fauves assises qui montent jusqu'aux nues, avec leur végétation de mousse, de lichens, d’arbustes épineux, d'œillets purpurins, et où les tiercelets, quelquefois même l'aigle marin, trompés par la hauteur et la solitude, ne craignent pas d'établir leur nid.”
Mais rendons-nous vite au sommet et décrivons le péristyle du moutier michélisn. C'est .un rectangle inégal orné de 220 colonnettes différentes quant à la forme et quant au dessin. Les piliers qui portent contre les murs sont en granit de Chausey. Au contraire, les fûts alternés qui environnent le préau, nous offrent de riches variétés de stuc, de calcaire, de granitelle, tandis que des rosaces merveilleusement découpées et toutes diverses s'épanoui:sent entre les ogives, au-dessus desquelles court une frise ajourée plus délicate qu’une bro-
derie des Flandres. .
Mais déjà la visite du monument est terminée. Les touristes se dispersent et descendent la montagne, ravis de la vue de tant de merveilles. Il me reste toutefois à revoir le trésor de la basilique et à acheter quelques souvenirs au profit des orphelins et de l’école apostolique des missionnaires du Mont St-Michel. Je reviens donc au grand escalier qui mène à la basilique, je commence à en gravir les degrés, quand soudain, une voix partant d'en haut m'appelle par mon nom. Je puis à peine en croire mes oreilles. Je regarde, et je distingue un père
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